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OGM AMFLORA : la Comission européenne responsable de la pomme de terre de discorde ?

ogm pomme de terre.jpgLa Commission européenne est-elle responsable de l'autorisation de nouveaux OGM ? Pas si sûr...Il se peut que la stratégie de la Commission soit plus complexe et plus politique. Elle a manifestement choisi de mettre les Etats au pied du mur...

Reprenons. Par un communiqué de presse en date du 2 mars 2010 (ci dessous) la Commission européenne a annoncé l'autorisation de mise en culture d’Amflora dans l’Union européenne à des fins industrielles et d’utilisation de produits dérivés de l’amidon d’Amflora en tant qu’aliments pour animaux. La Commission a également annoncé avoir autorisé l'utilisation dans l’alimentation humaine et animale, l’importation et la transformation des maïs génétiquement modifiés MON863xMON810, MON863xNK603 et MON863xMON810xNK603.

Depuis, les critiques se sont multipliées contre la Commission, accusée d'être à la solde des marchands d'OGM. Certes, le président de cette Commission est l'auteur de déclarations favorables à ces produits. Toutefois, les vrais responsables sont autres.

Il faut rappeler que dans le circuit de décision d'autorisation de mise sur le marché ou de mise en culture des OGM, la décision revient au Conseil des ministres de l'Union européenne. Or, ces représentants des Etats s'entendent toujours pour....ne rien décider et laisser le sale boulot à la Commission. Le communiqué de presse de la Commission le rappelle d'ailleurs trés justement: "Les États membres n’ayant pu se prononcer, dans le cadre du Conseil, pour ou contre ces décisions à la majorité qualifiée, les dossiers ont été renvoyés à la Commission pour décision".

Or, la Commission refuse d'assumer les responsabilités des Etats à leur place. Dés l'instant où elle ne dispose que de l'avis - toujours - favorable de l'EFSA - elle choisit d'autoriser. Mais soyons clairs, il appartenait aux Etats d'assumer un choix clair.

Par ailleurs, le communiqué de presse de la Commission est trés intéressant en ce qu'il démontre qu'elle a choisi de mettre les Etats au pied du mur et en face de leurs responsabilités. Elle va en effet présenter "d’ici l’été une proposition visant à laisser aux États membres plus de latitude pour décider de cultiver ou non des OGM". Catastrophe! Les Etats vont donc devoir clairement si oui ou non ils autorisent ou interdisent la culture d'OGM. Plus possible de se retrancher derrière l'avis de la Commission. Flûte...

D'une certaine manière c'est la stratégie de la clause de sauvegarde française (moratoire MON 810) qui est reprise à son compte par la Commission : ce sont bien les Etats qui sont responsables de la présence d'OGM dans nos campagnes et nos assiettes et demain, cela se verre encore plus.

Sur ce point, le Ministre français de l'Ecologie a bien compris l'enjeu en saisissant immédiatement le Haut Conseil des Biotechnologies d'une demande d'avis sur ces OGM. Trés bonne idée. La preuve ? BASF, l'heureux producteur de la pomme de terre Amflora, a annoncé ne pas destiner son produit au marché français. La raison ? "BASF n'a pas prévu, à ce jour, de la proposer aux industriels français et souhaite tenir compte des particularités et des demandes de chaque pays".

Vivement l'été prochain.

Communiqué de presse de la Commission européenne

La Commission annonce une proposition visant à laisser aux États membres le choix de cultiver ou non des OGM et adopte cinq décisions concernant des OGM

La Commission européenne a annoncé aujourd’hui son intention de présenter d’ici l’été une proposition visant à laisser aux États membres plus de latitude pour décider de cultiver ou non des OGM. Dans le cadre juridique actuel, arrêté par le Conseil et le Parlement européen, la Commission a adopté aujourd’hui deux décisions concernant la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora: la première autorise la culture d’Amflora dans l’Union européenne à des fins industrielles et la seconde porte sur l’utilisation de produits dérivés de l’amidon d’Amflora en tant qu’aliments pour animaux. La Commission européenne a également adopté aujourd’hui trois décisions concernant la mise sur le marché de trois produits contenant du maïs génétiquement modifié destinés à être utilisés dans l’alimentation humaine et animale, mais pas pour la culture. Les cinq OGM autorisés ont été examinés avec la plus grande attention, de sorte que les préoccupations exprimées au sujet de la présence d’un gène marqueur de résistance aux antibiotiques ont été pleinement prises en compte. La décision d’autorisation de culture d’Amflora marque la fin d’une procédure entamée en Suède en janvier 2003 et repose sur une somme considérable de connaissances scientifiques rigoureuses.

Le commissaire à la santé et à la politique des consommateurs, John Dalli, a indiqué: «L’innovation responsable, tel sera mon principe directeur en matière de technologies innovantes. Après un examen complet et approfondi des cinq dossiers OGM qui étaient en attente, il m’est apparu évident qu’aucune nouvelle question scientifique n’avait besoin d’être analysée plus avant. Toutes les questions scientifiques, notamment sur le plan de la sécurité, ont été scrupuleusement examinées. Tout ajournement de décision aurait vraiment été injustifié. La Commission européenne remplit son rôle de manière responsable en prenant ces décisions, qui se fondent sur plusieurs analyses de sécurité menées au fil des ans par l’Agence européenne de sécurité des aliments (l’EFSA). En parallèle, nous avons entamé aujourd’hui une réflexion sur la manière d’allier un système d’autorisation européen à la liberté de décision des États membres en ce qui concerne la culture des OGM.»

Conformément aux orientations politiques du président Barroso, énoncées en septembre 2009, il a été demandé à M. Dalli de présenter d’ici l’été une proposition décrivant la façon dont un système d’autorisation européen, reposant sur des bases scientifiques, peut être combiné à la liberté de chaque État membre de décider s’il souhaite ou non cultiver des OGM sur son territoire.

À la suite d’une procédure complète d’autorisation, engagée en 2003, et compte tenu des nombreux avis scientifiques favorables, la Commission a décidé d’autoriser la pomme de terre Amflora. Cette pomme de terre génétiquement modifiée doit servir à la production d’amidon convenant à une utilisation industrielle (par exemple, la production de papier). Cette technologie innovante contribue à optimaliser le processus de production et à économiser des matières premières, de l’énergie, de l’eau et des substances pétrochimiques.

La décision prévoit des conditions de culture strictes afin d’éviter que des pommes de terre transgéniques ne soient laissées dans les champs après la récolte et que des graines d’Amflora ne soient répandues accidentellement dans l’environnement. Les produits dérivés de l’extraction d’amidon utilisés comme aliments pour animaux font l’objet d’une autorisation complémentaire.

La Commission européenne a également adopté aujourd’hui trois décisions autorisant l’utilisation dans l’alimentation humaine et animale, l’importation et la transformation des maïs génétiquement modifiés MON863xMON810, MON863xNK603 et MON863xMON810xNK603.

Ces trois produits de maïs génétiquement modifiés ont reçu un avis favorable de la part de l’EFSA et sont passés par l’intégralité de la procédure d’autorisation établie dans la législation de l’Union européenne. Ces produits sont issus du croisement traditionnel de deux ou trois maïs génétiquement modifiés, à savoir les MON863, NK603 et MON810, dont l’utilisation dans l’alimentation humaine et animale, l’importation et la transformation sont déjà autorisées dans l’Union européenne.

Les États membres n’ayant pu se prononcer, dans le cadre du Conseil, pour ou contre ces décisions à la majorité qualifiée, les dossiers ont été renvoyés à la Commission pour décision.

La présence d’un gène marqueur de résistance aux antibiotiques dans l’amidon de pomme de terre génétiquement modifiée et les trois produits de maïs transgéniques a été examinée avec la plus grande attention. L’EFSA a analysé la question et a émis un avis favorable distinct le 11 juin 2009.

Les autorisations sont valables pendant dix ans.

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Commentaires

  • Monsanto a deja essayé en 1998 de lancer sur le marché européen une patate transgenique : c'est l' affaire des " pommes de terre maudites " en Grande-Bretagne, bien expliquée dans le " Monde selon Monsanto" de Marie-Monique Robin. J' ai verifié la plupart des 469 references scientifiques ou politiques , données dans ce livre excellent qui montre le vrai visage de Monsanto, le plus gros pollueur chimique de la Planete. Les OGM de Monsanto, Syngenta ou BASF, c'est un vrai desastre ; le Professeur Gilles-Eric Seralini de l' Université de Caen a demontré largement qu' il y a des risques graves pour la santé, la fecondité, etc.. BASF est tres bon pour la Chimie, les plastiques , les explosifs et les pesticides, mais pour la nourriture animale avec sa patate OGM , il ne vaut rien ! Barroso et la Commission ont eté largement arrosés par le lobby Monsanto et les semenciers mondiaux, et ne sont plus credibles ; d' ailleurs la majorité des 27 Etats membres ont refusé les OGM en bloc, quand Barroso a voulu supprimer la clause de sauvegarde sur le mais MON 810 : un camouflet cinglant pour Barroso, qui aurait du etre viré illico ! C' est Sarko qui lui a sauvé la peau ..
    L' Europe doit interdire les OGM meme en alimentation animale : soja, mais, etc..En France on importe des millions de tonnes de ces OGM pour nourrir les poulets , les cochons ou les veaux ; rien qu' a Brest on achete 650 000 tonnes de soja OGM , via la Societé Cargill le numero 1 mondial des semences, racheté par Monsanto pour 1,4 Milliards de dollars, alors qu' on pourrait acheter au Bresil du soja naturel bien meilleur !Ce soja naturel n' a pas besoin de glyphosate "Roundup" fabriqué par Monsanto en quantités enormes. Cette boite ne s' interesse qu' au profit en millions de dollars sous pretexte de lutter contre la faim dans le Monde

    Michel GUEGUEN
    Ingenieur-Chimiste
    michela.gueguen@wanadoo.fr

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