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Climat : Menons la bataille du climat, pas de la communication ! (FNE)

css.jpgCommuniqué FNE - jeudi 9 juillet 2009

Des engagements internationaux flous, Des engagements nationaux insuffisants.

Pas d’accord au Forum des économies majeures mais accord au G8 sur un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Réaction de FNE.

« L’accord du G8 sur le climat ne peut pas être l’arbre qui cache la forêt. Méfions-nous des effets de manche : ce n’est pas une bataille de communication mais la guerre contre le dérèglement climatique qu’il faut mener. Cet accord ne peut pas masquer les désaccords persistants entre Etats qui sont autant d’embûches sur la route de Copenhague. » s’inquiète Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement.

Pas d’accord au MEF. Les 17 pays les plus pollueurs du monde, réunis mardi soir lors d’une réunion préparatoire au Forum des Economies Majeures, ont renoncé à l’objectif de 50% de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990.

Sauf surprise, la déclaration qui sera publiée aujourd’hui jeudi 9 ne comportera que l’objectif d’un maximum de +2°C de réchauffement.

Accord a minima au G8. Même si les dirigeants du G8, dont le sommet s’est ouvert hier, ont manifesté une volonté d’engagement apparemment forte, beaucoup de travail reste à faire pour une mobilisation conjointe des pays développés et des pays émergents.

La volonté affirmée par les pays du G8 de parvenir au moins à une division par 2 des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990 et une réduction de plus de 80% des émissions des pays industrialisés n’est que le minimum vital et sera probablement insuffisante pour atteindre l’objectif des 2°C. « Les dirigeants se félicitent des progrès réalisés mais ceux-ci sont encore symboliques. L’année de référence pour les réductions d’émission n’est pas fixée avec précision [1] ce qui enlève beaucoup de leur sens aux objectifs. Il n’est pas non plus fait mention d’objectifs intermédiaires à l’horizon 2020 : on déclare des ambitions, mais qu’en est-il des moyens de s’y tenir ? » s’interroge Arnaud Gossement, porte parole de France Nature Environnement.

Des engagements nationaux insuffisants. Un article, publié dans la revue Nature[2] de juillet 2009, fait le point sur tous les engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les résultats sont catastrophiques. Dans le meilleur des cas, les politiques actuelles de tous les pays aboutiraient à plus qu’un doublement des émissions mondiales en 2050… très loin de l’objectif minimal de -50% ! Cette projection alarmante relève à la fois de la responsabilité des pays émergents et de celle des pays développés.

En effet, les engagements des pays émergents n’aboutiraient qu’à une réduction de 4% de leurs émissions en 2020 par rapport au scénario « sans politiques climatiques ». Ceci est très loin des besoins estimés par le GIEC qui préconise une réduction de 15 à 30% en 2050 par rapport au scénario « sans politiques climatiques ».

Les pays développés sont également responsables. A l’heure actuelle, leurs engagements n’aboutiraient qu’à une réduction de 8% à 14% de leurs émissions en 2020 par rapport à 1990, alors que le GIEC estime nécessaire une réduction de 25 à 40% en 2020 !

Parlons des moyens, pas uniquement des objectifs. Les pays du G8 sont à la fois les plus riches et les responsables historiques des émissions : ils doivent assumer, c'est-à-dire débloquer les moyens nécessaires. L’Agence Internationale de l’Energie rappelle que les besoins d’investissements sont importants (400 milliards par an) et que « beaucoup reste à faire ». Rappelons que lors de la réunion du 18 juin, les ministres des finances de l’Union Européenne ont repoussé à l’automne les modalités concrètes concernant les financements nécessaires pour soutenir les pays en développement dans la lutte contre le changement climatique. S’ils veulent vraiment affirmer leur volonté et rassurer les pays émergents, les membres du G8 doivent débloquer immédiatement les premiers moyens.

Balayons devant notre porte. Dans ce contexte, l’accord sur les 2 °C est un progrès… Mais il restera illusoire et sans fondement tant qu’il n’y aura pas d’objectifs chiffrés crédibles pour la réduction des émissions. Il faut prendre en compte les responsabilités de tous. Pour que les pays émergents s’engagent, il faut que les pays industrialisés se fixent des objectifs véritablement à la hauteur des enjeux à la fois sur leurs émissions, sur leurs politiques nationales et sur les financements nécessaires. En clair, l’Europe doit aller plus loin : plus de réductions et de l’argent sur la table !

L’urgence d’une nouvelle gouvernance. Le mode de gouvernance actuel sur la question climatique montre ses limites. Face à l’urgence et à la gravité de la situation, il faut dépasser la personnification et la mise en scène des débats pour parvenir à un accord qui préserve les biens communs de l’humanité. La mobilisation des citoyens et le rôle des associations qui s’en font le relai doivent être renforcés.
 
[1] http://www.g8italia2009.it/static/G8_Allegato/G8_Declaration_08_07_09_final,2.pdf
Article 65 : “… compared to 1990 or more recent years.”
[2] « Halfway to Copenhagen, no way to 2°C », J. Rogelj et al., in Nature Reports Climate Change, Vol 3, July 2009.

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Commentaires

  • Bonjour ...

    De ce communiqué ... Je retiendrais particulièrement le "balayons devant notre porte" ( même si je ne vis plus en Europe)...

    je citerais un article d'un juge .... qui parle de la perte affolante de biodiversité en Europe :
    http://www.telos-eu.com/fr/article/biodiversite_ce_que_peut_faire_l_europe
    Si l’Europe se montre impuissante face à la destruction de la nature sur son territoire, comment alors prêcher aux autres pays la tempérance en matière de développement économique ? L’échec en la matière, en dehors du désastre écologique qu’il représenterait, nous enlèverait toute crédibilité internationale sur le sujet. Nous ne pouvons dénoncer les conditions d’exploitation de la forêt équatoriale que si nous sommes nous-mêmes capables de prendre des décisions parfois difficiles pour concilier développement économique et préservation de la nature.

  • "La mobilisation des citoyens" : OUI, entièrement d'accord sur ce point, mais pose la question du comment amener CONCRETEMENT les citoyens de tous les pays à se mobiliser en changeant leurs comportements ?? Et vu le nombre de milliards que nous sommes, cela va prendre des années ... Pourtant tout ne réside pas dans l'argent publique, dans un modèle Top-Down.
    A quand des ingénieurs pour inventer une voiture solaire dont le toit serait fait de paneaux photovoltaïques, parfaitement adaptée pour une majeure partie du monde, à quand une généralilsation des taxis collectifs dans nos pays du Nord, à quand le papier hygiénique recyclé et non-blanchi car définitivement non-réutilisable, tout cela aussi trivial soit-il, demande une nouvelle conception de nos modes de vie. Sommes nous prêts ???

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