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A831 : une nouvelle autoroute de la discorde et des contradictions

LPO sud ouest inauguration.jpgAu nombre des projets d'autoroute en cours d'étude figure l'A831 qui doit relier Fontenay le Comte à Rochefort en traversant le Marais Poitevin. Au lendemain du Grenelle de l'environnement, on pourrait s'attendre à ce que ce projet soit rangé dans un tiroir...oui mais voilà son élaboration est antérieure au Grenelle...Conformément au compromis négocié en octobre 2007, les projets anciens ne sont pas automatiquement oubliés.

C'est peu dire que le Marais Poitevin, coincé entre le fief de Ségolène Royal et celui de Philippe de Villers est l'objet de batailles intenses, qu'il s'agisse de l'A831 ou du projet de création d'un Parc naturel régional qui est pour l'instant encore à l'état de projet.

Rochefort, c'est non seulement le point d'arrivée de l'A831 mais c'est aussi le siège de la Ligue pour la protection des oiseaux. La LPO vient d'inaugurer ses nouveaux locaux en présence de Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno, Dominique Bussereau et même Ségolène Roal.

A cette occasion Jean-Louis Borloo a donné un entretien au journal Sud Ouest que je reproduis ci dessous car il est intéressant. Le Ministre de l'Ecologie fait en effet l'exposé de toutes les contradictions qui caractérisent le Marais Poitevin. L'Etat n'est en effet pas le seul acteur du dossier. Les élus locaux se déchirent à leur tour sur l'avenir de ce territoire qui abrite l'une des plus grandes zones humides d'Europe passablement malmenée par des années d'agriculture intensive.

Je vous recommande sur ce point la visite du site de la Coordination pour la défense du Marais Poitevin et, notamment, la lecture du dossier de presse du 11 juin 2009, relatif aux problèmes de labellisation de ce territoire.

Morale de l'histoire : même avec le titre de Ministre d'Eat et de n°2 du Gouvernement, le Ministre de l'Ecologie ne peut pas décider de ce qu'il pense en son fort intérieur. Il ne faut pas oublier que lorsque les associations font la liste des projets "grenello incompatibles", certains de ces derniers sont soutenus sur place par des élus de droite comme de gauche ainsi que par bien d'autres acteurs politiques et économiques locaux. Tel est le cas pour le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes ou l'autoroute A 65 Pau Langon.

Autre intérêt de l'article : le rôle de la LPO. La LPO est non seulement une très belle et ancienne association (dont je suis adhérent !) mais aussi un opérateur de la biodiversité qui gère des réserves naturelles ainsi qu'un Expert.

D'où l'intérêt évident de lui confier une mission d'évaluation des impacts environnementaux de l'A831 pour que l'on y voie enfin clair. Une pratique qu'il serait trés utile de généraliser dans le domaine de l'expertise des grands projets.

A visiter : le site de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)  A lire notamment le communiqué d'annonce de l'inauguration du 19 juin qui fait état de tous les efforts de la LPO pour éco concevoir son siège et l'activité de l'association.

La suite : l'article de Sud Ouest

SUD OUEST : JEAN-LOUIS BORLOO ET LE DOSSIER DE L'A 831. En inaugurant les nouveaux locaux de la LPO, il confirme la mission d'expertise

« Plutôt contre... »

«Instinctivement, je suis plutôt contre », a lâché hier Jean-Louis Borloo en petit comité après que le gros des troupes de micros se fut calmé. Il parlait, bien sûr, de l'A 831, ce fameux dossier qui était dans toutes les têtes des parlementaires, à défaut d'être sur leurs lèvres.

Sujet un peu délicat quand on inaugure un lieu consacré à la défense de la nature, le ruban de bitume qui doit relier Rochefort à Fontenay-le-Comte se devait pourtant d'être évoqué publiquement, pour une raison toute simple : c'est justement à la Ligue pour la protection des oiseaux que le ministre a promis de confier la mission d'expertiser l'impact environnemental de l'autoroute.

Et de préciser sa pensée : « Je suis pour la défense de l'unité du Marais poitevin. Je pense donc que l'autoroute pose un problème. Mais on est en démocratie. Il faut donc écouter tous les avis. Nous sommes ici, à Rochefort, dans un lieu où se trouvent les meilleurs experts qui soient sur le plan environnemental. Il est donc logique que je leur confie cette mission de déterminer l'opportunité de l'autoroute. Sans faire de pronostic sur le résultat. »

Nombreuses contradictions

Chaque mot pèse dans cette affaire qui tient en haleine - depuis des mois - les élus du département et les habitants de la plaine d'Aunis et du sud-Vendée. Certains parlementaires avaient d'ailleurs annoncé qu'ils attendaient du ministre une réponse claire aujourd'hui. Ils ne l'ont pas eue.

Jean-Louis Borloo a louvoyé intelligemment entre les attentes des élus du département.

« Je peux parler librement puisque je suis probablement le plus précaire d'entre vous. C'est ça, la vie d'un ministre (1). Aujourd'hui, ici, on a besoin de confiance et de vérité. Nous avons dans les dossiers qui vous concernent de nombreuses contradictions, même si elles sont soutenues de totale bonne foi. Vous me dites tout le bien que vous pensez des transports maritimes mais vous m'exprimez votre rejet du terminal méthanier dans l'estuaire. Moi non plus, je ne suis pas d'accord avec ce projet. Les élus veulent le désenclavement, donc le tronçon autoroutier, et je les comprends. C'est leur rôle. Un tronçon qui doit traverser une zone extraordinaire. Et, dans le même temps, on me demande la labellisation du Marais poitevin (qui souffre d'un problème de mitage) en Parc régional. Tout cela est très complexe. Dur de concilier les positions des uns et des autres ».

On l'aura compris. Le ministre savait qu'il était attendu au tournant et avait soigneusement préparé ses réponses pour ne pas s'engager trop dans un sens comme dans un autre. Quelles informations a-t-il véritablement délivré ?

1. Oui, il missionne la LPO pour expertiser l'autoroute mais sans préjuger des conclusions.

2. Non, il n'a rien contre la labellisation du Marais poitevin mais il considère que la charte élaborée n'est pas satisfaisante parce que le territoire ciblé ressemble trop à « un gruyère ».

3. Non, il ne veut pas, lui non plus, du terminal méthanier au Verdon.

4. Le marais de Brouage ou golfe de Saintonge a été classé en site naturel dans la semaine. Les céréaliers devront aller semer ailleurs.

(1) Un remaniement ministériel est annoncé pour la semaine prochaine.

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