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Solaire - discours du Premier ministre : apprendre à se passer de l'Etat

solaire pv.jpgLe Premier ministre François Fillon a prononcé aujourd'hui un discours devant les membres du Conseil économique, social et environnemental à l'occasion duquel il a notamment évoqué l'avenir de la filière solaire photovoltaïque. Ce discours faisait suite à une réunion interministérielle organisée à Matignon ce matin à 11h.

Vous pouvez télécharger le discours du Premier ministre ici.

Du discours du Premier ministre, ces deux phrases ont retenu mon attention : "Nous faisons un choix assumé : le développement du photovoltaïque a un prix, partageons-le mais seulement au début ! Ensuite, il revient aux opérateurs industriels de faire la preuve qu'ils ont pour ambition la maturité et la viabilité économique, sur le marché national mais aussi à l’export."

En clair : il faudra apprendre à se passer de l'intervention de l'Etat qui ne vaut que pour le lancement de la filière. Apprendre à se passer des tarifs d'achat également. Et les acteurs dont le développement est encouragé par le Premier ministre sont ceux qui peuvent investir le marché national et international.

Pour le reste, le Premier ministre ne souhaite manifestement pas repêcher des dossiers soumis au moratoire ni remettre en cause un quota annuel de l'ordre de 500MW.

S'agissant de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), celle-ci ne sera pas rediscutée avant 2012. L'objectif de 5400MW demeure donc la règle.

La position du Premier ministre est donc assez "dure" au regard des revendications exprimées par les organisations professionnelles. Du point de vue juridique, peu de précisions sont apportées sur l'architecture de la nouvelle grille tarifaire qui sera mise en place au plus tard le 8 mars.

Le Communiqué de presse de Matignon précise tout au plus : "Le nouveau dispositif de régulation comportera d’une part des tarifs d’achat ajustés automatiquement chaque trimestre en fonction des volumes de projets déposés et d’autre part des appels d’offres pour les grandes toitures et les fermes solaires. Le tarif initial sera fixé à environ 20% en dessous du tarif en vigueur au 1er septembre 2010. La qualité environnementale fera partie intégrante des critères d’éligibilité des nouveaux projets qui devront, en outre, être accompagnés de cautions bancaires."

Une nouvelle baisse des tarifs accompagnée d'un système de révision semestrielle est donc à prévoir.

Voici l'extrait du discours relatif au solaire photovoltaïque

"Je suis comptable du respect des engagements du Grenelle de l’Environnement.

Parmi ces engagements, il y a le développement des énergies renouvelables.

Nous sortons tout juste d'une période de concertation sur la place que doit prendre la filière photovoltaïque dans notre bouquet énergétique.

Pourquoi cette concertation ?

Parce qu’à la fin de l'année dernière, nous avions constaté un emballement spéculatif dangereux.

Nous assistions à l'installation de panneaux de piètre qualité, dans des conditions environnementales et urbanistiques très rudimentaires, qui avaient peu à voir avec un développement vertueux des énergies renouvelables.

Cet emballement ne pouvait à terme que nuire à la cause environnementale.

Nous avons choisi de faire une pause pour réfléchir aux moyens de mettre en place un développement maîtrisé et une gouvernance effective.

Certains ont cru déceler dans cette approche une hésitation à l’égard de la diversification de notre politique énergétique.

Ils ont tort !

Il s’agit de favoriser l'émergence d'une filière industrielle innovante, à forte valeur ajoutée, une filière respectueuse des exigences environnementales, une filière compétitive sur les marchés à l'export, le tout dans des conditions économiques ne grevant pas indûment la facture des consommateurs.

J’ai réuni ce matin les ministres en charge de ce dossier et nous avons fixé nos choix pour poser les fondations de cette filière.

Que nous ont dit les professionnels au cours des trois mois de concertation ?

Ils ont besoin de visibilité et d’un marché national de taille critique pour consolider et développer la filière.

Je les comprends.

Pour 2011 et 2012, ils disposent d’objectifs de puissance encore jamais égalés : les projets préservés par le décret de décembre dernier – parce que contrairement à ce qui a été dit, la pause que nous avons instaurée en décembre, n'a pas annulé les projets existants ! – représentent plus de 3400 MW.

On estime que ce sont au moins 2000 MW qui seront effectivement développés ; auxquels
viendront s’ajouter 500 MW qui constituent notre cible annuelle en rythme de croisière.

En 2 ans, ce sont donc au moins 2500 à 3000 MW qui seront installés !

C’est une progression fulgurante : à fin 2010, nous avions atteint 1000 MW ; nos objectifs Grenelle étaient à 1100 MW en 2012.

Nous nous engageons donc aujourd’hui sur des volumes de marché très suffisants pour assurer une démarche de filière.

Et nous faisons mieux encore : si jamais une part des projets antérieurs à la période de concertation ne devait pas voir le jour, le gouvernement donne rendez-vous aux industriels mi-2012, lorsque nous réviserons la programmation pluriannuelle d’investissement, pour revoir notre objectif à la hausse : de 500 à 800 MW.

Les professionnels nous ont également demandé une gouvernance plus transparente avec des procédures qui garantissent le sérieux des projets.

Je leur propose donc de traiter différemment les projets en fonction de leur ampleur : les fermes au sol et les installations sur de très grandes toitures seront traitées par appel d’offres, et définiront des critères de qualité environnementale et urbanistique, des conditions de recyclage des déchets de l’installation, un fort contenu d’innovation…

Les particuliers et les petites installations seront soumis, comme aujourd’hui, à un régime de tarif de rachat, parce qu’ils obéissent à des motivations différentes.

Ici, il ne s’agit pas de compliquer outre mesure les procédures. En revanche, à eux aussi, nous demanderons de respecter des critères qualitatifs. Et à tous, nous demanderons des garanties bancaires.

Ces exigences crédibiliseront le professionnalisme de la filière et éloigneront tous ceux dont le comportement spéculatif passé a nui à la réputation de cette industrie émergente.

Ces exigences représentent aussi la contrepartie de l’effort engagé par les pouvoirs publics.

Les énergies renouvelables ne sont pas une profession de foi à n'importe quel prix : en photovoltaïque, lorsqu'on installe 1000 MW / an, nous ajoutons 500 millions d’euros sur les factures des consommateurs.

En installant, au moins 2500 MW d’ici fin 2012, la part financière prise par la collectivité est considérable : 1,5 milliard d’euros ; 2 milliards si les volumes atteignaient 3000 MW. En échange de cet effort considérable que la collectivité partage, je demande à l'ensemble des opérateurs industriels de s'engager.

Nous allons les accompagner avec des dispositifs de recherche-développement, avec la mise en place de normes qualitatives, avec des outils d’aide à l’exportation…

Nous faisons un choix assumé : le développement du photovoltaïque a un prix, partageons-le mais seulement au début ! Ensuite, il revient aux opérateurs industriels de faire la preuve qu'ils ont pour ambition la maturité et la viabilité économique, sur le marché national mais aussi à l’export."

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Commentaires

  • Que dire ??? Fillon se fout de nous ! Il applique Charpin de Juillet , point barre !
    500 Mw , AO sur les toitures , -20% sur les tarifs , trimestrialisation ........
    La démocratie est une fois de plus bafouée .
    Les réunions du moratoire n'ont servi à rien du tout . L' énorme travail des différents acteurs, leurs propositions intelligentes bien souvent, sont foulées au pied par le diktat de ce gouvernement
    La filière est morte ce soir ..........Hormis EDF EN évidemment .

  • Que la filiere soit aidée au début : OUI ! et c'est tout ce que nous demandions! pas plus que le nucléaire mais pas moins non plus. mais il y a une différence entre etre aidée et batons dans les roues. et puis ca serait bien de l'aider autant que proglio et lauvergeons qui viennent d'etre reçus en grandes pompes a l'Elysée.

    Vivement 2012 que ma mémoire me revienne.

  • Aide toi et le ciel t'aideras : c'est tous ce qu'il faut attendre comme aide de ce gouvernement !
    Le photovoltaïque est bien l'énergie de demain, c'est quand déjà !

  • Avec cette nouvelle baisse de 20%!! c'est 70% des projets qui ne seront pas réalisés!!!
    vraiment n'importe quoi!!! vivement 2012!!!

  • Soyons un peu fairplay svp !
    Les commentaires de Bernard, Enr37 et GB ci-dessus indiquent une lecture partielle du discours que tout le monde peut lire.
    Essayons qd même de positiver sur les choses positives qui ont été dites (je cite): de la liste d'attente constituée de 3400 MW, 2000 MW devraient se rélaiser + les 500 MW annuels aujourd'hui prévus ==> ça fait: 2500 MW à faire sur 2011 ! De quoi alimenter une filière PV sérieuse et digne de ce nom ! Puis en 2012, FF est prêt à faire un point et à revoir le quota des 500 MW/an pour les faire passer à 800 MW. Désolé, mais ça c'est écrit dans le discours accessible en lien et repris par A.Gossement.
    Donc, ne soyons pas plus pessimistes et plus négatifs que la situation, -vue selon ce discours FF- ne le laisse entrevoir !
    Certes, il faudra voir si les écrits et décrets passés d'ici le 8 mars corroborent les affirmations de FF ce jour.
    Positivons, svp ! Ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain !
    A+ Salutations Guydegif(91)

  • @guydegig(91) :
    être fair play ?? on nous parle d'une concertation qui n'a eu lieu que pour la forme !!
    2500 MW en 2011; de quoi alimenter une filière sérieuse ? Rappelez moi combien l'Allemagne en a installé en 2010 des MW (indice : plus que notre actuel objectif de 2020)...
    Et croyez moi, il n'y aura pas 2000 MW de réalisés sur les 3400, c'est certain, délais trop courts, qqs projets qui ne sont pas forcément bien ficelés ou qui n'auront pas les financements.
    2012 ??!! on fait le point et on en reparle ? Vous semblez dire que le fait que FF le dise veut dire que c'est vrai... On parle de gens qui ont dit lors du Grenelle qu'ils voulainet faire plein de choses pour l'Evt, yc les EnR, on parle de gens qui disaient que pour un euro dans le nucléaire on mettrait un euro dans le solaire, et de gens qui voulaient créer plein d'emplois dans ce secteur, qui voulaient doter la France d'une vraie filière ..
    Rappelez moi où nous en sommes !
    Parce que c'est écrit dans le discours nous devrions les croire ? Votre crédulité me laisse perplexe; comment pouvez vous les croire.
    Et 2012; il veut dire avant ou après les élections ??

    SP, licenciée du solaire PV pour cause de manque de visibilité de son patron sur la filière ....

  • Que dire en effet ?
    Le lobby du nucléaire l'emporte... En résumé EDF.

    Voyez notre voisin Italien chez qui bien sûr le nucléaire est quasi inexistant, mais chez qui les règles des EnR, dont le photovoltaïque, sont établies par avance et dont l'Etat reconnait et confirme l'intérêt certain d'y investir.
    Circulez en Allemagne, en Italie, vous constaterez l'évidente investissement des énergies photovoltaïques et éoliennes !
    Ce seraient-ils trompés à ce point !?
    En France ce sont les inflexions répétées, le "vide" législatif et l'incohérence qui brillent.

  • Que dire en effet ?
    Le lobby du nucléaire l'emporte... En résumé EDF.

    Voyez notre voisin Italien chez qui bien sûr le nucléaire est quasi inexistant, mais chez qui les règles des EnR, dont le photovoltaïque, sont établies par avance et dont l'Etat reconnait et confirme l'intérêt certain d'y investir.
    Circulez en Allemagne, en Italie, vous constaterez l'évidente investissement des énergies photovoltaïques et éoliennes !
    Ce seraient-ils trompés à ce point ???
    En France ce sont les inflexions répétées, le "vide" législatif et l'incohérence qui brillent.

  • Rappel : François Fillon est un anti- EnR assumé...

    http://www.blog-fillon.com/article-5380963.html

    Avec un inculte qui est capable de sortir que les énergies renouvelables ne peuvent pas répondre à la moitié de nos besoins énergétiques alors que ça fait belle lurette qu'on en est à l'étape de mise en place et d'expérimentation des moyens pour assurer la totalité de nos besoins avec des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, on pouvait s'attendre à quoi d'autre ?

  • A tilleul !
    votre post du 24/02/11 ci-dessus est injuste et hors de contexte à l'égard de FF !
    En effet, votre lien vers le blog FF permet de constater que votre citation est de Mercredi 24 janvier 2007 !!!! Qui n'a pas revu sa copie depuis ?!!
    De l'eau a coulé sous les ponts et la démonstration du potentiel des EnR a bien progressé depuis, même dans les esprits des moins convaincus.....à l'époque.
    A preuve les projets éoliens offshore ENFIN dans le vent, EMR en démarrage en petite vitesse certes, mais en mouvement qd même....
    Il est facile de blâmer le gouvernement, mais c'est la France entière, les français eux-même qui trainent des pieds sur ces sujets, qui sont mous du collier....Désolé, il ne suffit pas de rêver à ce que font les autres, il faut aussi se lancer, se motiver, s'engager ! Les attitudes NIMBY sont fréquentes.......!!!!!!!!!
    Donc, je réitère: Positivons !
    Give him a chance !
    A+ Salutations Guydegif(91)

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