Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Un vent mauvais souffle contre les éoliennes...


Depuis quelques semaines, les attaques contre le développement du secteur éolien se multiplient.

La première stratégie des anti-éoliens fut l'atteinte supposée des fermes d'éoliennes au Paysage. La seconde a résidé dans la diffusion d'informations non contradictoirement établies sur les dangers supposés des éoliennes (bruit, infrasons etc..).

La troisième a consisté a tenté d'alourdir la procédure d'autorisation de ces engins. C'est ainsi qu'au mois de mars 2008, un sénateur a déposé une proposition de loi qui tendait à multiplier les phases de consultation du public avant toute décision.

Un peu plus tard, le Gouvernement lui-même a présenté un projet de décret permettant de qualifier une éolienne d'installation classée, ce qui n'a pas manqué de susciter une réaction trés vive de la part des associations et professionnels du secteur.

Aujourd'hui, c'est l'Institut Montaigne, prestigieux cercle de réflexion composé de décideurs économiques de premier plan, qui publie un rapport remettant en cause les conclusions du Grenelle de l'environnement s'agissant du développement de l'énergie éolienne. Motif invoqué : ça coûte trop cher : "Si les objectifs du Grenelle sont atteints, c'est-à-dire si 25 GW d'éolien sont installés d'ici à 2020, avec une hypothèse de 17 GW de terrestre et 8 GW d'offshore, le surcoût annuel serait égal en moyenne à 1 milliard d'euros sur la période 2008-2020 et dépasserait les 2,5 milliards au-delà de 2020".

Cette analyse est surprenante à plusieurs titres.

Tout d'abord, ce rapport sort à un moment où l'on constate que plusieurs actions sont entreprises de concert pour freiner l'essort de l'éolien. En réalité, chacun sait que la rédaction de la loi de finances et de la loi de Grenelle 2 se joue ces jours ci. L'Institut Montaigne ne se comporte donc pas totalement en institut mais bien en groupe d'intérêt, ce qui n'est absolument pas critiquable en soi mais doit être affiché.
Deuxième remarque : le coût des énergies renouvelables est sans cesse évoqué, celui du nucléaire jamais. Certes les associations écologistes en parlent mais ceux qui détiennent les chiffres demeurent trés discrets. Le coût réel de l'énergie nucléaire pour la collectivité n'est pas connu. Au delà du coût de construction et d'exploitation d'une installation nucléaire de base, il est en effet important de tenir compte de la facture liée au démantèlement de la centrale, à l'extraction et au transport du combustible, aux frais d'intervention en cas d'avis d'incident, aux frais de stockage sur des milliers d'années des déchets radioactifs.
Troisième remarque : si le développement de l'éolien a un coût, pourquoi ne pas le mettre en balance avec le coût environnemental et sanitaire et faramineux de la tonne de carbone produite. Si le coût de la protection de l'environnement est toujours pointé du doigt, le coût de l'absence de protection de l'environnement n'est jamais évoqué.
En conclusion, il ne s'agit pas de refuser le débat, y compris sur le développement des énergies renouvelables mais bien de poser toutes les questions et d'échanger avec toutes les cartes en mains.

Lien permanent Pin it! Imprimer 4 commentaires

Commentaires

  • comme d'habitude votre analyse est très juste.Je veux bien aussi débattre du sujet, mais comment vous je voudrais avoir accès aux données chiffrées de toutes les ressources evoquées.Car effectivement il ne faut pas non plus se lancer dans tout (et n'importe quoi) sans en connaitre tous les effets et impacts. Mais pour cela il faut de réelles comparaisons.Une fois de plus le lobying nuclaire est en force...

  • Ce genre d'étude est effectivement peu étonnante. A l'heure où l'on annonce un second EPR, il est nécessaire d'en justifier l'utilité : - Si demain l'éolien et le solaire prennent la place qu'on leur souhaite, - Si on améliore l'efficacité énergétique et - Si on arrive à faire entrer dans les esprits, la nécessité de la sobriété, Alors la construction de nouvelles tranches apparaitrait purement et simplement inutile... C'est mauvais pour le business. Les amis du pouvoir en seraient tout chagrinés !On se demande parfois si la France cherche vraiment son autonomie énergétique.

  • Je n'arrive pas à trouver le projet de décret relatif au classement des éoliennes en ICPE. Savez-vous s'il est consultable quelque part ?

  • Il s'agit pour l'heure d'un projet de décret qui est soumis par le Ministère à la consultation des acteurs concernés. Vous pouvez vous rapprocher du Syndicat des énergies renouvelables pour en demander une copie dés que celle-ci sera disponible.

Les commentaires sont fermés.