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Biodiversité : la révolution de la compensation


Le terme "révolution" est fort mais correspond bien à la réalité et à l'importance de cet enjeu de civilisation qu'est celui qui s'attache à la protection de notre environnement. Mardi 19 février, la Caisse des des dépôts et consignations a installé, devant la presse et plusieurs figures de l'écologie scientifique et associative, une filiale baptisée "CDC-biodiversité" dotée d'un budget de 15 millions d'euros. Le but poursuivi est de réfléchir au financement de la protection et de la gestion de la biodiversité. Le besoin actuel est de l'ordre de 700 millions d'euros et l'Etat se fait attendre pour en faire une priorité budgétaire. La Caisse des dépôts a donc décidé de créer un instrument de financement qui repose sur l'idée de "compensation". Le concept n'est pas neuf. Déjà la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature précisait que pour tout nouveau projet (route, aéroport, usine etc..), il fallait : prévenir, réduire et, en utime recours compenser les atteintes à la biodiversité. Le principe est donc celui de la prévention et non de la compensation sauf que : lorsque la prévention n'est pas possible, le moindre mal est (peut-être) de compenser. Pourtant cette disposition de la loi de 1976 est restée lettre morte et le volet "mesures compensatoire" des études d'impact est généralement indigent. Faire en sorte que tout porteur de projet dont l'intérêt général aura été admis (pafois à tort) par la société selon les procédures ad hoc (DUP etc..), soit contrait de compenser paraît donc de bon aloi. Fort bien mais qu'est ce que compenser veut dire ? S'agit il de "donner un prix au vivant" comme cela fut expliqué lors du procès de l'Erika ? S'agit-il d'estimer le coût des services écologiques rendus par la nature ? A-t-on le droit ou le devoir de le faire ? Est ce un devoir moral de ne pas donner de prix au vivant ou au contraire d'amener les opérateurs économiques à tenir compte du coût lié à l'absence de protection, la destruction des ressources naturelles ayant un coût certain ? Last but not least : où commence et où s'arrête la compensation ? Peut-on ainsi imaginer la création d'un marché d'échange de titres compensation, sortes de droit à détruire, sur le modèle des marchés d'échanges de permis carbone ? Le champs d'étude est immense et donne le vertige. Il ne s'agit rien moins que de remettre complètement en cause notre manière de concevoir les politiques environnementales depuis des décennies et de repenser la place de l'Etat.

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