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Nucléaire : Nicolas Sarkozy réfléchit à un Grenelle de l'énergie

Grenelle enfant.jpgLe Chef de l'Etat reçoit ce soir à 18h les associations et ONG membres du Grenelle de l'environnement. A cette occasion et en réponse à une interpellation d'un collectif d'associations, il réfléchirait à un Grenelle de l'énergie. Une bonne nouvelle ? Oui à certaines conditions : le Grenelle de l'énergie sera ce que, collectivement, nous en ferons.

A titre personnel je ne suis pas encore convaincu par la possibilité de sortir du débat sur le nucléaire par la voie du référendum. Comme ancien acteur du Grenelle de l'environnement, je le considère comme un instrument : il peut donner d'excellents résultats si les acteurs savent s'en servir.

Quelles seraient alors les conditons pour que le Grenelle de l'énergie soit un succès, c'est à dire permette une redéfinition des fondements de la politique énergétique française pour que celle-ci s'engage, conformément à nos engagements européens, sur la voie des économies d'énergie et des énergies renouvelables ?

La première condition tient à l'existence d'une mobilisation citoyenne. Sans pression extérieure, difficile pour les acteurs du Grenelle de travailler. Ce sont les conservateurs et partisans du statu quo qui gagnent en se battant pour que surtout rien ne change. Le Grenelle ne peut avancer que si la presse et tous les relais de la société civile s'emparent du débat. Le Grenelle est donc d'autant plus utile qu'il n'a pas lieu dans le salon d'un ministère mais partout en France.

La deuxième condition tient au choix des acteurs.  Côté ONG, il faut que les associations représentatives et légitimes soient présentes. De FNE à Greenpeace en passant par le WWF ou les amis de la Terre. Mais la présence d'associations plus spécialisées me paraît également importante, du Réseau action climat à Sortir du nucléaire, si elles l'acceptent. Coté patronat il serait utile de ne pas faire appel qu'au MEDEF. La présence plus importante qu'en 2007 de représentants du secteur des énergies renovuelables serait précieuse.

La troisième condition tient au périmètre des discussions. Un Grenelle de l'énergie doit permettre de reposer la question du nucléaire dans un ensemble de questions relatives à notre modèle énergétique. L'enjeu n'est pas mince. Si le Grenelle se cantonne à parler de la sécurité des installations industrielles : sans intérêt. A l'inverse si le Grenelle de l'énergie permet de lié les problématiques de la précarité énergétique, du développement des renouvelables, du nucléaire, de l'indépendance énergétique etc.... son intérêt sera bien plus grand.

La quatrième condition tient à l'information portée à la connaissance des acteurs. Les partisans de l'atome sont passés mâitres dans la diffusion et la manipulation de chiffres invérifiables. Un Grenelle de l'énergie suppose que l'information soit partagée. Il faut enfin pouvoir disposer des vrais chiffres relatifs : au coût de l'énergie, à l'état des files d'attente de raccordement ....

En définitive, la première condition, celle relative à la mobilisaton citoyenne, est cardinale et mère de toutes les autres.

 

 

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Commentaires

  • En complément de cette analyse, je me permets de rappeler le fait que l’impact du Grenelle de l’Environnement dépend aussi du travail et de l’action de l'ensemble des responsables politiques (les élus parlementaires notamment…).

    Dans l’immédiat je passe sur le rôle des acteurs sur le terrain, une fois les décisions prises…

    La question consacrée au Grenelle de l’Energie devrait par conséquent comporter une méthodologie qui tienne compte de tous les processus décisionnaires et qui ne s’appuie pas uniquement sur une démarche participative, très louable mais dont on connaît les limites… au bout du compte.

    A la date d’aujourd’hui le seul acquis à ce sujet qui peut être transposé au Grenelle de l’Energie, est que la réflexion et les propositions en amont des décisions politiques « finales » sont possibles de manière spectaculaire. Elles le sont d’autant plus qu’elles ont contribué à des résultats certains.

    Mais le principe de réalité (c’est-à-dire la démocratie représentative et ses implications les plus diverses) oblige à rester prudent sur la portée du volontarisme politique et d’une consultation élargie.

    Si cette prudence s’accompagne d’une approche anticipative à laquelle je faisais allusion, il faut d’autant plus… y aller !

  • pas mieux, si ce n'est que du grenelle que vs avez porté avec FNE, il ne reste que la partie batiment/isolation. tout le reste a été détricoté. faut il donc faire un grenelle de l'NRJ, de façon a donner du grain a moudre au opposant du nucléaire puis, dans 5 ans, une fois passé l'émotion, on reparte de plus belle comme apres three miles ou techernobyl.

    les populations et les français particulièrement ont la mémoire qui s'efface très vite. Une actu en chasse une autre... Votre voisine, se souvient bien qu'il y a une révolution en cours en Libye ?? ;-)
    plus qu'un grenelle français, il faut que les Etats européens ou le conseil fassent pression sur les autres états.

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