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En pleine controverse sur les éoliennes, Jean-Louis Borloo s'engage sur l'éolien off shore

eolien-off-shore.jpgEn pleine controverse sur les éoliennes, Jean-Louis Borloo vient de publier un communiqué de presse qui exprime la volonté du Ministère de l'Ecologie d'assurer le développement de l'éolien off shore. Commentaire.

Quel signal politique ? Alors que les dispositions relatives à l'éolien du projet de loi Grenelle 2 - actuellement débattu à l'Assemblée nationale - font polémique, le Ministère vient de présenter une communication en conseil des ministres relative à l'éolien en mer. Cette présentation a sans aucun doute un sens politique.

On notera tout d'abord le souhait d'exprimer un engagement fort en faveur de l'éolien en mer puisqu'il est question, aux termes du communiqué de presse "de conquérir une position de leader dans la future industrie des énergies marines et permettre la création de milliers d’emplois pérennes sur le sol national". 

  • On ne peut que se féliciter de cette prise de position à une réserve prés. Il ne faudrait pas que cette mise en avant de l'éolien en mer cache un abandon de l'éolien sur terre. Il ne faudrait pas que la promotion des éoliennes off shore soit pensée comme une compensation du freinage de l'éolien on shore, qui croule actuellement sous les nouvelles contraintes définies à l'article 34 du projet de loi Grenelle 2.

Il est en effet important de ne pas opposer les énergies renouvelables les unes aux autres. Nous avons besoin de les développer simultanément dans l'idée de constituer un "mix" énergétique.

3 axes. Cet engagement en faveur de l'éolien off shore est décliné en plusieurs "axes". Décryptage rapide ci dessous de chacun de ces axes. 

Axe n°1 : Une planification concertée.

Le communiqué annonce la sélection d'une dizaine de zones propices à la création de nouveaux projets avant la fin du permier semestre. Il est exact qu'une procédure d'identification de ces zones avait été lancée l'an dernier. Le fait de fixer un terme à cette procédure est donc une bonne chose. Toutefois, l'identification de ces zones propices ne signifie pas qu'ipso facto que des éoliennes y seront implantées.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit en effet l'élaboration d'une stratégie nationale de la mer et de documents stratégiques de façades maritimes. Pour l'heure il semble que l'élaboration et l'entrée en vigueur de ces documents de planification soit une condition préalable à la délivrance d'autorisations d'exploiter des parcs éoliens marins.

Axe n°2 : Un cadre réglementaire simplifié

On ne peut que se réjouir de l'engagement à simplifier les procédures de raccordement des parcs en mer au réseau électrique terreste. Toutefois le communiqué de presse ne précise pas quelles seront ces mesures de simplification. Pour ne pas faire de procès d'intetntion , il faudra donc attendre que soit rendu public le contenu de ces mesures. En attendant, il est exact que le projet de loi Grenelle 2 prévoit que les éoliennes en mer ne devraient plus être soumises à permis de construire.

Axe n°3 : Des appels d’offres destinés à susciter l’émergence d’une nouvelle industrie « verte » créatrice d’emplois

On sait que les opérateurs éoliens sont trés réservés sur l'opportunité de cette procédure d'appel d'offre pour les parcs en mer. Elle risque en effet d'allonger la durée du montage des projets. Le communiqué précise ici que les projets seront sélectionnés fin 2011. Il existe donc un risque que les candidats ne puissent pas engager les procédures d'autorisation proprement dites avant fin 2011. En clair, si cette analyse est vérifiée, l'éolien off shore mettra encore un peu de temps à se développer aux larges de nos côtes. Rappelons que le France a un potentiel éolien marin trés important mais totalement inexploité car aucune éolienne ne tourne encore en mer.

* * * * *

Communiqué de presse : le programme de développement de l’éolien en mer
5 mai 2010 - Énergie et climat

Le ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le Climat, a présenté ce matin en Conseil des ministres une communication relative au programme de développement de l’éolien en mer du Grenelle Environnement.

Le plan de développement des énergies renouvelables de la France issu du Grenelle Environnement prévoit une accélération du développement de l’énergie éolienne en mer, et vise l’installation d’une capacité de 6 000 MW à l’horizon 2020, objectif confirmé lors du Grenelle de la Mer et lors de l’adoption de la nouvelle «feuille de route énergétique de la France».

L’enjeu pour la France est double : il s’agit de respecter les engagements du Grenelle Environnement et du paquet «énergie-climat», mais aussi de conquérir une position de leader dans la future industrie des énergies marines et permettre la création de milliers d’emplois pérennes sur le sol national. Le «programme de développement de l’éolien en mer du Grenelle Environnement» illustre ainsi la «croissance verte» dans laquelle notre pays s’est engagé, grâce au Grenelle Environnement ; il se décline autour des trois axes suivants :

Axe n°1 : Une planification concertée :

Au printemps 2009, le Gouvernement a demandé aux préfets des régions Bretagne, Pays de la Loire, Haute-Normandie, Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur de mettre en place, pour chaque façade maritime, une instance de concertation et de planification, rassemblant l’ensemble des parties prenantes. Le recensement des enjeux techniques, réglementaires et environnementales est désormais achevé, et les préfets ont reçu pour instruction de finaliser la concertation avec les différentes parties prenantes avant la fin du 1er semestre 2010. Ces travaux permettront au Gouvernement d’annoncer dans les toutes prochaines semaines la sélection d’une dizaine de «zones propices» dans lesquelles l’éolien en mer sera développé.

Axe n°2 : Un cadre réglementaire simplifié

Dès l’adoption du projet de loi portant engagement national pour l’environnement («Grenelle 2»), les procédures applicables à l’éolien en mer seront très nettement simplifiées, et la gestion du raccordement des éoliennes en mer au réseau électrique pourra être optimisée : RTE pourra mettre en place, pour chacune des zones propices, les capacités de raccordement nécessaires.

Axe n°3 : Des appels d’offres destinés à susciter l’émergence d’une nouvelle industrie « verte » créatrice d’emplois

Le Gouvernement lancera à partir du mois d’octobre 2010 une première série d’appels d’offres visant l’implantation de 3 000 MW dans les zones identifiées comme propices à l’issue de la démarche de planification et de concertation menée ces derniers mois. Les projets seront sélectionnés au troisième trimestre 2011 sur la base du prix d’achat de l’électricité proposé et du délai de mise en service des installations.

Ces appels d’offres s’adressent à des opérateurs industriels. A ce titre, les candidats devront exposer leur projet industriel : contribution au développement de l’industrie dans l’éolien en mer, mobilisation du tissu industriel et des infrastructures locales, créations d’emplois…

Grâce à un engagement pluriannuel visant à installer 6 000 MW d’ici 2020, le dispositif de soutien offrira la visibilité de long terme nécessaire aux décisions des acteurs industriels. Le ciblage des appels d’offres dans des zones définies à l’issue d’une concertation préalable permettra à la fois de conduire un développement ordonné, évitant notamment la précipitation ou le mitage, et de donner aux projets la meilleure acceptabilité.

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Commentaires

  • Borloo ou l'art de l'esbroufe !

    Un exemple :

    Plan Borloo 2003 pour la banlieue :

    Le Canard Enchaîné, dans son édition du mercredi 16 juillet 2008, a découvert que sur les 12 milliards d'euros promis par l'Etat, seuls 8% des crédits ont été débloqués à ce jour !


    Méfiance...

  • Bonjour Arnaud,
    Le kWh éolien offshore coûte deux fois plus cher que l'éolien onshore...
    L'éolien offshore ne menace pas le nucléaire, contrairement à l'éolien onshore...
    Olivier

  • bonjour ..

    Je ne suis pas un pro du secteur de l'énergie ... et c'est peut être une stupidité que je vais proférer ...Mais il me semble pour que cela soit une menace.... Il en faudrait un sacré paquet d'éoliennespour que soit "menacé" le nucleaire en termes de capacités installées... le projet éolien évoqué porte sur 3000 MegaWatt ... C'est inférieur à la capacité installée de la seule centrale de Tricastin ...

    Pour donner une comparaison ..le barrage de Itaipu au Brésil c'est 14 GigaWatt

    toujours de mémoire ... des centrales nucléairs il y en a pas loin de 60 en France ...

    la "menace" me paraît toute relative ...

    En outre, de mes vagues souvenirs d'avant de quitter l'Europe .... La France est en surcapacité électrique ? non ? .... Si on développe l'éolien ( ou tout autre mode de production) ...on va fermer quelle centrale ? vous me direz que cela pourrait permettre d'en substituer qui sont en fin de vie ...

  • @Philippe : menacer le nucléaire ne signifie pas le concurrencer en nombre de GigaWatt. Il s'agit d'une menace symbolique.

    Nous avons tous été élevés dans l'idée que le nucléaire était une énergie propre, pas chère, inépuisable et garante de notre indépendance énergétique. On se rend compte aujourd'hui qu'il existe des énergies beaucoup plus propre, réellement renouvelables, et qui ne nécessite pas d'exploiter le sous-sol minier du Niger. Par ailleurs l'éolien terrestre fait cela à un coup comparable et sans aucun investissement de la part de l'état (prix fixe de 8,2 c€/kWh alors que le coût de l'électricité nucléaire, que personne n'est capable d'estimer, varie selon les sources et augmente chaque année :
    . EDF : 5.5 c€/kWh
    . Keystone Center : entre 5.7 et 7.65 c€
    . MIT : entre 5.8 c€
    . Banque Lazard : entre 7.3 et 9.5 c€
    . Institute for Energy Research : 7.6 c€
    . Earth Policy Institute : 11 c€
    . Severance : entre 17.2 et 20.7 c€

    Alors oui, l'éolien terrestre ne produit pas autant que le nucléaire, mais il remet en cause toutes les idées reçues sur lesquelles repose la filière atomique depuis des années, et il ouvre la porte au développement de tout un bouquet énergétique renouvelable qui, lui concurrencera sérieusement l'industrie de la radioactivité.

  • Tu sais je vis dans un pays où l'énergie électrique est à 83% d'origine hydraulique ... mais la consommation de ce pays, en électricité, est pourtant inférieure à la consommation de la France alors que sa population est trois fois supérieure...

    Solution simple pour la France ... divisez la consommation d'énergie electrique par trois :-) au lieu de se soucier du nucleaire qui au niveau mondial est un mode de production de l'energie marginale ...

    Je plaisante ....bien sûr ... la consommation d'énergie ici, dans le pays où je vis, compte tenu des nécessités de développement, va croître de maniére réguliére

    Reste que le problème electrique en France ... au dela des eoliennes et au dela du nucléaire ..le problème ne serait il pas la consommation d'énergie par habitant ? qui est démeusurée ? dans un pays dont le tissu industriel recéle finalement peu d'industries électrointensives ? ou le pib est le fruit de manière prépondérante de Services ?

    J'ai des solutions pour la France pour diminuer la consommation d'énergie electrique ... faites comme ici ... le prix final de l'electricité ici est constitué à environ 50% de diverses impôts et taxes .,..

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