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Sarkozy : un ministère "considérable" pour une écologie peu considérée

Nicolas Sarkozy.jpgLors de son intervention télévisée hier soir, le Président de la République n'a pas donné le sentiment que l'écologie est restée une priorité du Gouvernement. Seul le périmètre du ministère de l'écologie confié à Nathalie Kosciusko-Morizet a été évoqué alors qu'une bataille est en cours pour savoir qui pilotera l'administration de l'énergie. A cette occasion, le Président de la République n'a pas clarifié les choses.

Force est de constater que le Chef de l'Etat a brouillé les pistes en déclarant que la nouvelle ministre de l'écologie "aura la fixation des prix de l'énergie pour toutes les énergies renouvelables et elle sera associée à toutes les décisions sur l'énergie".

En effet, de deux choses l'une : soit NKM a un pouvoir de décision en matière d'énergie, soit elle a juste le pouvoir d'être consultée. Soit, elle signe les arrêtés portant définition des tarifs d'achat d'électricité d'originie renouvelable, soit elle n'est saisie que pour avis. Enfin : soit NKM est l'autorité de tutelle de la Direction générale de l'énergie et du climat, soit elle ne l'est pas.

On pourrait déduire des propos peu précis du Chef de l'Etat que le nucléaire serait parti chez Eric Besson et que les énergies renouvelables seraient restées chez NKM. Pourtant, sauf à couper des fonctionnaires en deux, c'est bien une seule et même administration, la DGEC, qui traite d'énergie.

"Donc c'est un ministère considérable" a ajouté le Président de la République. Considérable ne veut pas dire considéré et il est un peu étrange de la part de ce dernier d'indiquer que le titre de Ministre d'Etat n'importe pas. A ce rythme, pourquoi l'avoir conféré à Jean-Louis Borloo hier ou Alain Juppé et Michèle Alliot-Marie aujourd'hui ?

En réalité, exception faire des quelques paroles citées plus haut sur les attributions de Nathalie Kosciusko-Morizet, le Président de la République n'a donné aucune précision sur la feuille de route du Gouvernement en matière d'écologie, de mise en oeuvre du Grenelle ou de position de la France dans les grands dossiers internationaux, à la veille du sommet mondial du climat à Cancun qui débute dans deux semaines.

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Commentaires

  • Pendant ce temps, les acteurs de la filière photovoltaïque étaient "entendus" par la commission du dvp durable et de l'aménagement du territoire. La réunion était visible en vidéo. Je ne vois pas encore la vidéo à la demande de disponible sur le site de l'assemblée nationale.
    C'était très instructif. Le Président d'EDF EN a indiqué que sa société n'avait que 300 à 400 MW de projets dans la fameuse file d'attente ERDF. Il propose de plus que les coûts de raccordement soient entièrement payés par les porteurs de projets lors de la validation de la PTF afin d'éviter la spéculation.
    Le calcul de la CSPE est toujours aussi opaque et rien ne semble sortir concernant les règles d'intégration.
    Les industriels de la filière doivent être entendus (Mr Besson pourra alors juger de la maturité du processus).
    Les coûts de raccordement doivent être payés à 100% par les producteurs.

  • Avoir transféré l'énergie à Bercy est tout simplement irresponsable. M. Roussely, qui avait recommandé dans son rapport sur le nucléaire de sortir l'énergie du Meddem peut se féliciter d'avoir contribué à désorganiser tout un secteur alors que pluisieurs processus majeurs sont en cours :
    - Loi NOME et mise en oeuvre de cette loi
    - renouvellement des cocnessions hydrauliques
    - développement des filière EnR
    - mise en oeuvre du grenelle 1 et 2 sur l'efficacité énergétique
    etc.
    L'énergie, ce n'est pas que l'avenir de la filière nucléaire française et les bisbilles stériles entre Areva et EDF.
    L'énergie est désormais étroitement lié au climat et la traiter de façon déconnectée de cette problématqiue va tout simplement à rebour des orientations européennes.

  • S'il est bien vrai que l'énergie est étroitement liée au climat, le déploiement des solutions techniques pour développer un "bouquet énergétique" (il n'y a pas UNE solution miracle) nécessite une approche économiste si on veut qu'elle perdure.
    A ce titre, le rapprochement avec Bercy n'est pas forcément une erreur.

  • Au vu des annonces et de la composition du gouvernement, on peut se poser la question de durée de vie de la DGEC. De plus, la coopération entre la direction de l'énergie et le service climat n'ayant jamais été très forte, leur séparation en modifierait pas grand chose dans les faits.

    Par ailleurs, l'intervention du Président de la République a été centrée sur le développement économique d'une manière profonde et sans ambiguïté. Ses précédentes prises de positions sur la place qu'il entend donner à l'écologie ne laisse guère de doute sur son (dés-)engagement vis-à-vis du développement durable.

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