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Droit de l'environnement - Changement climatique - Energies renouvelables

Pollution de la réserve naturelle de Coussouls de Crau : une affaire de communication ?

crau.jpgManifestement, la pollution de la réserve naturelle de Saint Martin de Crau, consécutive à la rupture d'un pipeline, a été sous estimée. Manifestement, la conduite des travaux n'a pas été la plus pertinente de telle sorte que les associations, dont FNE, ont eu raison de s'inquiéter de ce que le remède peut aggraver le mal.

L'AFP nous apprend en effet aujourd'hui que la pollution aurait touché la nappe phréatique. En réalité, ce qui surprend dans cette affaire qui a tristement marqué cet été 2009 tient à ce que nous soyons complètement dépendants du service communication de la société exploitante (SPSE) pour être informés de la situation sur place.

Pour l'heure, nous ne disposons pas d'une quelconque expertise de la catastrophe et de l'état du site qui serait réalisée par l'administration ou un organisme tiers indépendant. Etrange.

La manière dont les travaux sont conçus et conduits demeure assez peu connue malgré des "visites de presse" organisées sur place. En réalité, cette affaire devient aussi une affaire de communication et c'est assez dommage. Il serait préférable de savoir si les procédures applicables à cette réserve naturelle, également classée Natura 2000, sont respectées, si les constats indispensables à l'instruction judiciaire du dossier ont bien été réalisés etc.... Personnellement, je ne me satisfais pas de dépendre de la communication de l'auteur du drame.

AFP : Pipeline rompu dans la Crau: la nappe phréatique est touchée

MARSEILLE - La Société du pipeline sud-européen (SPSE) dont une conduite s'est rompue début août dans la réserve naturelle nationale de la Crau, provoquant une importante pollution aux hydrocarbures, a reconnu lundi que la nappe phréatique était touchée.


"Des signatures (traces) en hydrocarbures sur certains des piézomètres (instruments de mesure installés autour de la zone polluée, ndlr) ont pu être relevées", a indiqué dans un communiqué la société qui appartient à plusieurs groupes pétroliers dont le français Total.

"Une campagne de prélèvements et d'analyses faite sur les puits et captage d'eau potable à proximité ne révèle aucun signe de pollution", a ajouté la SPSE qui compte déterminer la part de pollution de la nappe qui lui est "imputable" et pourrait mettre en oeuvre un protocole de traitement de la nappe "en cas de pollution avérée".

Des analyses doivent également mesurer les impacts éventuels sur la faune et la flore.

Ce communiqué a été publié à la suite d'une visite de presse organisée lundi par la SPSE sur le chantier de dépollution. La rupture d'un pipeline avait entraîné le 7 août le déversement de 4.000 m3 de pétrole dans la réserve.

Selon une première estimation effectuée en août, les travaux de dépollution consistent à retirer 36.000 tonnes de terre sur cinq hectares touchés, avec une rotation d'environ 1.500 camions. Mais un volume de terre supplémentaire "très significatif" devra encore être retiré, la pollution ayant été, par endroits, plus profonde qu'initialement estimé, a précisé la SPSE dans le communiqué.

Ces annonces interviennent alors que des associations de défense de l'environnement ont accusé lundi la société de procéder à "une dépollution qui accentue le désastre écologique" causé par la rupture du pipeline.

Ces associations "redoutent que la priorité pour SPSE soit juste de remettre le pipeline en état de marche au plus vite", selon un communiqué signé notamment par France Nature Environnement (FNE), l'Union régionale du Sud-Est pour la sauvegarde de la vie, de la nature et de l'environnement (URVN) et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

Elles réclament une réunion urgente avec tous les acteurs concernés pour établir un cahier des charges sous tutelle de l'Etat, un suivi du chantier de dépollution et une analyse sur l'état des canalisations qui traversent la Crau.

Selon elles, "la circulation se fait de manière désordonnée" sur le chantier et "les engins roulent et écrasent végétaux et animaux sur plus de 13 hectares de milieu naturel protégé" alors qu'"aucune voie d'accès n'a été définie en accord avec la réserve naturelle".

La SPSE a répondu à ces accusations dans son communiqué tout en reconnaissant quelques dérapages par rapport au protocole de dépollution retenu: il a fallu agir, selon elle, "dans une grande urgence" pour éviter une extension de la pollution par pénétration dans le sol et via des épisodes pluvieux.

La société assure avoir mis en place "le maximum de mesures de protection et aujourd'hui il y a un plan de circulation très strict, avec une seule voie de passage", a expliqué une porte-parole.

"Les camions entrent par convois, les pistes de circulation ont été réduites, on les arrose pour éviter les soulèvements de poussière", a-t-elle poursuivi, assurant que la SPSE travaille en totale concertation avec les responsables de la réserve.

 

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