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OGM : fin du premier épisode

Le comité de préfiguration de la future Haute autorité sur les OGM a rendu hier soir, mercredi 9 janvier 2008, un avis sur le maïs MON 810. Il en ressort que le risque sanitaire et environnemental lié à la culture de cette plante génétiquement modifiée est caractérisé par une situation d'incertitude scientifque. Une controverse existe entre experts et des évaluations supplémentaires s'avèrent nécessaires. Le Président de la République a donc désormais toutes les cartes en main pour demander au Ministre de l'agriculture de prendre un arrêté portant suspension de la culture de cet OGM jusqu'à ce que la Commission européenne se prononce sur l'opportunité d'une nouvelle autorisation. Concrètement, dans les heures à venir, le Président de la République devrait annoncer son arbitrage et la clause devrait être publiée puis notifiée à la Commission. Celle-ci devra alors statuer sur sa légalité au regard du droit communautaire. Quel bilan faire de ce psychodrame ? Premier enseignement, sans la participation de FNE et du Crii-gen au sein du Comité, il est bien évident que le sens de l'avis n'aurait pas été le même, ce que personne ne relate dans la presse de ce jour. Rendons donc hommage aux militants comme Frédéric Jacquemart ou Lylian Le Goff, qui, loin des caméras, ont sacrifié la trève des confiseurs pour construire un argumentaire solide sur le doute scientifique. Deuxième enseignement : pendant que l'attention médiatique était focalisée sur la clause de sauvegarde, plus personne ne parlait du contenu du projet de loi qui nous engage pourtant pour les dix années à venir. La décision de retirer le projet de l'ordre du jour du Sénat a donc été salutaire. Tout l'enjeu est désormais de faire évoluer la rédaction du projet de loi avant le 5 février prochain, date à laquelle il sera redéposé au Sénat. Nul doute que les lobbys qui ont le sentiment d'avoir échoué sur la clause auront d'autant plus d'énergie d'arpenter les couloirs du Parlement. Troisième enseignement, si le dossier OGM est d'une importance cruciale pour notre santé, notre environnement et notre économie, il est regrettable qu'il puisse, pendant plusieurs semaines, éclipser tous les autres. L'avancement des travaux au sein du comité opérationnel sur les pesticides, la renégociation de la directive sur les sols, la création prochaine d'un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes, les missions sur la responsabilité des entreprises et les critères de représentativité des associations ne sont pas non plus dénués de tout intérêt. Enfin, il est primordial qu'il n'y ait, dans cette affaire, ni vainqueurs, ni perdants car qui peut croire que l'on fera progresser la protection de l'environnement sans ou contre les agriculteurs ?

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