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Copenhague : l'organisation mondiale de l'environnement en débat

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J'ai récemment écrit un article pour Terra Eco intitulé "L'urgence radicale d'une organisation mondiale de l'environnement". Celui-ci a suscité certaines réactions dont certaines m'ont été adressées par mail. Merci à leurs auteurs. Le débat est nécessaire sur l'OME comme sur tout autre sujet. Les réponses qui suivent n'engagent que moi. Elles témoignent d'un point de vue, pas d'une vérité scientifique. Je résumerai mon idée ainsi : l'enjeu écologique ne peut plus être géré au niveau international par le seul marché ou l'OMC. Il doit avoir une réponse démocratique qui peut être cette OME.

A Copenhague, l'important c'est les chiffres.

Il est évidemment essentiel que les Etats présents à Copenhague concluent un accord ambitieux, tant sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que sur les financements innovants et additionnels pour l'aide des plus pauvres à l'adaptation au changement climatique.

Reste que l'histoire est remplie d'accords ambitieux jamais appliqués. A quoi servira l'accord de Copenhague si aucun mécanisme n'est prévu pour en assurer le respect ? A rien. On me répond qu'il faut donc se placer dans le cadre du protocole de Kyoto. Sauf que ce protocole n'a pas été ratifié par les plus grands pollueurs et, malgré des objectifs trés modestes (5% de réduction pour 38 pays entre 2008-2012 par rapport à 1990), il n'a pas enrayé un dérapage des émissions de GES. Le protocole de Kyoto ne peut être une référence en matière d'accord juridiquement contraignant. Sans compter que le marché carbone n'est sans doute pas la panacée.

Je pense au contraire que le marché ou des négociations technocratiques ne sont pas la bonne réponse. Il faut moins de bureacratie et plus de démocratie : la réflexion sur l'OME peut y contribuer. L'enjeu de Copenhague est aussi un enjeu démocratique.

L'OME est un non sujet dans les négociations de Copenhague.

Voici sans doute l'argument le plus entendu. Un peu conservateur aussi : "le système actuel de négociations ne veut pas se réformer, alors ne le réformons pas". En réalité, à cet argument, on peut en opposer deux autres au moins.

Primo, le réchauffement climatique lui-même était un non sujet pour les Etats-Unis il y a un an, tout peut changer. Deuxio, la négociation n'a pas commencé. Certes les groupes AWG (LCA et KP) ont élaboré des projets d'accords à tiroirs truffés de crochets et d'options. La négociation ne se joue cependant pas dans ces groupes à fonctionnement technocratique mais entre chefs d'Etat et de Gouvernement, que ce soit au sein du Conseil européen ou au moyen de rencontres bilatérales (USA/Inde, USA/Chine, France/Brésil etc...). Les vraies négociations commenceront la semaine prochaine avec l'arrivée des Chefs d'Etat ou de gouvernement et pour l'instant, personne absolument personne ne sait ce qui sortira de cette rencontre historique par son importance. Libération a ainsi récemment révélé que les USA pourraient présenter un objectif de réduction des émissions de GES de 33% en 2030 base 1990.

L'OME est un non sujet à Copenhague ? Nul n'en sait rien. Ce qui est certain est que ce projet faisait consensus au sein du mouvement écologiste et qu'il serait tragique que la position de Nicolas Sarkozy vienne semer la division en son sein.

L'OME risque de bloquer les négociations de Copenhague.

Voici sans nul doute l'argument le plus faible de tous. Ce qui bloque aujourd'hui les négociations climatiques tient au jeu de cache cache auquel se livre les Etats. Pourquoi ce jeu ? Parce que chaque Etat attend de l'autre qu'il s'engage en premier et craint pus que tout que l'autre ne s'engage pas vraiment. Aucun Etat n'a envie d'être le dindon de la farce

Le principe d'une OME peut donc être la clé d'une négociation réussie. Ce mécanisme peut être de nature à rassurer les Etats sur le fait que les autres seront bien contraints de respecter leurs engagements. Juste un point encore : si l'on s'interdit de soutenir un argument au seul motif qu'il n'a pas déjà été discuté : toute nouvelle idée est elle interdite dans la négociation ? J'espère que non, sinon Copenhague est un jeu de dupes, où tout serait écrit d'avance.

L'OME ne peut donc pas bloquer les négociations de Copenhague, a fortiori parce qu'il n'est question que d'inscrire son principe dans l'accord. Au pire, l'OME restera un non sujet, c'est tout. Au mieux, Copenhague ne sera pas qu'un exercice rhétorique.

Peut-on être favorable à l'OME alors que Nicolas Sarkozy a repris cette idée à son compte ?

J'avoue que cette question ne devrait même pas se poser à un homme ou une femme libre. L'idée d'une OME a été portée par le mouvement écologiste avant d'être reprise par Jacques Chirac, alors Président de la République, dans son discours prononcé au sommet de Johannesbourg. A titre personnel, je soutenais ce projet d'une OME comme celui d'un code mondial de l'environnement, comme bien d'autres, avant qu'il ne soit mentionné dans le plan justice climat de Jean-Louis Borloo, je continuerai de le faire. L'OME n'est pas devenue automatiquement une mauvaise au seul motif que Nicolas Sarkozy en parle.

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Commentaires

  • Arnaud,
    PROMIS, JE VAIS ESSAYER DE FAIRE SOBRE (Vive la sobriété....... choisie, heureuse !!!!? ........stop) ,de ne m'en tenir qu'à l'essentiel de ce qui préoccupe actuellement mon esprit tordu : une partie non négligeable de ce dernier est en effet rivé sur le Sommet de Copenhague et la nouvelle Gouvernance,à souhaiter, le nouveau modèle de société que cette conférence devrait préfigurer….
    Suivant l’ordre de vos priorités actuelles (et qui devrait être celui de tout individu , normalement constitué ) , puisque vous l’avez mis en1e sur votre blog se trouve Copenhague et plus précisément l’idée d’une Organisation Mondiale de l’Environnement
    Sur le site du « Courrier de la planète » http://www.courrierdelaplanete.org/55/article1.php, Daniel C. Esty, qui n’est ni prof , ni juriste ( ?) (mais peut-être , les 2….)
    mais directeur du « Center for Environmental Law and Policy, de l’Université de Yale » a écris un article très intéressant , sur ce sujet, critiquant la fragmentation des institutions et le caractère décousu des réponses apportées aux problèmes environnementaux majeurs
    La création d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME) pourrait éclairerait , selon lui, l’horizon institutionnel.
    Jouant sur les mots (?......jamais) , je dirai que celle-ci contribuerait très certainement , à éclaircir un paysage environnemental , de plus en plus obscur.
    Enfin peu importe me direz-vous, le principal finalement n’est-il pas, effet de mode ou pas , que l’Avenir de notre planète soit enfin entre nos mains (même s’il l’était déjà bien avant Copenhague et même avant Kyoto ) ou tout du moins qu’il y ait vraiment prise de conscience.
    Vous critiquiez la faible part accordée aux juristes lors de ces négociations, j’espère bien que les Politiques (Û la crème des Politiques, le grattin……) sauront saisir l’opportunité qui s’offrent à eux aujourd’hui à Copenhague de commencer à repenser sérieusement le système.
    Si Sarkozy veut que son quinquennat soit marqué par l’empreinte de la création de cette OME, grand bien lui fasse ! Ce sera SA pyramide du Louvre ou SON Musée du Quay Branly ……
    Je ne sais si , ce qui sortira de Copenhague, ne sera finalement que la concrétisation, par un accord juridiquement contraignant, d’un nouveau modèle de développement
    mais un nouveau monde est en marche, non...... J'ESPÈRE ?
    Virginie gavalda-deix
    DIFFICILE …………..LA SOBRIÉTÉ……..j’ai pris de la place sur votre blog. Désolé , tanpis… j’avais juste dis que j’essayerai………

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