Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

agrocarburants

  • Agrocarburants : article à lire dans la RUE 89

    biocarbs pub détournée.jpg

    Je vous recommande la lecture de cet article publié par RUE 89. Au delà des 7 millions d'euros accordés à une entreprise qui pratique la délinquance environnementale, cette affaire interroge le fonctionnement de notre démocratie. Un engagement avait en effet été pris de ne pas lancer la France dans la course aux agrocarburants de 2ème génération sans bilan environnemental de la 1ère. Or, cet engagement n'a pas été respecté ce qui pose la question du pouvoir de Total.

    Cette décision de passer à la 2ème génération est d'autant plus regrettable qu'elle est contraire à la lettre et à l'esprit du Grenelle de l'environnement. Aucun débat n'a eu lieu sur les questions posées par cette technologie présentée comme plus sûre que la 1ère génération. Il faut pourtant débattre de la fonction même de l'agriculture : a-t-elle pour vocation de nourrir et d'entretenir des espaces ou doit elle alimenter les réservoirs de voitures occidentales ? Il faut aussi débattre de l'intérêt et pas seulement des risques de ces agrocaburants. En d'autres termes, il faut éviter de commettre ici l'erreur commise sur les OGM : mettre la charrue avant les boeufs. Davantage de prudence et de débat paraît indispensable.

    Lien permanent Pin it! Imprimer 0 commentaire
  • Agrocarburants : l'analyse de Patrick Sadones (Confédération Paysanne)

    agrocarbrs.jpgPatrick Sadones est en charge du dossier des agrocarburants à la Confédération Paysanne.

    Il a été consulté à l'occasion des travaux de rédaction pour l'ADEME d'une étude censée établir le bilan environnemental des agrocarburants de première génération. Pour la synthèse de cette étude, il faut aller ici.

    Je remercie Patric Sadones de m'avoir autorisé à publier son étude sur ce blog.

    Pour la lire : c'est ici.

    Le propos est sans concession mais étayé, il donne à réfléchir et matière à débat sur la manière dont ce dossier des agrocarburants avance.  

    Lien permanent Pin it! Imprimer 0 commentaire
  • En France, c'est Total qui fait la loi ?

    total_si_ge_469_300_9823b.jpgDeux poids deux mesures. 

    Que Total, relayé par l'UFIP, exprime sa colère contre l'augmentation de la fiscalité sur les carburants et ce sont des centaines d'articles et de reportages qui relaient l'information avec, parfois, une absence totale d'esprit critique. Il faut comprendre : 13, 9 milliards de bénéfices, ce n'est sans doute pas assez.

    Qu'une association comme FNE dénonce le scandale du versement dans les poches de Total de millions d'euros d'argent public - en plein procès de l'Erika et alors que les caisses de l'Etat seraient vides - pour fabriquer des agrocarburants et  : personne ne réagit.

    Anesthésie générale.

    Il y a de quoi s'interroger.

    Comment s'étonner dés lors de l'arrogance de cette entreprise qui a toujours pensé, en raison de son histoire, être un Etat dans l'Etat ?

    Pourtant, il faut remettre les choses à leur place, ce qui permet d'ailleurs de s'assurer du caractère scandaleux de cette situation.

    Total n'est pas contente de l'augmentation des taxes sur le carburants ? Elle se permet non seulement d'affirmer qu'elle ne touchera pas à sa marge (colossale) mais se croit en droit de menacer l'Etat de faire payer aux consommateurs une éventuelle amende qui lui serait infligée pour n'avoir pas respecté ses engagements en matière de développement d'agrocarburants. Pour que la colère des automobilistes ne se dirige pas vers Total, on agite la taxe carbone : c'est tellement plus facile.

    FNE dénonce le scandale qui consiste à enrichir Total sur fonds publics pour développer une technologie mal voire pas du tout étudiée ? Aucun souci : on retarde la publication de l'étude sur le bilan environnemental des agrocarburants de 1ère génération, on publie un simple résumé qui conclue à l'urgence de nouvelles études et on donne l'enveloppe réclamée (30 millions d'euros dont 7 pour Total).

    Au final, à l'exception de l'AFP et du journal Les Echos, les articles de presse se concentreront sur l'arrivée des agrocarburants de 2ème génération, pas sur le scandale précité. Plus grave, le communiqué de victoire de Total, daté du 8 octobre,  a - lui - été trés bien relayé

    Alors qui fait la loi en France ?

    Lien permanent Pin it! Imprimer 0 commentaire
  • Agrocarburants : 7 millions d'euros pour Total

    GP Total destruction durable.jpgL'Agence de l'environnement et de la maïtrise de l'énergie (ADEME) vient d'accorder, ce 7 octobre 2009, 30 millions d'euros à plusieurs industriels dont l'IFP, la société Total, la société Sofiprotéol, pour développer un projet industriel de production d'agrocarburants de deuxième génération.

    Ce projet, d'un coût total de 112 millions d'euros vise la fabrication de "biocarburant de type biogaz et biokérosène en 2015".

    Ainsi, ce sont des millions d'euros d'argent public qui vont être accordés à une société qui a démontré à de multiples reprises son laxisme environnemental et qui a réalisé 13, 9 milliards d'euros de bénéfices en 2008.

    On peut légitimement se demander s'il n'y avait pas d'autres priorités.

    Problème : cette décision intervient alors que l'étude confiée à l'ADEME pour réaliser le bilan environnemental des agrocarburants de 1ère génération n'a pas été encore publiée.

    Concrètement, la France fonce tête baissée dans les agrocarburants de deuxième génération sans avoir le recul nécessaire, comme l'indique trés bien la dépêche AFP reproduite ci dessous.

    Hier aprés midi, France Nature Environnement publie un communiqué de presse pour dénoncer cette décision.

    Panique à bord : l'ADEME s'empresse de publier hier aprés midi, aprés la révélation par le journal Les Echos et l'AFP de ce qui ressemble bien à un scandale, un résumé de l'étude qui avait été demandée. Que dit ce document disponible ici ? Que des études sont encore nécessaires car les incertitudes, notamment méthodologiques, sur l'impact des agrocarburants de 1ère génération sont encore trop nombreuses.

    Voici trés précisément ce que conclut ce document :

    "Cette étude n’a pas prétendu trancher les questions méthodologiques et quantitatives de la place des biocarburants dans la déforestation des dernières années et encore en cours. Les calculs proposés restent grossiers et ne visaient qu’à donner un ordre d’idée potentiel des effets que pourraient prendre ces éléments dans les bilans en balayant des scénarios très contrastés. Des travaux spécifiques doivent être conduits pour approfondir cette zone d’ombre et le degré de plausibilité des scénarios vis–à‐vis des différentes filières étudiées.
    Il serait donc nécessaire de lever cette incertitude qui plane au dessus de l’intérêt environnemental des biocarburants européens par rapport aux événements à l’échelle de la planète par des travaux approfondis et dépassionnés. Les mécanismes de transmission indirecte sont notamment à analyser à l’aune de modèles et de données économiques plus poussées afin de comprendre les transmissions entre marchés
    ."

    Pourquoi une telle précipitation en faveur des agrocarburants de 2ème génération alors que des études sont encore nécessaires sur la 1ère génération ? Quel est le pouvoir exact de Total pour emporter de telles décisions ?

    Hasard malheureux du calendrier ou pas, cette décision d'accorder 7 millions d'euros à Total pour produire des agrocarburants a été prise, non seulement en plein procès Erika à la Cour d'appel de Paris et alors que l'association Greenpeace a lancé une campagne "Total invente la destruction durable" et vient d'occuper la raffinerie du Have

    A lire : AFP : Biocarburants: en avant pour la seconde génération, sans recul sur la première

    Lien permanent Pin it! Imprimer 2 commentaires
  • Projet BioTFuel : pas si beautiful ! (FNE)

    agrocarbrs.jpg

    Communiqué France Nature Environnement

    L’ADEME lance le projet « BioTFuel » : 100 millions d’euros investis pour tester la production industrielle d’agrocarburants de deuxième génération, alors que son expertise sur les agrocarburants de première génération n’a pas été publiée. Une précipitation qui ne présage rien de bon, selon FNE.

    Vous avez dit « bio » ?

    La France s’est lancée dans la production industrielle d’agrocarburants de première génération (à partir de graines) sans que leur intérêt énergétique ou environnemental n’ait été démontré.

    Il faut tirer les leçons de cette expérience !

    L’expertise tant attendue de l’ADEME sur le bilan énergétique des agrocarburants de première génération n’étant toujours pas parue, FNE considère inacceptable de développer des projets de grande envergure pour les agrocarburants de deuxième génération (à partir de la plante entière).

    Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs ! Avant tout développement industriel des agrocaburants – qui, au passage, n’ont rien de « bio » - une expertise sur leur bilan énergétique, climatique, environnemental (eau, sol, biodiversité) et sanitaire des agrocarburants est indispensable. »

    Manger ou conduire… impossible de choisir !

    Qu’il s’agisse de valoriser des « déchets » agricoles (pailles) ou d’implanter des cultures spécifiques (taillis à courte rotation), FNE rappelle sa plus grande vigilance concernant la production de carburant à partir de biomasse.

    Marie-Catherine Schulz, chargée de mission agriculture, explique : « Utiliser des terres agricoles pour implanter des taillis à croissance rapide, collecter les pailles au lieu de les incorporer dans nos sols pour reconstituer leur fertilité, sont des pratiques qui remettent en cause la capacité de notre agriculture à nous nourrir. »

    Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE ajoute : « La vocation première de l’agriculture est de nourrir sainement les hommes, pas de d’alimenter les moteurs de nos voitures ! »

    En effet, l’enthousiasme des décideurs français pour les agrocarburants se prétend « vert »… mais ne remet aucunement en cause l’utilisation de la voiture !

    Pour Michel Dubromel, responsable des questions transports à FNE : « Les subventions pleuvent sur la voiture depuis quelques mois ! Prêts à l’industrie automobile, Super Bonus de 5000 euros pour le véhicule électrique, et maintenant le grand retour des agrocarburants. Plusieurs centaines de millions d’euros à perte pour développer toujours un peu plus de mobilité automobile. Passer de la société automobile à la société écomobile implique avant tout de modifier le braquet de nos investissement publics ! »

    FNE demande un gel de tout développement industriel des agrocarburants, qu’ils soient de première ou de deuxième génération, tant que leur intérêt environnemental et énergétique n’aura pas été démontré.

    Lien permanent Pin it! Imprimer 0 commentaire