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Biodversité : combien coute un hérisson ? Un moucheron ?

herisson.jpgComme vous le savez, Bernard Chevassus-au-Louis a remis hier, à Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet et Chantal Jouanno un rapport relatif à l'approche économique de la biodiversité".

Je me permets de vous indiquer que j'ai publié une petite tribune sur le site de RUE 89, appellée, non sans esprit de provocation : quel est le prix d'un Hérisson ? La réponse est évidemment : un hérisson n'a pas de prix, surtout pour une personne qui milite dans une association dont le hérisson est le logo.

Ci dessous une dépêche AFP intéressante sur le rapport de Bernard Chevassus au Louis :

AFP  : Dis, combien ça vaut un moucheron ?

PARIS - Une prairie humide, un insecte, un micro-organisme: donner un prix à la biodiversité peut être un outil précieux enrayer son érosion, mais il serait illusoire - et réducteur - d'envisager une "unité de compte" similaire à la tonne de CO2 pour le climat.

Dans un rapport rendu public mercredi, le Centre d'analyse stratégique (CAS) souligne la nécessité d'évaluer les services rendus par le "tissu vivant de la planète" pour mieux le protéger.

Mais, contrairement au réchauffement climatique, qui est un phénomène global - une "tonne équivalent carbone" émise par une usine de charbon en Chine a le même impact que celle émise par un élevage bovin en Argentine - l'érosion de la biodiversité est locale et donc infiniment plus complexe à valoriser.

Pour le CAS, il est "illusoire de vouloir définir un indicateur unique rendant compte de tous ses aspects" d'autant que la biodiversité ne peut être conçue "comme la simple addition de gènes ou d'espèces: ce sont les interactions entre ces éléments qui sont essentiels".

Eléphant, baleine ou panda, la perception de la biodiversité "repose encore aujourd'hui sur des espèces emblématiques de grande taille, facilement observables, mais qui constituent plutôt l'exception que la règle au sein du vivant", note le rapport, qui insiste sur l'importance de la "biodiversité ordinaire".

Pour Bernard Chevassus-au-Louis, qui a présidé le groupe de travail, il ne faut jamais perdre de vue les "besogneux anonymes" qui sont l'essentiel de la biodiversité: micro-organismes, insectes, etc...qui font la fertilité des sols, la production primaire dans les océans ou encore la captation du gaz carbonique dans les forêts.

Le Centre d'analyse stratégique reste prudent sur la question - sensible - de la compensation, à l'instar de ce qui existe pour le CO2, où il est possible, grâce à la mise en place d'un marché du carbone, d'acheter des "droits à polluer".

S'ils jugent utile de donner une valeur monétaire à la biodiversité pour lui conférer "une plus grande lisibilité", les auteurs mettent en garde contre une utilisation dévoyée de cette "valeur-étalon".

"Le fait que le juge accorde une indemnité parce qu'une erreur médicale a privé la victime d'un rein ne signifie pas que le rein est une marchandise qui peut faire l'objet d'un échange", note le rapport.

"Il ne faut pas confondre monétarisation et mercantilisation", résume Bernard Chevassus-au-Louis. "Ce n'est pas parce qu'on dit +cela vaut tant+, que l'on autorise la transaction".

Pour Christophe Aubel, directeur de la Ligue Roc, cette distinction est essentielle. "Il faut éviter la tentation de s'en tenir au raisonnement: + donnez-nous des prix pour qu'on puisse payer les dommages quand on fait des infrastructures et continuer comme avant+", explique-t-il.

"La révolution verte suppose que l'on donne au vivant, non pas un prix comme pour un baril de lessive, mais une valeur à la fois juridique, éthique et économique", estime en écho Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE).

L'économiste indien Pavan Sukhdev a lancé une vaste étude sur "L'économie des écosystèmes et de la biodiversité". Son rapport final, attendu en 2010, ambitionne d'être l'équivalent du rapport du Britannique Nicholas Stern sur le coût du changement climatique, publié fin 2006.

(©AFP / 29 avril 2009 18h06)

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Commentaires

  • technocratie, bureaucratie, theoecolocratie... dommage que la recherche à tout prix - l'invention- de concepts nuise au fond. C'est ce qui arrive quand on part du resultat (postulat que la nature rend des services spontanés) et qu'on cherche des instruments pour y arriver. On apprend plus en voyant un hérisson à l'envers(mâle ? ;-)) pour la première fois...

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