Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Pesticides : l'INRA brise un mythe

 

pesticides_940x705.jpg

L'INRA vient de publier une étude qui fera date dans l'histoire de l'agriculture

. Elle va sans doute contribuer à une meilleure application d'un engagement phrare du Grenelle de l'environnement : réduire de moitié les produits phytosanitaires d'ici 2012. Ce faisant, l'INRA brise le mythe d'une agriculture qui ne pourrait se dispenser de produits chimiques pour satisfaire à la demande alimentaire.

 

L'étude Ecophyto R&D peut être consultée ici. Le communiqué de presse qui a accompagné sa publication précise :

 "Dans les limites inhérentes à la méthode et aux données utilisées, les travaux montrent qu’une réduction de l’ordre de 30% du recours aux pesticides à l’échelle nationale serait possible avec des changements de pratiques substantiels, mais sans bouleversement majeur des systèmes de production, et avec des effets sur les niveaux de production et les marges variables selon les secteurs de production et les niveaux de prix. En grandes cultures, qui représentent la majorité des surfaces et de l’utilisation des pesticides, les marges seraient peu ou pas touchées dans le contexte de prix de 2006, mais une baisse de production d’environ 6% serait observée."

 

Voilà qui est clair : la réduction du recours aux produits phytosanitaires peut se faire "sans bouleversement majeur des systèmes de production".

Un objectif de la loi Grenelle 1. Il importe de rappeler que l'objectif de réduction du recours aux phytosanitaires est désormais inscrit dans la loi depuis la promulgation de la loi du 1er août 2009 de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement.  

 

L'article 28 de cette loi dispose :

"L'objectif est, d'une part, de retirer du marché les produits phytopharmaceutiques contenant les quarante substances les plus préoccupantes en fonction de leur substituabilité, trente au plus tard en 2009, dix d'ici fin 2010, et, d'autre part, de diminuer de 50 % d'ici 2012 ceux contenant des substances préoccupantes pour lesquels il n'existe pas de produits ni de pratiques de substitution. De manière générale, l'objectif est de réduire de moitié les usages des produits phytopharmaceutiques en dix ans en accélérant la diffusion de méthodes alternatives sous réserve de leur mise au point. Un programme pluriannuel de recherche appliquée et de formation sur l'ensemble de l'agriculture sera lancé au plus tard en 2009, ainsi qu'un état des lieux de la santé des agriculteurs et des salariés agricoles et un programme de surveillance épidémiologique. Une politique nationale visera la réhabilitation des sols agricoles et le développement de la biodiversité domestique, cultivée et naturelle dans les exploitations. La politique génétique des semences et races domestiques aura pour objectif de généraliser, au plus tard en 2009, le dispositif d'évaluation des variétés, d'en étendre les critères aux nouveaux enjeux du développement durable et d'adapter le catalogue des semences aux variétés anciennes. Un plan d'urgence en faveur de la préservation des abeilles sera mis en place en 2009"

La morale de l'histoire. Ce qui est intéressant dans cette affaire tient à ce que l'expertise scientifique suit la décision politique. C'est bien le législateur, à la suite du Grenelle de l'environnement qui a fixé le cap. L'expert est intervenu ensuite pour décliner l'objectif ainsi défini.  

C'est aussi là un résultat positif du Grenelle de l'environnement qui contribue ainsi à ce que la protection de l'environnement soit moins une affaire d'ingénieurs et plus une affaire de citoyens. A noter, le communiqué de presse du Ministère de l'Ecologie précise que "la réduction des pesticides est une demande forte des citoyens".

 

 

 

 

 

Lien permanent Pin it! Imprimer 2 commentaires

Commentaires

  • sentant le vent tourner, l'inra retourne sa veste vite fait: aprés avoir fait l'apologie depuis des années de l'utilisation des pesticides, elle pétend maintenant qu'ils sont non seulement dangereux mais en plus qu'on peut s'en passer. comme l'afssa il est le jouiet des grandes compagnies mondiales qui pesent de tout leur poids sur nos gouvernements et nos organimes "indépendants"

  • "la réduction des pesticides est une demande forte des citoyens",il serait plus juste de dire" de certains citoyens".
    Pour ce qui est de la réduction des pesticides de 30%,il faudrait savoir si on parle de "diminution de 30% de la dose homologuée"car dans ce cas précis les réductions sont pratiquées pour de nombreux produits et cela depuis plus de 15 ans!!!

Les commentaires sont fermés.