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Thon rouge : annexe 1 ou annexe 2 ?

Tuna.jpgLe Gouvernement devrait prendre position, cette semaine, sur l'interdiction de la pêche et/ou de la commercialisation du thon rouge dont les stocks s'épuisent. Posons la question suivante : le meilleur moyen d'obtenir une inscription du thon rouge à l'annexe 1 de la CITES est-il de militer pour une inscription à l'annexe ....2 ?

Tout d'abord, pour lire un décryptage juridique de cette affaire, c'est ici : http://bit.ly/7wkE0p

Au sein du Gouvernement, le débat oppose ceux qui, comme Jean-Louis Borloo, militent pour une inscription du thon rouge à l'annexe 1 de la Convention CITES, à ceux qui, comme Bruno Le Maire, souhaitent distinguer l'interdiction de la pêche à celle de la commercialisation et inscrire cette espèce menacée à l'annexe 2 de ladite Convention.

La plupart des écologistes milite pour une inscription rapide à l'annexe 1. La plupart mais pas tous. Je vous conseille lire ce communiqué de presse de Robin des Bois. La position exprimée est originale mais très intéressante. En résumé, cette association pense que le meilleur moyen d'arrriver à une inscription du thon rouge à l'annexe 1 est.... de l'inscrire à l'annexe 2. Il s'agit d'un postulat de départ qui n'est pas dénué de fondement.

Pour Robin des Bois, une inscription à l'annexe 1 a peu de chances d'aboutir. De plus, la menace d'une inscription à l'annexe 1 peut entraîner des pratiques de surpêche trés préjudiciables. Difficile de nier ce risque. Par ailleurs, l'association rappelle aussi, certainement à raison, que la pire des solutions serait, pour la France, d'encourager l'Union européenne à militer pour une inscription à l'annexe 1.... différée pendant 18 mois (par exemple). Ce délai ne serait pas celui des études mais celui du massacre.

Le problème est stratégique et se pose sans cesse aux ONG : faut-il mettre la barre haut au risque qu'elle ne soit jamais atteinte ou militer pour une politique des petits pas au risque d'aller trop lentement faute de mettre sufisamment la pression ? La réponse n'est jamais simple.

Le risque de la position prise par Robin des Bois est politique. Nombre de responsables politiques auront du mal à défendre, en raison ici de la pression du Japon et des pêcheurs, une position qui serait interprétée comme conforme au souhait des ONG. En clair, si les ONG défendaient toutes la stratégie de l'annexe 2, la pêche du thon rouge risquerait de se poursuivre encore longtemps. La position de Robin des Bois est donc aussi intéressante en ce qu'elle est originale et plus complémentaire que contraire à celle généralement défendue.

A titre personnel, je pense que la pire des solutions serait en effet que la France puis l'Union européenne prennent position, à Doha, lors de la Cop15 CITES pour une inscription différée du thon rouge à l'annexe 1. La position la plus courageuse serait de militer pour une inscription trés rapide à l'annexe 1. Reste qu'entre une inscription à l'annexe 1 et rien du tout, mieux vaut une inscription à l'annexe 2. Reste aussi qu'il est à mon sens encore un peu tôt pour s'engager pour cette seconde solution. Il faut sans doute attendre le début de la Cop15 en gardant l'annexe 2 dans la manche, en dernier recours. 

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Commentaires

  • @ Arnaud Gossement
    Intéressant décryptage des enjeux liés à l'inscription à l'une ou l'autre des annexes de la CITES.
    Je cite votre billet dans celui que je publie sur le sujet :
    http://lescriptorium.wordpress.com/2010/01/19/thon-rouge-la-position-francaise-stagne-entre-deux-eaux/
    Cordialement

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