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Capture et stockage du carbone : oui au naturel, non à l’artificiel ! (FNE)

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A quelques semaines d’un accord mondial sur le climat à Copenhague, les difficultés à s’accorder sur des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre suscitent un grand intérêt pour des solutions palliatives. Parmi elles, la capture et le stockage artificiel souterrain de CO2, qui va faire l’objet cette semaine du 3ème Colloque International à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Selon l’ADEME, c’est une « filière prioritaire parmi la grande panoplie actuelle des filières vertes ». Réaction de FNE.

Le dossier de presse peut être téléchargé ici.

Stockage artificiel du carbone : une nouvelle usine à gaz ?

Des expérimentations d’enfouissement de carbone sont en cours sur le territoire français, alors même que leur coût énergétique est considérable, leur efficacité inconnue et les risques de fuites sous-estimés. Ces techniques visent à capturer le CO2 émis par des sites pétroliers ou industriels pour l’injecter en sous-sol. Elles font d’ores et déjà l’objet de subventions publiques faramineuses ; 26 millions d’euros contre seulement 4 pour l’éolien et la géothermie.

Sébastien Genest, président de FNE, s’inquiète : « Investir dans des technologies coûteuses et encore balbutiantes relève de l’irrationnel face à l’urgence climatique actuelle. » Arnaud Gossement, porte parole de FNE, ajoute : « Mettre du carbone sous le tapis ou dans un grand trou ne permet pas de réduire nos émissions mais simplement de différer, voire même d’aggraver le problème. Observons la nature plutôt que ces mirages industriels».

Stockage naturel du carbone : économe et efficace

Sur terre comme en mer, la nature ne manque pas de ressources. Les océans et les végétaux absorbent chaque année la moitié de nos émissions de gaz à effet de serre. Le carbone est stocké partout : 39 000 Gigatonnes dans les océans, 1 560 dans les sols, 610 dans la biosphère. Favoriser ce stockage naturel est donc la solution la moins coûteuse et la plus efficace rapidement.
Mais en l’état actuel, on estime que cette capacité arrivera à saturation en 2050. La restauration des milieux naturels et de leur fonctionnalité apparaît donc comme une priorité stratégique.

Préserver et améliorer le stockage naturel du carbone : une priorité climatique

Les forêts primaires tropicales sont aujourd’hui détruites, principalement pour alimenter l’économie des pays industrialisés, contribuant ainsi pour 18% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour Grégory Jean, chargé de mission forêt internationale à FNE : « Les pays industrialisés doivent assumer leurs responsabilités dans ce désastre annoncé. Aujourd’hui financièrement rentables, ces filières ne tarderont pas à prouver la pleine mesure de leurs coûts écologiques, climatiques et humains. »

Les politiques actuelles visent à aligner la production forestière sur le modèle de l’agriculture intensive. Pour Juliette Fatus, chargée de mission forêt à FNE : « Privilégier une exploitation respectant les capacités du milieu reste une valeur sûre, à la fois économiquement et écologiquement, pour préserver l’un des premiers puits de carbone de notre territoire. »

Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE, ajoute : « L’agriculture de Haute Valeur Environnementale, qui laisse une place à la nature et utilise peu d’intrants est en première ligne pour répondre au défi du changement climatique. »
Limiter l’étalement urbain et l’artificialisation des sols, qui grignotent l’équivalent d’un département tous les 10 ans et empêchent le stockage naturel de carbone par les sols, est une priorité incontournable.

Favoriser le stockage naturel de carbone par les sols est un choix gagnant à tous les niveaux. C’est ce qu’explique François Lefèvre, chargé des questions forestières à FNE : « favoriser ce stockage naturel de carbone par les sols, c’est augmenter leur teneur en matière organique, intensifier leur activité biologique, donc améliorer leur capacité de rétention des eaux et ainsi la résistance des écosystèmes face aux agressions climatiques. C’est gagnant pour la réduction de l’effet de serre et gagnant pour l’adaptation ! ». La Nature offre des solutions simples qu’il appartient à l’Homme de suivre, non de détruire.

Réduction des émissions - capture et stockage naturel : le duo gagnant

Pour FNE, la réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à la sobriété énergétique doit rester la priorité. Préserver et restaurer le potentiel naturel des écosystèmes à capter et stocker le carbone par des choix politiques durables et responsables est aujourd’hui la seule stratégie gagnant-gagnant : pour le climat, pour la biodiversité et pour l’homme.

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Commentaires

  • A lire aussi dans le JDLE
    CO2: capter plus, stocker plus, pour émettre (virtuellement) moins

    05/11/2009 14:06
    Le captage et stockage du carbone constitue-t-il la limite à ne pas franchir en matière de politique énergétique? Il réduit l’efficacité énergétique des installations qui en sont dotées, incite à consommer les énergies fossiles facilement disponibles restantes, sans parler des risques… Pourtant, l’accélération du déploiement de cette technologie incertaine est bel et bien dans les cartons.
    Lire la suite :


    http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=2104&idThema=6&idSousThema=32&type=JDE&ctx=291

  • Vision "scientifique" du stockage :
    http://pubs.usgs.gov/fs/2008/3097/pdf/CarbonFS.pdf

    l'article se termine par :
    The CCSP models illustrate the widely held view that sequestration is necessary but insufficient to control atmospheric CO2. Stabilizing atmospheric CO2 is likely to require substantial changes in energy sources and use as well as carbon management. Many of these changes will likely have significant, long-lasting impacts on land, water, and ecosystem resources.

  • Y'a t-il un risque de séisme dût à la CSC?

  • @Albert
    Il y a toujours un risque, des risques. Le tout est de le(s) connaitre, de mettre tout en place pour éviter qu'un accident se produise.

  • Evidemment qu'il est nécessaire de poursuivre des politiques de séquestration naturelle du CO2, ainsi que des politiques d'efficacité énergétique, mais je pense que vous condamnez bien trop vite une technologie qui est train de faire ses preuves à l'échelle internationale, sans trop d'encombres. Cette technologie se justifie pour une bonne raison au moins: c'est le seul moyen de permettre aux pays en développement, dont nous savons qu'ils continueront à émettre du CO2 dans l'atmosphère pour répondre à une croissance énergétique particulièrement forte, de se développer (en particulier le secteur de l'électricité) en respectant les impératifs de lutte contre les changements climatiques. Je rappelle encore deux choses:
    _ les pays en développement (Inde, Chine et pas seulement) nous le savons, utiliseront massivement les énergies fossiles durant encore quelques décennies, c'est une réalité. Or ils n'ont pas d'engagements contraignants au titre du Protocole de Kyoto qui les obligerait à atteindre un objectif précis de réduction d'émission et à orienter leur politique en ce sens. Dés lors, sans CSC, ils peuvent émettre sans compter, du moment que cela sert leurs intérêts nationaux;
    _ Nous (la France, pays développés et en développement) avons souscrit à l'objectif de limiter l'augmentation de la température à la surface du globe d'ici 2050 de 2°C. La technologie de CSC pourrait contribuer à hauteur de 20% aux efforts globaux de réduction des émissions .
    Les énergies renouvelables et les méthodes de stockage naturel de CO2 ne pourront à elles seules soutenir la forte demande énergétique mondiale qui s'annonce. Il ne s'agit plus de choisir entre les énergies mais de faire en sorte qu'elles se complémentent le mieux possible. Dés lors, plutôt que de condamner cette solution, faisons preuve de réalisme et mettons tous ensemble en place un cadre juridique axé sur la prévention des risques, des responsabilités adéquates et une large participation du public.
    A l'appui de mes propos, voir les publications de l'Agence internationale de l'énergie à ce sujet http://www.iea.org/subjectqueries/ccs/what_is_ccs.asp

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