Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Portrait en forme de clin d'oeil

En plein "positive attitude", j'inaugure ici une série de portraits très subjectifs d'hommes et de femmes engagés dans la protection de l'environnement que j'ai pu avoir la chance de rencontrer au sein des associations. Plutôt que de parler de celles et ceux qui me cassent les pieds et dont on parle parfois déjà tant, je préfère diriger le projecteur vers des personnes ou des parcours d'exception qui peuvent servir de modèle et donner envie de se lever le matin pour militer, chacun à sa manière. En tout cas, j'en connais un qui va être furieux par cette initiative. Parions que je vais être bientôt victime de pressions inouïes pour supprimer fissa ce billet. Sébastien Genest fait en effet parti de ces militants sincères et dévoués jusqu'à l'épuisement qui détestent l'exposition. Certes, Sébastien est président de France Nature Environnement, fédération des associations de protection de la nature l'environnement, récemment réélu à l'unanimité, ce qui pourrait gonfler l'égo de beaucoup mais non. C'est ainsi : il ne faut pas parler de lui. Soyons clairs, lorsque notre président bien aimé se trouve en présence de ce terrible prédateur que l'on nomme "journaliste", je ne peux pas manquer de penser à une scène de chasse. J'exagère mais c'est vrai que j'ai rarement croisé un militant qui soit autant soucieux de réflexion, de recul et doué pour le questionnement ou le doute constructif. C'est trés pénible car je suis souvent en désaccord avec lui et toujours contraint de reconnaître qu'il....avait encore raison...diable ! Partons du début : M Genest est passionné par la forêt et ses arbres dont il parle mieux que personne. Allain Bougrain-Dubourg a d'ailleurs pu filmer - chose rare - l'une de ses déclarations d'amour à un arbre qui, je l'espère, sera diffusée. L'amoureux arboricole habite le Limousin dans un endroit au nom imprononçable, ce qui ne facilite pas l'envoi des cartes postales. Aprés des années passées sur le terrain et consacrées à un bénévolat suractif, il gravit les échelons de FNE : pilotage du réseau forêt, CA, bureau puis présidence. Ce parcours est le résultat d'une conception ambitieuse de l'écologie et d'amitiés, sans compter la présence indispensable d'une moitié héroïque et de bon conseil. Au final, la Présidence de Sébastien Genest est de celles qui marqueront les grands moments de la fédération. Il a su anticiper le Grenelle de l'environnement et comprendre immédiatement l'enjeu que l'on peut ainsi résumer : le Grenelle ne doit pas être jugé sur le court terme à l'aune du seul contenu des décisions prises ou non. Au contraire, le Grenelle, loin d'être un artifice de greenwashing représente la possibilité de changer la manière même de prendre des décisions. D'où l'importance accordée par Sébastien Genest aux travaux du Groupe de travail n°5 sur la gouvernance et la démocratie écologique, le seul où il ait siégé aux côtés de Sandrine Bélier et Frédéric Deck, trés investis sur ce dossier capital. Quel est le propos ? Le président de FNE évolue au-delà des conceptions trés diverses de l'écologie qui s'affrontent en ce moment et qu'il connaît parfaitement. D'un côté : l'écolopop à la sauce développement durable qui représente une énergie indéniable mais qui oublie parfois de s'intéresser aux causes davantage qu'aux effets. D'un autre côté, l'écolo intello qui enchaîne les colloques sur les mutations de la biodiversité dont le savoir est aussi précieux que mal communiqué, faute de se défaire d'un jargonnage assez impressionnant. Entouré de fins connaisseurs de la chose écologique et d'experts du mouvement associatif (atrocement complexe) comme Christian Garnier (entre Nicolas Hulot et Sébastien Genest sur la photo), un grand monsieur, véritable encyclopédie humaine de tout ce qui se rapporte à la protection de l'environnement et à l'aménagement du territoire, il me semble que Sébastien a le souci de l'idée juste, ce qui présente le défaut de lui prendre un temps fou. L'homme n'a-t-il d'autres défauts ? Rassurez vous : le simple affichage de son nom sur l'écran de votre téléphone portable laisse présager une explosion de forfaits téléphoniques mais c'est ici l'hopital qui se fout de la charité. Aujourd'hui, Sébastien Genest est à la tête d'un mouvement qui se modernise, siège au Conseil écononomique et social et son agenda est noir de ces rencontres avec des responsables politiques et économiques. Un futur notable ? Aucun risque, d'une part pour des motifs familiaux, d'autre part parce que la tâche est immense et qu'il faut éviter le trou d'air post Grenelle. Le devoir d'enthousiasme prêché par Borloo requiert un moral d'acier et une énergie qui ne laissent pas le temps à l'autocongratulation. Dommage d'ailleurs, car les militants passent souvent plus de temps à focaliser sur ce qui ne va pas encore plutôt que sur ce qui a déjà été réalisé. En guise de conclusion provisoire, j'espère simplement vous avoir donné envie de rencontrer un ami. (Photo : réunion finale du Grenelle de l'environnement, octobre 2007, de gauche à droite : Nicolas Hulot, Christian Garnier, Sébastien Genest).

Lien permanent Pin it! Imprimer 2 commentaires

Commentaires

  • Sébastien, c'est bien lui qui est décrit...Merci d'avoir pensé à faire ce portrait.Nelly

  • je sius vraiment ravie de lire votre article et bon courage

Les commentaires sont fermés.