Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L’éolien prié de rentrer dans le rang (Libération)

energies-renouvelables_uej.jpgLe Journal Libération a bien voulu me poser quelques questions sur les éoliennes.

Vous pouvez lire l'article ici et ci dessous.

L’éolien prié de rentrer dans le rang

La mission parlementaire prône un durcissement des normes d’installation sur fond de polémique.

Par GUILLAUME LAUNAY

Lancer le débat sur les éoliennes à table, c’est la garantie d’avoir un pugilat avant le dessert. Même entre députés. La mission d’information sur l’énergie éolienne de l’Assemblée nationale, mise en place en septembre, n’a pas échappé à la règle : alors qu’elle doit rendre son rapport mardi, le corapporteur socialiste, Philippe Plisson, a claqué la porte la semaine dernière, dénonçant un travail «à charge» contre l’éolien : «Toutes les propositions vont vers un renforcement des contraintes réglementaires. Je ne pouvais pas cosigner ce texte», s’est indigné le député de Gironde (Libération de samedi). «Ça n’a rien d’une charge, répond à Libération l’UMP Patrick Ollier, président de la mission, qui se dit «très surpris» :«Nous avons mené des auditions sincères pour aboutir à un texte consensuel.» Pour le consensus, c’est raté : lors de la présentation du rapport à la mission, mercredi, les socialistes ont voté contre.

La personnalité de Patrick Ollier n’est pas pour rien dans l’inquiétude des écologistes et des professionnels du secteur. Dans le milieu, le président de la commission des affaires économiques est plus connu pour défendre l’atome que pour être l’ami des moulins à vent. «Je suis certes pour le nucléaire, rétorque l’intéressé. Cela ne m’empêche pas d’être pour les renouvelables, notamment parce qu’une part de notre électricité reste carbonée. Mais on ne doit pas sacrifier le paysage aux éoliennes.»

«L’esprit de la mission était assez antiéolien, raconte Raphaël Claustre, directeur du Comité de liaison des énergies renouvelables (Cler), qui a été auditionné. Des députés ne voyaient dans cette énergie qu’un instrument utilisé par les élus pour ramener de l’argent dans leurs communes…» Et le contexte postélectoral risque de renforcer la méfiance envers les renouvelables. «Il convient de ne pas succomber à des modes qui survaloriseraient temporairement telle filière», avertissait une version intermédiaire du rapport.

Une façon de dire que l’heure du vent est passée ? Franck Reynier, député UMP de la Drôme, corapporteur de la mission, rejette ce «procès d’intention» : «La France s’est engagée à réaliser 23% de sa production à partir d’énergies renouvelables en 2020. Nous avons voulu définir le cadre qui permette d’atteindre cet objectif.»

La mission a formulé plusieurs propositions, qu’elle souhaite introduire sous forme d’amendement à la loi Grenelle 2, dont l’examen est prévu début mai. Explications.

Des schémas régionaux éoliens opposables

Chargés de définir les lieux d’implantation, ils devraient être finalisés avant la fin 2011 par les préfets, avec l’aide des conseils régionaux. L’idée étant d’installer les mâts, «là où cela a du sens, où c’est accepté».

Des «unités de production» avec des planchers

Un site éolien devrait compter au minimum cinq mâts ou 15 à 20 MW. pour éviter le mitage et simplifier le raccordement au réseau. «Cela permet d’améliorer l’acceptabilité des projets», assure Franck Reynier. «On retrouve là cette obsession française de la centralisation, déplore de son côté Raphaël Claustre, du Cler. C’est une contrainte absurde.Un bon parc, ce n’est pas un grand parc, c’est un parc adapté à son territoire. Aux élus locaux de voir ce qui est le plus pertinent dans leur zone.»

Les parcs devront également respecter une distance minimale de 500 m avec les habitations. Une mesure plutôt consensuelle et d’ailleurs déjà respectée par la plupart des parcs.

provisionner le démantèlement

Il s’agit de se prémunir contre la disparition de petits opérateurs qui laisseraient des parcs en plan. «Cela va limiter l’accès au marché et réserver l’éolien aux gros groupes», craint Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement.

Une procédure d’installation classée

Ce classement ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) inquiète les défenseurs de l’éolien. Question d’image d’abord : c’est le régime des sites à risque. Franck Reynier se dit «conscient de l’impact en terme d’affichage. Mais créer une nouvelle procédure aurait encore pris deux ans». Pour Gossement, l’ICPE va aussi «alourdir la paperasserie, rallonger de six mois des procédures qui durent déjà quatre ou cinq ans».«On n’est pas contre les règles, mais là, ça tient du millefeuille, regrette Anne Kuhn, directrice du développement de la Société française d’éoliennes. L’ICPE, on en parle depuis 2008 et on ne sait toujours pas. Ça grippe le système. Cette instabilité chronique finit par poser problème.»

D’autant que ce flou ne concerne pas que l’éolien. Les récentes tergiversations sur les tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque ont paralysé la filière plusieurs semaines. Et l’hypothèse, évoquée par les Echos hier, de gratter sur les réductions d’impôt accordées au solaire pour compenser le manque à gagner de la taxe carbone, ne va pas rassurer les acteurs. «En ce moment, on ne peut pas dire que ça souffle vraiment dans notre sens», conclut Raphaël Claustre.

Lien permanent Pin it! Imprimer 5 commentaires

Commentaires

  • Par contre le gouvernement n'a pas hésité à distribuer encore 1 milliard pour ITER ... Le lobby nucléaire ne veut pas lâcher le morceau ..

  • Bonjour,
    Ni l'éolien et encore moins le photovoltaïque ne seront une alternative au nucléaire, comment pouvez-vous, alors que vous êtes instruits sur ces sujets, le croire !
    A contrario des autres pays, favoriser la production intermittente en France favorise les émissions des CO2 car les seules solutions de lissage sont des centrales au Gaz ! (les STEP étant là pour lisser le nucléaire) et l'hydroélectrique étant un outil de régulation aussi mais avec d'autres règles environnementales à respecter.
    Le principal (>80%) est nucléaire et si la consommation des ménages continue d'augmenter (et dès que l'industrie sortira de la crise) le gain de l'éolien sera absorbé... car au final il ne représentera pas plus de 5 à 10% de la production.
    Bref, il faudrait favoriser tout d'abord les économies (réduction du gaspillage et isolation des habitations) puis les sources "à la demande" basées sur la biomasse (géothermie, bois-énergie, méthanisation...) et généraliser la cogénération !
    De plus ces sources sont bien plus efficaces (en particulier en terme de durée de fonctionnement moyen et de rendement)... la France a même de l'avance sur ces sujets et cela pourrait créer beaucoup d'emplois locaux non délocalisables alors que l'éolien (et en une moindre mesure le photovoltaïque) ne créent presque pas d'emploi en France en comparaison...
    Donc stop à la bulle spéculative créée par les subsides octroyées par les contrats d'achats qui fabriquent des mercenaires ne cherchant qu'à revendre les permis de construire obtenus en flouant les populations locales !
    Le commentaire parle d'un milliard pour ITER qui est une recherche de pointe internationale sur un sujet d'avenir à horizon lointain... alors que RTE va aussi investir plus d'un milliard rien que pour augmenter sa capacité de transport électrique à cause de tous les "petits" producteurs éoliens et photovoltaïques ! donc encore des lignes hautes tensions quand il ne sera pas économique de faire de l'enterré... tout cela pour presque rien la plupart du temps (mais comme EDF doit racheter le courant produit même quand elle n'en a pas besoin... c'est fort).
    Je ne suis pas contre ces deux modes mais uniquement en régions isolées, consommé sur place et sans obligation de rachat par EDF. Le mieux étant des syndicats communaux d'électrification avec toutes les retombées locales (pas les miettes données par les promoteurs et encore quand ils ne sont pas remboursés par l'état... euh je veux dire nous encore...).
    Ce rapport risque de plus de favoriser les ZDE (Zone de "Densification" Eolien... permettez moi la transformation)... et j'ai "la chance" de me trouver pile au milieu d'une qui devrait donc à terme accueillir environ 200 éoliennes !!!! mon village sera sacrifié et mon seul espoir est donc de faire déplacer la population vers un éco-quartier construit dans une zone territoriale raisonnée où les services publics existeront... le progrès réel ! le montant de cela ne serait qu'une toute petite partie des subsides des promoteurs (qu'hélas ce sont les contribuables qui vont payer... donc je suis contre et cela tourne en rond !)... donc stop à l'éolien, et promotion absolue des autres sources...

  • Bonjour,

    Votre réquisitoire contre l'éolien et le solaire ne tient pas car il omet, et je pense volontairement au regard du niveau des remarques, d'intégrer plusieurs paramètres et contre-exemples en argumentation.
    C'est à dire que votre cas, certainement légitime, biaise un peu la réflexion.
    Qui ne serait pas contre 200 éoliennes devant chez lui, ou contre une colline toute bleue anthracite. Mais je vous rappelle que personne non plus ne souhaite avoir des cheminées de refroidissement sous les yeux, sans compter les risques technologiques non négligeables liés.

    Enfin le propriétaire de ce blog, ainsi que la plupart ici, ne disent pas autre chose que ce que vous dites, à la différence près que nous cherchons des alternatives cohérentes qui laissent place à toutes les énergies si l'on décide enfin à penser l'aménagement territorial dans sa globalité.

    Les brésiliens pourraient vous dire que l'éolien a répondu à leurs besoins.

    Pourquoi ne pas mieux gérer la biomasse et l'hydraulique pour éviter d'avoir recours aux usines à gaz ?

    Serait-on dans cette situation aujourd'hui si l'on avait pas centralisé la production d'électricité là où on aurait pu gérer les implantations en fonction des besoins, en évitant le recours aux THT aériennes dans tous les sens ?

    Les surcoûts liés à l'enfouissement des nouvelles lignes HT n'auraient-ils pas été moindres si au lieu de 400 km de transport entre centrales et clients il n'avait fallu que 200 km ? Que représentent 100 M€ / 200 Mds € d'investissement pour l'EPR ?

    Nous n'allons pas miser que 1 Mds € sur ITER, qui est un projet commun à plusieurs pays et dont les potentielles retombées positives seront à partager, vu que çà en a coûté déjà 100 fois plus. Et puis faut-il vous rappeler quels sont les risques liés aux dites expériences ? Enfin, sur ce sujet comme pour le nucléaire, impute t-on tous les investissements en recherche au coût réel du kWh nucléaire produit ?

    Quel coût et à quels risques pour les populations auront le démantèlement des centrales quand on voit le dossier de Brennilis en Bretagne ? Un « confinement sûr » sur place sous un mausolée ou sarcophage est impossible, pour des raisons rappelées par la seconde commission d’enquête en 2010 : - Le sol et sous-sol ne sont pas sûrs à long terme (faille sous le réacteur) et « la nappe phréatique affleure en certains points du site et baigne l’enceinte réacteur une partie de l’année » (...)

    Qu'allons nous faire de tous les déchets radioactifs (pas seulement ceux liés à l'exploitation) quand on voit qu'Areva cherchait il y a peu à refourguer aux cimentiers Français 150 000 t de déchets en provenance d'Éthiopie ?...

    Les européens du nord qui vont dans le sens de ce que vous dites, n'en abandonnent pas pour autant l'éolien et le solaire.

    Pourquoi ?

    Parce que tous font le pari que nous pourrons profiter à court/moyen terme des nouvelles technologies de stockage à bon marché.

    Comme le nucléaire en son temps, le solaire a besoin de fonds et de soutiens ponctuellement pour être en mesure d'effectuer son évolution tout en structurant son réseau.

    Abandonner à l'Asie centrale ces technologies, comme on l'a déjà fait dans les années 80 avec l'industrie est suicidaire, d'autant comme on vient de le voir dans de récents rapports, que les Coréens et Chinois commencent à proposer des centrales nucléaires 2 fois plus rentables, car moins coûteuses, que les Françaises. Sont-elles moins sûres pour autant ? Rien n'est moins sûr quand on regarde les récentes fuites sur les rapports internes des cadres supérieurs d'EDF.

    Allons nous continuer à tout miser sur notre intelligence supérieure ?

    Que finira t-il par nous rester en France ? Des doux rêveurs tout juste bons à faire rire le touriste... et des valeurs culturelles à échanger ?

    Bref, comme souvent il n'existe pas de vérité absolue mais des axes de travail pour trouver des solutions aux problèmes avérés ou supposés en devenir, pour ne pas faire les autruches ou donner des battons pour se faire battre.

    Bien à vous

  • Nb :

    Pendant que nous ergotons à l'infini sur la couleur du crottin il convient de rappeler que les Chinois viennent de miser des 100ènes de Mds $ dans les renouvelables, que les US ont emboité le pas, et qu'aucun des 2 n'abandonne ses solutions nucléaires pour ne pas devenir dépendant des supérieurs frenchies.. qui ont réponse à tout mais ne sont presque nul part à terme, fiers de leurs certitudes et acharnés des stratégies vieilles de 50 ans.

  • HARO sur le climat !!!

    Au moins quelques temps de tranquillité, sans mes interventions oiseuses ; j’ai réservé ces heures à l’apprentissage du madarin ( Bonjour Socrate)…… encore quelques mois et je serai totalement bilingue…. ,
    beaucoup de choses se décantent sur les nano-technologies en ce moment ( bonjour Eliana, plusieurs émissions sur les nano-technologies, la semaine prochaines, je crois .... sur France 5 ….) ,
    LIBERATION,de ce jeu 1er Avril, consacre ces 1ères pages au climat (…….BIEN ) et au dernier opus de Cl. Allègre consacré au sujet et aux diverses polémiques ayant secoué notre bel abri la Terre ces derniers temps (……..PAS BIEN)
    Je n’ai même pas envie de citer le titre de son bouquin, évitant ainsi de faire de la pub à tous ces dangereux mabouls de climato-sceptoques
    (Je ne l’ai même pas fait exprès , mais ça sonne mieux avec la faute , non ??)
    Je voulais trouver un GROS BOBARD À BALANCER CE SOIR À TABLE POUR FÉTER CETTE BONNE VIEILLE NIAISERIE DE 1ER AVRIL mais je n’ai pas trouvé….

    Bon allez trèves de billevesées….. la sociologie du droit attendrait-elle après ma réintégration......... j’arrête définitivement ( !) les points de suspension………………………………cette drogue est trop forte, les effets ........trop dévastateurs……………………………
    virginie gavalda-deix

Les commentaires sont fermés.