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Marais Poitevin : le feuilleton continue

Cette semaine, le projet de création d'un Parc naturel naturel est-il mort ou ressucité ? Encore un feuilleton écologique à suivre et dont la chronique sera tenue sur ce blog. Rappel des faits. Les associations locales de protection de l'environnement se sont mises en colère, lorsqu'elles ont appris, mardi dernier, que le Ministre d'Etat de l'Ecologie rangeait au placard le projet de Charte du Parc. Le Journal Ouest France a en effet mis en ligne, en soirée, le résumé d'une lettre adressée par le Ministre au Préfet de Région, laquelle lettre se serait retrouvée dans les mains du Président du Conseil général de Vendée - hostile au projet de Parc - puis à la rédaction du journal. Coup de fil dés le lendemain de Jean-Louis Borloo à la rédaction de Ouest France pour préciser qu'il n'a pas l'intention d'enterrer le projet de Parc pour faire plaisir à M de Villiers mais de le sauver. En effet, une analyse juridique réalisée par son cabinet démontre que la procédure actuelle d'élaboration est déjà affectée de vices de procédure de telle sorte que la Charte ne résisterait pas à un recours en annulation devant le juge administratif. Conséquence, pour sauver la Charte d'un recours il faut reprendre la procédure. L'affaire tombe mal. Les élus locaux multiplient les déclarations contre le gouvernement en sous entendant que cette décision du MEDAD ne serait pas sans lien avec les rumeurs d'entrée au gouvernement du Président du Conseil général. Bref, au final, si le MEDAD a souhaité sauvé la Charte et donc le Parc, une erreur de communication a fait passer le message inverse. Ce dernier a donc diffusé un communiqué le mercredi aprés midi qui annonce une double concertation, sitôt les élections municipales passées. Non seulement le Préfet de Région recevra les parties prenantes mais le Ministre d'Etat lui-même le fera. Les associations seront donc reçues à l'Hôtel de Roquelaure, ce qui signifie concrètement que le Ministre prend le risque, si la presse est au rendez vous, d'amplifier leur message. Et leur message mérité d'être entendu et écouté : le Marais Poitevin est la deuxième zone humide de France et souffre des ravages de l'agriculture intensive, de l'irrigation et du bitume. Enserré dans un réseau de plus en plus dense de routes et d'autoroutes (projet d'A831), le Marais Poitevin est la victime de joutes politiques entre des figures de la vie publique, de Phillippe de Viliers à Segolène Royal en passant par Jean-Pierre Raffarin. Pendant ce temps, depuis des années, la coordination des associations de défense du Marais poitevin se bat pour rappeler sans cesse qu'une zone humide de cette beauté et de cette importance est essentielle à l'équilibre de notre écosystème. Espérons que ce combat porte ses fruits et que les décisions irrationnelles cessent. A défaut, la France sera une fois de plus condamnée par la Cour de justice de Luxembourg pour n'avoir pas respecté les objectifs de la directive oiseaux. Commençons donc par créer ce Parc qui attend de (re)naître depuis 1997. Cette structure permettra de concilier les trois piliers développement durable : économie, social et environnement. Ce n'est qu'un début mais ce n'est pas si mal. Quelle est la morale de l'histoire ? Il est peu probable que le MEDAD ait souhaité tuer dans l'oeuf le projet de Parc. L'histoire démontre que lorsque l'administration entend faire disparaître une idée sans tambours ni trompettes, elle a toujours intérêt à le faire indirectement en prenant une décision dont on sait qu'elle sera annulée par le juge. Une telle annulation permet alors de différer de plusieurs années toute nouvelle initiative. Par ailleurs, il aurait aussi été trés simple de laisser ce nouveau Parc se créer puis d'en paralyser le fonctionnement. A l'inverse, prendre seul et sans concertation préalable la décision de recaler le projet actuel de Charte était sans doute une erreur. Une chose est sûre : le grand perdant de l'histoire c'est bien entendu le Marais poitevin, ce qui est proprement insupportable. (crédits photo AFP)

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