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La France a enterré un texte essentiel pour la protection des sols


C'est bon, il est trop tard...jeudi dernier, lors de la réunion du Conseil des ministres de l'Union européenne qui a failli tourner au psychodrame, la France a fait partie des 5 Etats qui ont bloqué l'adoption de la proposition de directive pour la protection des sols. Stupeur, colère des 22 Etats qui ont voté pour et des centaines de fonctionnaires de la Commission européenne, de militants qui se sont investis depuis des années pour que le plancher de notre planête soit enfin l'objet d'une législation protectrice à l'instar de l'eau ou de l'air. Tant pis, sous la pression de l'Allemagne qui retoque une à une les propositions de la Commission sur l'environnement, la France s'est alignée. Le malaise de la Secrétaire d'Etat à l'écologie était évident et démontre que la logique de concertation du Grenelle n'a pas découragé l'activisme discret mais trés puissant des groupes de pression qui se moquent éperdument de savoir si nos enfants hériteront d'une poubelle. Le plus navrant est la pauvreté du motif pour lequel la France, au bout de 3 ans de discussion de ce texte, le carbonise : ça coûte trop cher...Au final, Nathalie Kosciusko-Morizet est obligée de justifier dans Libé une position qui n'est, je l'espère, pas la sienne. L'explication est la suivante : la France n'aurait pas voté contre le texte mais se serait simplement abstenue pour lui donner une dernière chance de s'améliorer. Astucieux mais faux. Un vote d'abstention lors d'un Conseil des ministres de l'Union européenne n'a pas de sens : un Etat a le choix entre le vote favorable et le blocage. Pour s'en convaincre il suffit de revoir l'enregistrement vidéo de ladite réunion et de lire sa restranscription, réalisée par une amie bruxelloise :

"Ministre Nunes Correia (Portugal) :
Nous avons fait une nouvelle proposition avec des modifications qui prennnent en comptes les principales objections de certains Etats Membres. Qui n'est pas en mesure d'accepter cette dernière proposition de compromis de la Présidence?
Prennent la parole AT, DE, UK, NL
La France :
Merci M Le Président. Nous apprécions aussi les efforts réalisés et nous trouvons que le texte qui est présenté marque des progrès interessants néanmoins comme je l'indiquait ce matin, le seul problème ne consiste pas à basculer un certain nombre de champs possibles de la Directive de la partie contraignante vers la partie facultative. Nous avons aussi des problèmes méthodologiques notamment dans la façon dont sont menés les analyses dans les sols.
C'est la raison pour laquelle il nous semble pas, en dépit de tous les efforts, encore satisfaisant. Mais il nous semble qu'il consitue une bonne base pour l'avenir.

Le Ministre Protugais à alors conclu que 5 EM ne peuvent pas accepter le compromis et que il y a une minorité de blocage donc il n'y a pas d'accord politique.
" CQFD mais triste.

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