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Publication du rapport "Charpin" de la Mission relative à la régulation et au développement de la filière photovoltaïque en France

Bercy.jpgL'Inspection générale des finances a mis en ligne le fameux "rapport Charpin" relatif à l'avenir de la filière solaire en France, laquelle a été fortement secouée depuis le début de l'année. Un rapport trés attendu.

Vous pouvez télécharger ce rapport ici.

Voici la phrase qui résume sans doute le mieux ce rapport (page 38) :

"Ne pas en faire trop aujourd'hui permet de se donner des marges de manoeuvre pour pouvoir en faire en faire davantage demain avec des technologies moins onéreuses, plus efficaces et plus propres".

Le ton est donné.

De manière générale, il ne fallait cependant pas attendre de ce rapport ce qu'il ne pouvait donner : c'est en effet au politique de décider de la politique de l'énergie et non à des experts, aussi compétents soient-ils. Concrètement, je ne pense pas que c'est ce rapport qui permettra de mieux définir un cadre juridique, économique et fiscal adapté et accepté pour le développement de l'énergie solaire. Au demeurant, l'analyse de ce rapport est essentiellement d'ordre économique et ne porte pas réellement sur les autres leviers de croissance (ou non) de la filière à commencer bien sûr par le levier réglementaire.

De même si cette mission devrait permettre de réaliser de nombrauses auditions et de récolter les différentes positions, je reste convaincu, peut être encore davantage, qu'il faut modifier la gouvernance de la filière.

Sur le fond, ce rapport comporte certaines conclusions qui sont parfois un peu rapides. Il en va ainsi de cette affirmation (page 8) selon laquelle "l'électricité photovoltaïque est aujourd'hui la plus couteuse des sources d'électricité renouvelables en l'état de la technologie". C'est oublier un peu vite que le consommateur n'est pas le seul à financer notre modèle énergétique et que le contribuable donne beaucoup au nucléaire.  

On s'étonnera également qu'il soit presque conseillé aux opérateurs d'investir ailleurs qu'en France (page7) comme s'il fallait d'ores et déjà se résigner d'avoir raté le train. 

De même, il est regrettable que le rapport ne soit pas allé au delà des chiffres déjà disponibles pour, par exemple, analyser les caractéristiques de la file d'attente. Cela aurait permis d'en savoir plus sur la réalité, le type de dossiers et les opérateurs à l'origine d'un éventuel engorgement.

Critique de la gestion ministérielle

On remarquera aussi que le rapport critique la gestion ministérielle, en 2009, de la baisse des tarifs d'achat qui a aboutit à l'arrêté du 12 janvier 2010 (page 10). Le délai trop long qui a séparé l'anonce d'une baisse de sa réalisation est souvent présenté comme l'une des causes de al création d'une "bulle spéculative". Cela explique peut être que le Gouvernement ait souhaité aller trés vite, fin août, quelques jours seulement ayant séparé l'annonce de la baisse par communiqué de presse de la publication de l'arrêté du 31 août au Journal officiel.

De même le rapport reconnaît à demi mot que la rétroactivité des tarifs du 12 janvier 2010 présente un sérieux problème de légalité. Il recommande d'ailleurs de ne pas recourir à ce même procédé pour la seconde baisse, finalement intervenue par arrêté du 31 août (page35).

Dela logique des objectifs à celle du plafond.

Il est intéressant de lire que le rapport propose d'en finir avec la logique des objectifs pour passer à celle du plafond. Il n'est plus autant question d'encourager que de retenir.

Certes, ce rapport comporte aussi des éléments intéressants. Le principe d'un plan pour 2011 ou d'une analyse par segments de la filière mérite débat. Reste que la logique d'ensemble est davantage axée sur la "régulation" que sur le "développement" de la filière. Espérons que la concertation annoncée pour l'automne permette d'avancer car le développement de l'énergie solaire est irrésistible. La vraie question est de savoir quelle part notre pays compte prendre.

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Commentaires

  • Ce rapport montre aussi que les sommes consacrées à la recherche dans le domaine du solaire en France sont peu élevées (36 millions)...
    En comparaison, la France consacre plus de 500 millions à la recherche sur le nucléaire et plus de 200 millions à la recherche sur le pétrole...
    http://www.manicore.com/documentation/recherche_energie.html
    De son coté, l'Allemagne consacrerait plus de 200 millions à la recherche sur le photovoltaique...
    Pas étonnant qu'on prenne du retard et que cette industrie se développe peu dans notre pays et qu'on soit obligé d'importer des panneaux d'Allemagne ou de Chine.

  • Ce rapport est juste abhérant. Il commet une erreur de raisonnement de base en tirant des conclusions sur l'efficacité des mesures de soutien de ces dernières années, alors même que la filière française du photovoltaïque est encore au milieu de sa phase d'investissement. Comment peut-il dire que la filière n'a pas émergé alors que plusieurs centaines de sociétés se sont créées, ont d'ores et déjà embauché (ce qui réduit d'autant le coût du chomage pour l'Etat), et s'apprêtent à produire des panneaux en France dans les 2 ans qui viennent (et réduire d'autant le déficit commercial) ? Cette analyse dénote d'une déconnexion totale de M. Charpin avec la réalité du terrain (il faut 2 à 3 ans pour construire une usine, c'est aussi simple que ça). Arrêter l'effort aujourd'hui, au milieu du gué, en fixant des objectifs aussi ridicules (pour rappel, 500 MWc par an, c'est 12 fois moins que l'Allemagne), c'est se priver du retour sur investissement des efforts financiers de ces dernières années et se condamner à acheter des panneaux chinois ou allemands dans les 20 prochaines années. Ce sont eux qui remercient le plus M. Charpin aujourd'hui, je ne comprends pas comment le Gouvernement a pu mandater un individu aussi partial (pour info il a été administrateur d'EDF pendant 6 ans et il est toujours administrateur d'ERDF, autant demander à Pol Pot un rapport sur les droits de l'homme) et aussi peu compétent (les erreurs de raisonnement de cette étude concernent les bases de l'économie) pour une étude aussi importante.

  • Étude partiale et biaisée qui n'a pour but que de resserer le marché EnR survivant vers les 3 mamouths français en chef duquel EDF...

    Un exemple tout bête de biais : les TRI de trésorerie sur 20, 25, 30 ans... Sans déconner, comment comparer ces TRI avec d'autres investissements sur 8, 10, 12 ans ?
    Autre biais : Oser parler de technologies plus propres à développer et faire référence à l'amorphe de FirstSolar CdTe...

    Bref, de toute façon, la messe est dite puisque que les partis dits de gouvernement, de droite comme de gauche, soutiendront EDF et les milliers de milliard d'euros investis depuis 50 ans avec l'argent public dans la filière nucléaire.

    Quand est-ce qu'on entendra une opposition réaliste et pragmatique pour expliquer LE foutage de g***le ; c'est à dire des gens qui maîtrisent les sujets qu'ils défendent officiellement.

    Ce rapport est enfin purement comptable et ne répond à aucune ambition politique nouvelle, aucune stratégie socio-économique.

    Nous sommes tel la grenouille dans la casserole sur LE feu... Il fait déjà un peu chaud mais il est peut-être déjà trop tard.

    Pour conclure je suis surpris que personne ne remarque que ce rapport est antérieur à la proposition du SER, qu'il n'est publié que maintenant après l'arrêté du 31 août, et que ce dernier reprend mot pour mot les premières mesures préconnisées dans le rapport... C'est donc l'acte I que nous vivons.
    L'acte II consistera à faire discuter des gens entre eux sans consensus possible (les lobbies et le SER nous arrangerons çà)... On justifiera ainsi l'acte III déjà écrit pour janvier 2011...
    Vous vous rapellez ce que Coluche disait ? La différence entre dictature et démocratie : la première c'est "ta gue**e", l'autre "cause toujours...".
    Parlez qu'on vous écoute... Mais on s'en cogne comme de l'an 40...

    Bien à vous

  • Effectivement, ce qui le fait le plus froid dans le dos c'est que le scénario est écrit et que les acteurs sont choisis.
    Au moins, on sait à quoi s'en tenir maintenant !

  • Nous voilà revenu en quelque sorte au début des années 2000. On étouffe le marché pour contenir le déficit commercial, on finance la recherche et on attend. On laisse l’Allemagne, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, les USA, … développer leur marché national pour faire émerger tout un écosystème solaire vigoureux (la Chine s'y met, pas encore la Corée).

    La France n’est pas l’Allemagne, elle assume de décrocher aujourd’hui – pourra t elle un jour remonter dans le train ? – de la compétition mondiale pour faire émerger et structurer un secteur solaire fort. La green-économie française sera nucléaire, what’s else ?

    Le citoyen, il en pense quoi ? On en lui demande pas, l’atom’cratie pense et décide pour lui. Une économie solaire à la française, c’est un luxe que l’on ne peut pas se permettre...

  • A lire, une réponse intéressante et argumentée, au rapport Charpin : http://www.slideshare.net/Photovoltaique/le-rapport-charpin-ou-la-mort-annonce-du-photovoltaque

  • Le nucléaire moins cher que le photovoltaïque ? A lire cette étude américaine qui remet en cause cette assertion et balaye les argmuments de M. Charpin d'un revers de la manche : http://heloim.sinclair.over-blog.com/article-couts-du-nucleaire-et-du-solaire-croisement-des-trajectoires-56875177.html

  • Ce n'est pas grave,

    une fois la filière PV coulée - ou plus précisèment aux mains des principaux acteurs -
    (@ Socrate : qui sont les 2 autres selon vous ?), nous pourrons vendre nos centrales nucléaires; la Finlande raffole déjà de notre EPR, et on va peut être avoir un contrat à Abou Dabi !! Ah non, mince, on est même pas capabe de ça !!
    C'est pas grave, Khadafi et l'Iran nous en acheteront bien un quelques unes !

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