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New deal écologique, vert ou green ?

Pour les amoureux des mots et des expressions qui font florès, l'écologie est un terrain de chasse privilégié. Régulièrement, une expression, un slogan ou simplement un mot apparaît, envahit les discours et les ondes et provoque l'adhésion de toutes et tous.

Ainsi, le "développement durable" ou "soutenable" a-t-il connu un succès sans précédent à tel point que le seul vocable de "durable" est conjugé à chaque instant. Même des voeux ou des amitiés se devoient désormais d'être "durables", le mieux étant qu'ils soient de plus "équitables", sans oublier d'être dans le même temps "responsables".

La bataille des mots n'est pas anodine. Elle présuppose des enjeux commerciaux ou politiques qui peuvent être trés lourds. Ainsi, les producteurs de "biocarburants" ont ils gagné une première manche grâce à une OPA sur le terme "bio", comme, par le passé, une célèbre marque de yahourts. Aprés un moment d'hésitation, les écologistes ont alors répliqué en recourant à l'expression "agrocarburants", "agrofuel" ou même "nécrocarburants". Voilà qui doit régaler les publicitaires qui savent l'importance de ces joutes verbales pour convaincre et susciter des comportements types.

A l'heure actuelle, c'est sans conteste autour de cette idée que l'écologie n'est plus l'ennemie de l'économie que s'opère un concours de création d'expressions censées illustrer ce mariage. On ne parle plus de "nouvelle économie" - trop connotée depuis l'effondrement des espoirs suscités par les "jeunes pousses" de l'internet. Mieux vaut parler d'"économie circulaire" comme dans le pacte écologique de Nicolas Hulot, d'"éco économie" (comme à FNE), d'"économie positive" (comme Be Citizen, cabinet de consultants) ou bien encore d'"écolonomie" qu'emploie aussi Jean-Louis Borloo.

Il est bien entendu possible d'opérer des variations et de remplacer "économie" par "croissance". On aura alors une croissance "durable"ou "verte" dés l'instant qu'elle ne soit pas quantitative mais "qualitative".

Mais tout cela : c'est déjà du passé. Aujourd'hui, l'iportant est de parler : de "New Deal". Incontestablement, l'idée de Franklin Roosevelt pour mettre un terme à la crise économique, doit désormais permettre de résoudre une trimple crise : économique, écologique et financière.

Dans son discours prononcé le 26 octobre 2007 en clôture des travaux du Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy a eu du flair : "Notre ambition c'est d'être en avance, d'être exemplaire. La France a plaidé à l’ONU en faveur d’un New Deal économique et écologique planétaire. La France ne peut pas espérer que son appel sera entendu si elle ne s’impose pas à elle-même l’exigence la plus forte. Comment devenir un exemple, si on n'est pas capable de s'appliquer à soit les règles qu'on voudrait voir retenues par les autres ?"

Rappelons que ce discours est intervenu au terme du "Grenelle de l'environnement" qui a fait des petits : "Grenelle de l'insertion", "Grenelle de la presse", "Grenelle de l'énergie" et même "Grenelle de l'estuaire de la Seine". Chacun doit aujourd'hui "grenelliser" pour prendre des décisions "grenello compatibles".

Un "new deal écologique et planétaire"..... En réalité, comme le rappelle l'excellente revue en ligne "Green univers", "C’est d’abord l’éditorialiste et écrivain Thomas Friedman, champion des formules de choc, qui a lancé ces mots dans un édito de son journal, le New York Times, dès janvier 2007". Le "Green new deal" est donc né outre atlantique et fait aujourd'hui un malheur partout dans le monde, à droite comme à gauche et chez quasiment tous les économistes. On retrouve cette formule choc dans la bouche de la plupart de nos responsables et candidats qui prônent généralement une "relance écolo" ou une "relance verte" pour encourager, comme Barack Obama, une relance par l'investissement. Bientôt le "Green business" verra le jour grâce au développement des "éco technologies" ou "technologies vertes" et notre avenir est à l'"efficacité énergétique" et à la "sobriété".

En réalité, il y a tout lieu de se féliciter de ce bouillonnement sémantique car il ne traduit pas qu'une mode mais bien une attente trés profonde d'un environnement plus sain et plus équilibré. L'engagement vert du nouveau Président des Etats Unis sera un moteur de ce changement dont il reste à préciser les caractéristiques exactes au milieu des exigences et idées parfois contradictoires des promoteurs de ces concepts.

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