Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Rapport Attali : le faux procès du principe de précaution

Le rapport Attali ne comporte pas grand chose sur l’environnement mais propose quand même de supprimer le principe de précaution, aujourd’hui inscrit dans notre Constitution. Quelle belle idée ! N’en doutons pas : ce maudit principe est un frein à la croissance, à l’innovation, à l’esprit d’entreprise et à la recherche. Malheureusement, cette ritournelle n’est pas nouvelle et il vaut mieux rire de la caricature ainsi faite du principe de précaution. Ce principe d’intelligence a en réalité pour objet d’inviter le politique à prendre des décisions en situation d’incertitude, c’est à dire lorsque l’expert ne peut lui faire part que de doutes ou de controverses. Loin d’être un appel à l’obscurantisme, la précaution suppose un renforcement sans précédent de la recherche scientifique pour aider le politique à définir ce qu’est un risque acceptable. C’est ainsi que le Gouvernement vient d’appliquer le principe de précaution à un OGM en en interdisant la culture, non sans avoir consulté un comité scientifique et débloqué des fonds pour la recherche sur les biotechnologies végétales. Le principe de précaution n’est donc pas un obstacle mais, bien au contraire, la garantie d’un développement économique responsable envers les générations futures. Les entreprises qui doivent aujourd’hui financer de très lourds travaux de désamiantage regrettent sans doute que l’Etat n’ait pas interdit sans attendre le recours massif à ces fibres mortelles. Les sociétés qui doivent retirer du marché des produits de consommation contenant des substances dont la dangerosité n’a pas été évaluée comprennent sans difficulté l’utilité du principe de précaution. En somme, il est urgent de ne plus focaliser sur le coût de la protection de l’environnement mais de toujours se poser la question du coût – faramineux – de l’inaction. Parlons franchement : la critique du principe de précaution cache mal l’expression d’un conservatisme pour lequel la protection de l’environnement reste une lubie et l’urgence écologique une chimère. Aujourd’hui, grâce au rapport Attali, les choses sont claires et nous avons le choix : d’un côté, un modèle de développement soutenable, négocié lors du Grenelle de l’environnement, qui conçoit l’écologie comme une chance pour notre économie et, de l’autre, un modèle de développement insoutenable qui conçoit l’environnement comme un contrainte et la croissance comme un graal. Seul problème, le Président de la République a promis de suivre les conclusions du Grenelle comme celles du rapport Attali. Beau défi ! Ceci étant, Nicolas Sarkozy vient d'indiquer qu'il assumait quelques désaccords : "Proposer sa suppression au motif qu'il bride l'action repose à mon sens sur une incompréhension".

Lien permanent Pin it! Imprimer 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.