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bangladesh

  • Climat : le plan "justice-climat" de Jean-Louis Borloo

    A l'occasion d'un déplacement, à Dacca, Bangladesh, Jean-Louis Borloo a accordé un entretien au Journal du Dimanche et annoncé le montage d'un "plan justice-climat" destiné à créer une solidarité écologique entre pays riches et pays pauvres d'Afrique et d'Asie du Sud Est. Le Ministre de l'Ecologie qui se voyait reproché son absence des médias tente de reprendre la main en démontrant qu'il "fait le job" et qu'il ne le fait pas si mal.

    Qu'en penser ? D'un côté l'initiative est louable et le règlement de la dette climatique implique sans doute de bien mieux associer l'Afrique aux négociations climatiques en cours. De l'autre, il est tout aussi évident que la France cherche à exister dans ces négociations où tous les regards sont braqués vers la Chine, les Etats-Unis et l'Inde. La proposition de Nicolas Sarkozy de créer une taxe carbone aux frontières n'a pas rencontré un granc succès car l'idée a été perçue comme une menace risquant de perturber les négociations.

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    Place donc à l'idée que Jean-Louis Borloo développe depuis 2008 et un voyage au Congo : créer un axe Europe-Afrique et donner un rôle moteur à la France dans ce nouveau dialogue. L'idée est bonne mais la question est de savoir si elle permet de contribuer au auccès de Copenhague ou si, à l'inverse, elle ne témoigne pas du pessimisme de Jean-Louis Borloo quant aux chances de succès de la Cop 15. Borloo n'est il pas de nouveau dans "le coup d'aprés" selon l'une de ses expressions favorites ?

    Dans l'hypothèse du pire, ce plan "justice-climat" pourrait même perturber le sommet de Copenhague en étant ainsi présenté si peu de temps avant l'arrivée des délégués dans la capitale danoise. Dans le sens contraire on peut aussi penser qu'il était temps d'élaborer un tel plan pour faire en sorte que les plus pauvres bénéficient vraiment de l'aide à la lutte contre le changement climatique dont ils sont les première victimes.

    Que dit ce plan ? Le JDD en présente les six axes :

    1. Le plan justice-climat avec un financement innovant du développement durable des pays pauvres. Selon nos sources [du JDD], un plan par exemple financé sur les transactions financières, avec un taux de 0,01%, représenterait 20 milliards d’euros par an.

    2. Une réduction des émissions des pays industriels comprise entre 25 et 40% en 2020 par rapport à 1990.

    3. Une réduction des émissions des pays industriels qui n’ont pas ratifié Kyoto, au premier rang desquels les Etats-Unis. Ils devraient atteindre des objectifs comparables avec, jusqu’en 2020, une flexibilité sur les modalités d’accès à l’engagement.

    4. Une dissociation des courbes du PIB et des émissions de gaz à effet de serre pour les grands émergents (la Chine et l’Inde). En clair, ils doivent réduire leur intensité carbone jusqu’à atteindre un pic pour leurs émissions entre 2020 et 2025.

    5. L’arrêt de la déforestation et l’aide à la reforestation.

    6. La création de l’OME, l’Organisation mondiale de l’environnement (sur le type de l’OMC), un organisme de contrôle chargé du suivi, du soutien et du contrôle des engagements.

    La mesure clé qui retient l'attention est sans doute la première, qui tient au financement. Le marché, même réglementé n'est ici pas mis en avant. C'est bien un outil fiscal de type taxe qui est proposé, dérivé de la fameuse taxe tobin. Il est indiqué que cette mesure pourrait rapporter 20 milliards d'euros. Reste que c'est bien 100 milliards par an qu'il faut, ainsi que l'Union européenne l'a elle même admis au terme du Conseil européen des 29 et 30 octobre. Certes sur les 100 milliards tout ne viendra pas des financements publics mais la part restante demeure encore trop importante et non définie.  

    Pour le reste, ce que l'on sait du plan demeure encore trop imprécis, ce qui ne signifie pas que le principe ne soit pas bon. Ainsi, l'idée de créer une OME est déjà ancienne et peut recevoir des contenus assez variés. De même, parler "d'arrêt de la déforestation"' peut butter sur les débats trés vifs relatifs au mécanisme adéquat pour assurer le développement durable des forêts. Enfin, l'objectif de réduction des émissions des pays industriels comprise entre 25 et 40% en 2020 par rapport à 1990 est encore contrarité par l'attitude des Etats-Unis  et de la chine qui rejettent tout objectif chiffré et contraignant de ce type.

    A suivre donc, en encourageant plutôt qu'en décourageant les initiatives qui vont dans le bon sens.

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