Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Enfouir le CO2, miracle ou mirage ? (Métro)

CSC afp.gif

Le journal gratuit Métro vient de publier un article sur le captage et le stockage dans lequel votre serviteur est cité. Merci à Anne Aël Durand, auteure de l'article. (photo AFP)

Le captage et stockage de carbone pourrait limiter les gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La technique reste controversée

Le CSC pourrait limiter l’impact des installations fortement émettrices de gaz à effet de serre

Pour rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère, pourquoi ne pas le bloquer à la source ? C’est le principe du captage et stockage de carbone (CSC), une option  technique développée dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. 

“A court et moyen terme, c’est la  solution. On n'a pas d'autre alternative technologique pour les vingt ans qui viennent”, selon Philippe Freyssinet, Responsable du département énergie durable et environnement à l’Agence nationale de la recherche. 

La première étape consiste à récupérer le CO2 émis par les centrales à charbon, cimenteries ou raffineries. Ce captage est réalisé avant ou après combustion, parfois à l’aide de solvants. Des techniques  encore très coûteuses (entre 60 et 100 euros la tonne) et elles-mêmes consommatrices d’énergie.

"Les technologies pourront baisser jusqu'à 50 dollars, explique Philippe Freyssinet. Le CSC pourra se faire si la tonne de CO2 se négocie à 50 dollars. Actuellement, elle ne dépasse pas 15 dollars.” Des contraintes d'émissions plus fortes, discutées à Copenhague, pourraient faire monter rapidement les prix sur le marché carbone. Des pays comme l'Inde et la Chine, fortement dépendants du charbon, pourraient être intéressés par ces solutions pour limiter leurs émissions.

Après le captage se pose le problème du transport (par gazoduc ou voie maritime) et surtout du stockage. Le sous-sol doit être apte à piéger le CO2 de manière durable, sans qu'il remonte en surface.  Trois types de réservoirs sont envisagés : les gisements de pétrole et de gaz épuisés, les veines de charbon non exploitées ou les aquifères salins, des nappes d’eau profondes impropres à la consommation. 

Les capacités de stockage sont encore difficiles  évaluer, mais elles peuvent être estimées entre 1 000  et 10 000 milliards de tonnes. Chaque année, 30 milliards de tonnes de CO2 sont rejetées dans l'atmosphère. Des lieux de stockage sont déjà mis en place à Sleitner, en Norvège, et à El Salah, en Algérie. Total a un projet à l'étude sur le site de Lacq, en Aquitaine.

“Les risques n’ont pas été évalués”, déplore Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement et avocat des associations de Lacq. Il craint notamment des fuites en surface, les risques d’explosion et d’acidification des sols. “On engage des fortunes pour une technologie pas mûre. De plus, le captage et stockage de CO2 diffère le problème et risque de l'aggraver, en légitimant l'usage massif du charbon.”

 

Lien permanent Pin it! Imprimer 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.