Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Energie solaire : EDF Energies Nouvelles accusé d'avoir contribué à la bulle (Les Echos)

les echos logo.jpgJe vous recommande la lecture de cet article paru dans le journal Les Echos ce matin. Le processus de concertation a permis de réaliser qu'une importante file d'attente existait aussi au sein de RTE. EDF EN a déposé les trois quarts des projets.

Les Echos - mercredi 22 décembre 2010

La première réunion de concertation relative à l'avenir de l'énergie solaire qui s'est tenue lundi a permis de réaliser que la bulle du photovoltaïque ne se limitait pas à une multitude de projets déposés auprès du gestionnaire du réseau de distribution ERDF. En parallèle, une quarantaine de projets plus importants ont récemment été déposés auprès de RTE, contribuant ainsi à l'engorgement.

Que s'est-il passé lors de la réunion ?
Le Réseau de Transport d'Electricité (RTE) a présenté un bilan détaillé des projets photovoltaïques présents dans sa file d'attente. La filiale d'EDF compte aujourd'hui 41 projets pour une puissance de 1.283 mégawatts (MW), contre 3.578 MW chez ERDF, alors que le Grenelle de l'environnement vise une capacité installée de 5.400 MW en 2020. RTE a connu une forte accélération des demandes de raccordement en fin d'année. 26 projets ont intégré la file d'attente à partir du 2 décembre pour près de 700 MW. « L'ampleur de la file d'attente chez RTE constitue une découverte », explique-t-on au Syndicat des énergies renouvelables. « C'est même la première fois qu'on sait qu'il y a une file d'attente chez RTE », affirme le PDG de SolaireDirect, Thierry Lepercq.

EDF Energies Nouvelles compte 980 mégawatts de projets dans cette file d'attente RTE. Soit les trois quarts des projets. Cet afflux de dossiers intervient alors que le gouvernement insiste depuis des mois sur la surchauffe de la filière solaire et la nécessité de réduire la voilure.

Que vont devenir les files d'attente de RTE et d'ERDF ?
En modifiant l'économie d'une partie des projets, le décret du 10 décembre va mécaniquement éliminer un bon nombre de ces dossiers. Selon ERDF, un peu moins de la moitié des projets en file d'attente (1,4 gigawatt) ne bénéficieront pas des anciens tarifs et devront donc recommencer la procédure. Dans le cas de RTE, 15 projets d'une puissance 584 MW ne sont pas touchés par les changements tarifaires. Pour autant, ils ne devront pas dépasser un délai de construction de dix-huit mois pour en bénéficier. Ce qui est techniquement difficile, compte tenu des procédures (enquête publique, permis de construire…)

Comment la filière solaire a-t-elle réagi au poids d'EDF EN ?
La révélation du poids d'EDF EN dans la file d'attente de RTE a suscité des tensions durant la réunion. Un participant évoque même « un défoulement collectif », tandis que d'autres n'hésitaient pas à parler d'un sentiment d'exaspération des opérateurs contre un « mastodonte plus proche de Dieu que les autres » accusé d'utiliser ses liens avec RTE pour faire avancer ses propres projets. Lors d'une réunion de la commission des Affaires économiques en novembre à l'Assemblée nationale, EDF Energies Nouvelles avait évoqué que sa part dans la file d'attente d'ERDF était comprise entre 300 à 400 MW (soit près de 10 % des projets) sans évoquer RTE.

« Nous avons toujours dit que nous allions déposer pour 1.000 MW de projets afin de sécuriser la réalisation de 700 MW d'installations photovoltaïques et assurer des débouchés pour l'usine de panneaux solaires de Blanquefort », se défend David Corchia, d'EDF Energies Nouvelles .

Quelle est la prochaine étape ?
Les industriels cherchent à disposer d'une plus grande visibilité. Le 9 décembre dernier, Arnaud Gossement, avocat d'Enerplan, a envoyé un recours gracieux au gouvernement afin d'avoir la liste précise des projets et de leurs promoteurs. « C'est le noeud gordien du problème. Le 10 janvier prochain nous nous adresserons à la commission d'accès aux documents administratifs », explique-t-il. Le prochain rendez-vous de la commission de conciliation présidée par Jean-Michel Charpin aura lieu le 12 janvier. Le programme de travail fixé est la régulation des centrales au sol et des tarifs pour les particuliers. Entre-temps, les différents acteurs auront remis leurs propositions au rapporteur. Un projet de rapport est prévu le 11 février.

Lien permanent Pin it! Imprimer 1 commentaire

Commentaires

  • Je constate que le débat sur le développement du solaire photovoltaïque ne se fait pas sur le fond mais uniquement sur la forme et qu’une campagne de désinformation envahit les médias.
    Sept ministres et le premier d’entre eux se sont réunis le 2 décembre pour décréter un moratoire sur le solaire photovoltaïque supérieur à 3 kWc.
    Première question : Qu’est ce qui justifie vraiment ce moratoire ?!...
    Seconde question : A qui profite ce moratoire ?
    J’ai entendu Mesdames Lagarde et NKM affirmer sur les ondes que l’augmentation des tarifs de l’électricité de 4 ou 5% était due au photovoltaïque. J’étais resté sur le fait que le développement du solaire photovoltaïque en France coûtait à chaque foyer français quelques euros par an et qu’il représentait environ 0,1% de leur facture d’électricité. Si des ministres annoncent des chiffres 40 à 50 fois supérieurs c’est inévitablement qu’elles sont capables de les justifier.
    Troisième question : Comment les ministres calculent elles ce pourcentage ? Ne mélangent-elles pas le photovoltaïque et la loi Nome ?
    NKM fustige les ‘’spéculateurs’’. Lors de la première réunion de ‘’concertation’’ le 20 décembre, il est apparu que le premier spéculateur de France n’était autre de EDF EN filiale de EDF donc de l’Etat. Le président de EDF EN avait jusqu’à présent annoncé qu’il n’avait que 10% des projets en file d’attente, or il est apparu que EDF EN détenait plus de 75% des projets de plus de 12 MWc. Plus grave, alors que le décret précise que pour qu’un projet soit mis en file d’attente, il faut un permis de construire (c’est la loi et tous les opérateurs s’y conforment), il apparait que les dossiers de EDF EN ont été intégrés dans la file d’attente sans permis ! ( EDF EN n’est pas à sa première sortie de route - cf la condamnation du TA de Nimes – ordonnance de référé du 1er octobre 2010)
    Quatrième question : Pourquoi est il plus compliqué d’obtenir le contenu de la file d’attente en France que les résultats de la présidentielle en Côte d’Ivoire ?
    Cinquième et sixième question : EDF EN est elle au dessus des lois ? Que fait le ministre de l’Energie ?
    J’ai écouté avec attention les interventions de NKM sur France 5 le 19/12 et France Info le 21/12. Selon NKM : 90% des panneaux (en photovoltaïque, on appelle ça des modules) viennent de Chine. Il m’avait semblé au fil de mes visites d’installations, de salons, de rencontres avec les fabricants, distributeurs que beaucoup de modules provenaient d’Europe, des Etats Unis, du Japon, de Taiwan, de Corée et du Canada… Si la ministre avance avec un tel aplomb ce chiffre de 90% c’est que ses conseillers sont inévitablement capables d’en apporter la preuve.
    Septième question : Peut-on prouver que 90% des modules installés en France viennent de Chine ?
    Selon NKM : ‘’un panneau chinois produit 1,8 fois plus de CO2 qu’un panneau fabriqué en France’’. L’Ademe et le ministère de l’écologie sont forcément capables d’apporter la preuve par les chiffres de ce coefficient 1,8. Sachant qu’un module franco-français, ça n’existe hélas pas ! (il aurait fallu que les conseillers techniques du RPR et de l’UMP se réveillent plus tôt). Quelques modules canadiens sont fabriqués en France et des modules composés de cellules asiatiques et européennes sont assemblés en France.
    Huitième question : quel mode de calcul permet de sortir ce coefficient de 1,8 ?
    Une concertation a commencé le 20 décembre. Cette commission est pilotée par M Charpin qui a des ‘’liens très étroits’’ avec EDF.
    Neuvième question : Qui sont les professionnels et experts du secteur du solaire photovoltaïque présents à cette concertation et quelle crédibilité a M Charpin pour piloter cette concertation ?
    L’Allemagne, leader de l’Europe, semble être devenu le modèle économique du gouvernement français actuel.
    Dixième question : pourquoi l’Allemagne a dépensé plusieurs milliards d’euros, depuis 10 ans, pour développer le solaire photovoltaïque, pour créer des emplois et une filière forte ?
    Onzième question : pourquoi l’Allemagne qui a installé, en 2010, 8000 MWc de photovoltaïque continue sur cette voie alors que le gouvernement français décide que ça va trop vite parce que la France atteint péniblement les 800 MWc ?
    Les acteurs du solaire photovoltaïque (installateurs, bureaux d’études, distributeurs…) sont majoritairement des professionnels qui ont travaillé plus parce qu’ils pensaient notamment gagner plus comme leur avait promis l’actuel Président de la République et aujourd’hui les ministres de ce même Président, vont, pour remercier les professionnels d’avoir suivi ses conseils, les envoyer pointer à l’ANPE. Imaginez interdire aux constructeurs automobiles de vendre pendant 3 mois et les contraindre à reprendre les automobiles vendues les 8 ou 12 mois précédents, voilà la situation imposée aux acteurs du solaire photovoltaïque.
    Douzième question : tout cela est-il bien légal ?

    Benjamin Lecomte
    Intermittent du Solaire Photovoltaïque
    Au gré des moratoires et autres quotas.

Les commentaires sont fermés.