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  • Climat : où il est question du plan de relance européen, de capture et de stockage de carbone puis d'Arcelor Mittal

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    Encore une information importante relative au climat qui est passée totalement inaperçue.

    Grâce à un communiqué de presse du 7 juillet dernier, on apprend que le Conseil de l'Union européenne, actuellement présidée par la Suède, a validé une liste de projets énergétiques dans le cadre du plan de relance européen.

    En clair, les fonds affectés au Plan de relance européen, arrêté en décembre 2008, seront injectés dans des projets industriels censés contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique.

    Au final, ledit communiqué prévoit que le Plan de relance finance 47 projets et fixe pour chacun d'eux la contribution communautaire, avec une enveloppe financière totale pour la mise en oeuvre en 2009 et 2010 de 3 980 millions d'euros, répartis de la manière suivante:

    – 18 projets d'infrastructures pour le gaz : 1 440 millions d'euros;

    – 9 projets d'infrastructures pour l'électricité : 910 millions d'euros;

    – 2 projets concernant de petites îles : 15 millions d'euros;

    – 5 projets d'énergie éolienne en mer : 565 millions d'euros;

    – 13 projets de captage et stockage du carbone : 1 050 millions d'euros.

     

    C'est cette dernière catégorie qui a attiré mon attention. La technologie de la capture et de stockage de carbone est une vraie fausse solution qui consiste, non à réduire à la source les émissions de gaz à effet de serre mais à les enfouir. C'est la politique des Shadoks : on pompe.

    Cette technologie a le vent en poupe car elle permet - notamment - de cautionner la relance du charbon un peu partout dans le monde, y compris en France. Pour comprendre les limites du recours à l'enfouissement souterrain de ces gaz qui devraient être considérés comme des déchets, je vous recommande la lecture de l'excellent rapport de Greenpeace intitulé "False hope".

    Peu importe les risques, c'est une pluie d'argent public qui est en train de tomber sur cette technologie. En France, Le plan national sur les énergies renouvelables puis la PPI (programmation pluriannuelle des investissements en matière d'énergie ont créé un fond de soutien ausx "démosntrateurs de recherche" pour financer notamment les projets d'expérimentations de capture. Le Ministère de l'Ecologie soutient cette technologie et l'a rappelé lors d'une conférence internationale sur le sujet organisée à Bergen en mai dernier.

    Alors que le Sénat examine actuellement le projet de loi Grenelle 2 portant "engagement national pour l'environnement", qui va créer un cadre juridique propice à ce projets, la société Total s'apprête à injecter sur son site de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) 125 000 tonnes de CO² en deux ans.  

    Revenons au plan de relance européen. Quels sont précisément les projets de capture et de stockage de carbone qui seront ainsi financés ?

    Pour le savoir, il faut se reporter à l'annexe C de ce programme d'aide approuvé le 30 juin 2009 par le Parlement européen. 50 millions d'euros vont ainsi être orientés vers le site de Florange d'Arcelor Mittal pour enfouir les gaz à effet émis par ce sidérurgiste.

    Or, à lire la dépêche AFP reproduite ci dessous, on apprend que le projet développé sur le site de Florange serait une réponse à la (très légitime) colère des syndicats de salariés, victimes de suppressions d'emplois sur le site de Gandrange.

    En clair, de l'argent public va aller droit vers un industriel responsable d'une casse sociale pour un projet qui pourrait contribuer à une casse environnementale, tout ça sans aucun débat public .....tout va bien.

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    AFP : ArcelorMittal : Florange désigné pour être site pilote pour le captage de CO2

    PARIS - Le site ArcelorMittal de Florange, en Moselle, a été désigné pour être le site pilote d'une expérimentation industrielle dndie captage et stockage de dioxyde de carbone entre 2011 et 2015, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

    Une première étape d'essais sera réalisée en 2010-2014 sur un autre site d'ArcelorMittal, à Eisenhüttenstadt, en Allemagne, a indiqué la plateforme technologique européenne sur l'acier (ESTEP) à l'issue d'une réunion à Bruxelles sur le programme européen Ulcos.

    Celui-ci, porté par un consortium d'industriels et de chercheurs, vise la réduction de 50% des émissions de CO2 dans la sidérurgie à long terme.

    Une fois la technique validée sur le site allemand, "nous lancerons à Florange le pilote industriel du projet complet, avec recyclage des gaz et capture du CO2", ensuite enfoui en souterrain, a expliqué à l'AFP Daniel Soury-Lavergne, directeur général d'ArcelorMittal France.

    ArcelorMittal avait commencé à évoquer la possibilité de réaliser un tel projet à Florange au moment de l'annonce de la suppression de 600 emplois sur le site voisin de Gandrange au printemps 2008, décision qui avait provoqué un tollé syndical et politique.

    "Maintenant il faut réunir les conditions économiques pour lancer ce projet", a indiqué M. Soury-Lavergne, alors que le consortium industriel mène des discussions pour obtenir des aides financières européennes et nationales.

    Le coût du projet, qui doit permettre un développement de cette technique sur les sites sidérurgiques après 2020, est évalué entre 300 et 400 millions d'euros.

    Au total, un budget d'"environ 1 milliard d'euros à court et moyen terme" a été alloué aux différents programmes du projet Ulcos, indique l'ESTEP.

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