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2012 : Brèves réflexions sur la communication des énergies renouvelables

eolienne.jpgParadoxalement, si l'énergie est au coeur de la campagne présidentielle pour 2012, les énergies renouvelables n'y sont pas. Réflexions sur un changement de stratégie de communication souhaitable dans le prolongement de mon intervention au colloque national éolien de Dijon.

Il y a quelques années, l'éolienne symbolisait un projet de société et le monde d'aprés. Un monde dont l'économie ne peut plus être fondée sur des énergies sales mais abondantes et pas chères. 

Les anti éoliens ont compris trés tôt que pour limiter le développement des énergies vertes il fallait d'abord et avant tout salir leur image. Pour ce faire, la campagne de dénigrement des énergies renouvelables s'est fondée sur deux instruments : classer les éoliennes en ICPE pour les amalgamer aux industries polluantes et réduire leur intérêt à une question de chiffres. Pourquoi ? Parce que les chiffres donnent rarement envie et que les querelles de comptables intéressent rarement l'opinion publique. 

Stratégie payante : les éoliennes sont classées ICPE depuis la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 et la faible présence médiatique des éoliennes et des panneaux solaires est trop souvent limitée à des comptages : tarifs d'achat en baisse, nombre d'emplois créés ou détruits, facture du consommateur, statistiques de raccordement, etc...

Ces sujets sont importants et je suis le premier à m'exprimer à leur endroit. Ils supposent de se battre, ce compris en justice. Mais ils ne peuvent constituer l'alpha et l'omega d'une bonne communication. Disons le franchement : la stratégie de communication globale des filières des énergies renouvelables dans son ensemble - et non celle des entreprises en particulier qui fournissent un effort remarquable - doit évoluer et changer.

Je souhaite que le monde de la sobriété énergétique et des énergies propres reparle d'environnement, de santé, de lutte contre le changement climatique, de projet de société, de nucléaire, de choix politiques courageux. Je souhaite que ces filières d'avenir qui attirent tant les jeunes diplômés interpellent les politiques et imposent les énergies de demain dans le débat politique de 2012. Il s'agit d'une condition pour que les Français comprennent et désirent les énergies vertes. 

Tel était le sens de mon propos lors de mon intervention au colloque éolien de Dijon. Telle était également le sens de ma candidature au conseil d'administration de France Energie Eolienne. Certes, je  comprends parfaitement que certains professionnels soient soucieux que leur expertise soit reconnue et que leur activité ne soit pas confondue avec celle d'une ONG. Je comprends parfaitement que certains éco entrepreneurs ne souhaitent pas être uniquement qualifiés d'"écolos". Certes, mais aucun combat ne doit être abondonné et la recherche à tout prix du compromis n'a pas pour l'heure donné les résultats escomptés. Il est possible et même indispensable de communiquer sur le bénéfice environnemental des renouvelables sans abandonner la question de l'emploi, de l'industrialisation, de la recherche, du progrés technologique etc.. 

Il faut donc sortir du piège des chiffres et parler aussi d'idées et d'avenir. Plutôt que de passer leur temps à se justifier et à se défendre dos au mur, les professionnels des énergies renouvelables peuvent rappeler, avec bien des arguments, que leur activité est essentielle à notre avenir commun et insister sur ses bénéfices. Le secteur des renouvelables comporte des atouts humains, matériels exceptionnels qui à eux seuls constituent un moyen de communication fabuleux.  

 

Arnaud Gossement

Avocat associé - Docteur en droit

Administrateur de France Energie Eolienne

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Commentaires

  • >> n'a pas pour l'heure donner les résultats escomptés

  • Précisément sur le thème de la communication et de l'avenir de l'énergie éolienne en tant qu'industrie cataloguée de dangereuse depuis son classement ICPE : la branche éolienne du Syndicat des Énergies Renouvelables a décidé, il me semble, de déposer un recours en annulation de l'entrée des éoliennes dans la nomenclature des ICPE. J'avais compris que l'échéance pour ce faire était le 26 octobre dernier.
    Sauf erreur ou omission de ma part, pas un communiqué de presse n'a fait état de la mise en œuvre de cette décision du SER/FEE : est-ce que ce recours a bien été déposé ? Dans l'affirmatif, comment comprendre un tel silence ? Dans le négatif, heu... je ne l'imagine pas.

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