Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Eolien: la France n'atteindra pas les objectifs du Grenelle (AFP)

éoliennes.jpgVoici une dépêche AFP et une étude (Xerfi) qui devraient retenir l'attention de tous les acteurs et observateurs de l'éolien en France. Cette étude m'inspire les deux réflexions suivantes.

En premier lieu, cette étude confirme ce que les spécialistes et acteurs de l'énergie renouvelable : il sera difficile d'atteindre en France les objectifs définis dans le paquet européen énergie climat de décembre 2008 et dans la loi "Grenelle" 1 du 3 août 2009, soit une part de 20 à 23 % d'énergies renouvelables dans notre consommation finale d'énergie.
Même si le marché de l'éolien fait l'objet d'un mouvement de concentration au bénéfice de grands opérateurs, la masse des contraintes juridiques et le risque lié à la multiplication des recours en justice obèrent l'avenir de l'éolien en France.
 
En second lieu, ce constat devrait amener le Gouvernement à enclencher la "clause de revoyure" inséée à la demande de Jean-Louis Borloo dans la loi "Grenelle 2" du 12
Rappelons que l'article 90 de la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement précise en effet :
"III. - Le Gouvernement remet au Parlement, au plus tard trois ans après la date de publication de la présente loi, un rapport d'évaluation de la progression de la puissance des installations de production d'électricité utilisant l'énergie mécanique du vent, afin de vérifier la bonne atteinte des objectifs de la programmation pluriannuelle des investissements de production d'électricité par l'installation d'au moins 500 machines électrogènes par an."
Aux termes de ces dispositions, le Gouvernement n'est pas tenu d'attendre trois ans ni d'attendre que les objectifs soient ratés pour agir et remettre à plat le dispositif juridique né de la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010. Mieux vaut prévenir que guérir.
Actionner dés maintenant la clause de revoyure permettrait d'avoir un débat parlementaire et national peut être plus serein et d'anticiper un échec.
Eolien: la France n'atteindra pas les objectifs du Grenelle

PARIS — La France n'atteindra pas les objectifs de capacités de production d'énergie éolienne fixés par le Grenelle de l'environnement à l'horizon 2020, estime le cabinet Xerfi dans une étude publiée lundi.

"Le parc éolien français ne dépassera pas 15.000 mégawatts (MW) à terme, contre 25.000 MW prévus par le Grenelle Environnement", pronostiquent les experts de Xerfi dans cette étude intitulée "Le marché français de l'éolien soumis à des vents contraires".

L'objectif fixé lors du Grenelle de l'environnement vise 23% d'énergie renouvelable en 2020 et 25.000 MW de puissance éolienne installée à cette date.

Selon le scénario retenu par les experts de Xerfi dans cette étude, 400 à 500 nouvelles éoliennes seront installées chaque année dans le pays, ce qui ne suffira pas à atteindre les objectifs du Grenelle.

Ils soulignent que "moins de 1.000 MW auront été connectés au réseau électrique en 2010" alors qu'il faudra en installer encore 20.000 MW d?ici à 2020.

Par ailleurs, "l?Etat a durci en 2009 et 2010 les conditions d?implantation des fermes éoliennes" et "un certain nombre de décisions" ont "secoué le secteur, à l?image de la récente annulation du programme (d'éoliennes en mer, ndlr) au large de Noirmoutier", note aussi Xerfi.

Lien permanent Pin it! Imprimer 3 commentaires

Commentaires

  • Le saviez-vous ?

    Cette chronique datant de Déc. 2009 « La France et les cleantech » fut signée par Guillaume Sainteny, maître de conférences à l’Ecole polytechnique. Lequel formule une opinion critique à l’égard de la France, qui selon lui, « n’est, pour l’heure, pas bien positionnée pour tirer parti de l’essor de ces marchés. »

    « Face à la crise écologique, et en particulier face au défi du changement climatique, objet ce mois-ci du sommet de Copenhague, les cleantech (technologies propres) représentent un secteur économique en plein essor. Selon une étude OIT-PNUE-Worldwatch Institute publiée en 2008, l’activité de cette filière à l’échelle mondiale pèse actuellement 1 370 milliards de dollars par an, soit davantage que les industries aéronautique et chimique cumulées, avec une perspective de doublement d’ici à 2020. Or, pour l’heure, la France n’est pas bien positionnée pour tirer parti de l’essor de ces marchés.

    Au sein des technologies propres, la spécialisation industrielle de la France apparaît tout d’abord datée. Elle est, certes, leader sur l’eau et les déchets, mais il s’agit là de secteurs mûrs à croissance lente. A l’inverse, elle est peu positionnée sur les « nouvelles » technologies de l’environnement, appelées à des croissances beaucoup plus fortes : les différentes formes d’énergies renouvelables, les technologies de stockage de l’énergie, les véhicules décarbonés, etc.

    Aucun grand groupe français n’est par exemple présent de façon significative dans l’éolien, le photovoltaïque ou la pile à combustible. Les éco-entreprises françaises sont spécialisées dans les technologies curatives et non dans les technologies préventives, pourtant les plus intéressantes du point de vue environnemental et économique.

    En France, la part du capital-investissement réservée aux cleantech reste faible.

    A l’export, les marchés des éco-entreprises françaises sont essentiellement européens. Or, il s’agit là de marchés certes tirés par la réglementation, mais en partie mûrs et donc de renouvellement, plus que d’expansion forte.

    Le soutien des pouvoirs publics aux technologies propres apparaît également insuffisamment moteur et peu structuré. Or, le rôle de l’Etat est important dans ce domaine, car il s’agit d’un marché très dépendant de la commande publique et des évolutions réglementaires. Enfin, la part du capital-investissement s’orientant vers les cleantech demeure très faible dans l’Hexagone. Aux Etats-Unis, le montant de capital-risque mobilisable dans ce secteur représentait 5,6 milliards de dollars et 19% du total du capital-risque investi en 2008.

    Avec 120 millions d’euros seulement cette même année, la France était nettement distancée, non seulement au sein de l’Union par l’Allemagne (383 millions d’euros) et le Royaume-Uni (347 millions d’euros), mais aussi, en dehors, par Israël (247 millions d’euros), l’Inde (277 millions d’euros) et la Chine (430 millions d’euros), selon le Cleantech Group. Il est plus qu’urgent que la France élabore une véritable stratégie industrielle dans ce secteur.

    Source : http://www.cleantechrepublic.com/2009/12/11/alternatives-economiques-analyse-la-place-des-cleantech-en-france/

    +

    Energies propres : l’UE attirera des investissements massifs, pas la France ! http://www.greenunivers.com/2010/12/energies-propres-l%E2%80%99ue-attirera-des-investissements-massifs-pas-la-france-47825/

    +

    L'industrie éolienne allemande a augmenté de 8 % en 2009 (NDLR : nouvelle capacité), année durant laquelle le premier parc éolien offshore a été installé au large des côtes de la mer du Nord.

    A la fin de l'année 2009, 21 164 éoliennes représentant une capacité installée de 25 800 MW, étaient en service sur le sol allemand. L'association allemande de l'énergie éolienne (BWE) a déclaré l'an dernier, 952 nouvelles turbines, ajoutant une capacité de 1 917 MW au réseau contre 1 665 MW en 2008.

    Malgré l'augmentation de la capacité éolienne, la production l'an dernier est restée assez décevante par rapport aux années antérieures. La production a atteint environ 37.5 TWh en 2009, en baisse par rapport à 2008 (40.6 TWh) et à 2007 (39.7 TWh).

    L'amélioration des capacités installées s'explique en partie par la mise en service de projets qui avaient été retardés en 2008, et ceci afin de bénéficier en 2009 d'un tarif de rachat d'électricité éolienne plus intéressant, passant de 0.0803 euro le kWh (2008) à 0,0920 euro le kWh en 2009.

    Selon les derniers chiffres calculés par l'Association européenne de l'énergie éolienne, l'Allemagne devrait maintenir son avance au niveau européen avec une capacité totale installée maximale de 52.000 MW, à l'horizon 2020. La BWE prévoit quant à elle, que l'énergie éolienne pourrait répondre à 25% de la consommation en électricité de l'Allemagne d'ici 10 ans.
    Allemagne : la capacité éolienne 2009 en hausse de 15%

    Toutefois, BWE tient à préciser que pour atteindre ce niveau de croissance, le réseau électrique allemand devra se moderniser (gestion des flux, de la charge et du transport à haute température) et adopter dans certaines régions des câbles souterrains.

    Le secteur de l'énergie éolienne emploi environ 100.000 personnes en Allemagne.
    Source : http://www.enerzine.com/3/9116+allemagne---la-capacite-eolienne-2009-en-hausse+.html

  • - Petit rappel -

    [Été 2007] Paris, France — La communauté internationale devrait dès aujourd'hui bâtir quatre centrales nucléaires par mois pendant soixante-dix ans si elle souhaite que cette technologie ait un impact dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et joue un rôle crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique, affirme l'Oxford Research Group, un cercle de réflexion britannique, dans un rapport publié le 28 juin

    Lire le rapport, en anglais : http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/too-hot-to-handle.pdf

    Non seulement un tel scénario est absolument irréaliste sur le plan logistique, mais une telle entreprise aurait des conséquences graves pour la sécurité mondiale en raison du risque de prolifération des armes nucléaires. 4 000 tonnes de plutonium seraient en effet nécessaire en 2075 pour alimenter toutes les centrales. Cette quantité représente 20 fois les stocks de l'arsenal militaire actuel. En effet, il suffit de 4 à 8 kg de plutonium pour faire une bombe nucléaire. « Une renaissance mondiale du nucléaire n'est pas dans les moyens de l'industrie nucléaire et dépasserait totalement les capacités de l'Agence internationale de l'énergie atomique à surveiller les puissances nucléaires », peut-on lire dans le rapport.

    « Voilà un démenti cinglant adressé au lobby de l'industrie nucléaire, qui n'hésite pas à instrumentaliser le réchauffement de la planète et à en faire un outil marketing destiné à promouvoir cette technologie, déclare Frédéric Marillier. Mais ce n'est pas parce qu'il émet peu de CO2 que le nucléaire est respectueux de l'environnement ! De plus, contrairement aux énergies renouvelables, le nucléaire constitue une vraie menace pour la sécurité mondiale. »

    La conclusion de l'Oxford Research Group est sans appel : « A moins qu'on ne démontre avec certitude que l'énergie nucléaire peut fournir une contribution majeure à la lutte contre les émissions mondiales de CO2, il faut écarter l'énergie nucléaire du cocktail de solutions. »

    (Greenpeace avec Reuters)

  • Plutôt que de laisser prospérer une multitude de petits projets de parcs éoliens portés par des bureaux d'études se contentant d'études d'impact baclées (ouvrant immanquablement la porte à des recours contentieux) puis de créer un arsenal législatif et réglementaire quelque peu improvisé, il aurait été plus réaliste de commencer par déterminer les zones du territoire français susceptibles d'accueillir des parcs de plus grande envergure.

    C'est ce qui s'amorce (bien tardivement) avec l'élaboration des schémas régionaux de l'éolien.

    L'ancienne planification à la française, tant villipendée, aurait, du moins dans un tel domaine, été bien utile.

Les commentaires sont fermés.