En attendant Borloo… (11 novembre 2010)

1867841220.jpgLa pièce qu’écrit actuellement Nicolas Sarkozy présente au moins un point commun avec celle de Samuel Beckett : comme Godot, on ne sait toujours pas si Borloo va arriver.

Il est toujours amusant d'entendre journalistes, éditorialistes et politologues assurer, mais avec des circonvolutions, qu'ils ont toujours su que Borloo ne serait pas premier ministre. Les mêmes assuraient le contraire il y a quinze jours mais..passons. Si un bilan doit être déjà fait, je pense que Jean-Louis Borloo a, dans l'ensemble, "fait le job".

En réalité, nul ne sait rien mais l'important n'est pas là. L'important est sans doute de savoir ce qui va advenir du superministère de l'écologie et si l'éventuel successeur de l'homme du Grenelle aura les cartes en main pour jouer ce rôle de "vice premier ministre" auquel faisait référence le Pacte écologique de Nicolas Hulot.

A ce sujet, saluons la prise de position de l'animateur d'Ushuaia. Nicolas Hulot a totalement raison de réclamer le maintien voire le renforcement du périmètre actuel du Ministère de l'écologie. Il est indispensable que son hôte conserve le titre de ministre d'Etat, n°2 du Gouvernement avec l'ensemble des directions d'administration centrale qui lui sont aujourd'hui rattachées.

Le plus grand risque est celui d'un décrochage de la direction générale de l'énergie et du climat. Le lobby nucléaire et certains responsables d'EDF militent activement pour ramener cette direction à Bercy et, mieux, pour créer un ministère de l'énergie dédié. Je suis totalement opposé à cette hypothèse. Articuler énergie et environnement a un sens et la mise en oeuvre du Grenelle suppose plus que jamais que les directions de l'urbanisme, du logement, des routes et de l'énergie - notamment -travaillent ensemble.

Par ailleurs, au delà de ces considérations de science administrative, le titulaire du superministère doit avoir le poids politique suffisant, a fortiori si François Fillon demeure à Matignon. Nul n'ignore que la force de Jean-Louis Borloo résidait dans ces deux aspects : d'une part, il avait la possibilité de dialoguer directement avec le Président de la République et d'obtenir directement de lui des arbitrages comme celui relatif au moratoire sur l'OGM MON 810. D'autre part, héritier de la pensée radicale valoisienne, il a ce souci du consensus et du dialogue qui a réussi au grenelle en 2007 de l'avis de tous les acteurs présents à cette occasion. En cette époque de tensions et de montée des populismes, où l'on monte les citoyens les uns contre les autres, j'ai moi aussi l'idée que le dialogue et la recherche du consensus sont choses importantes.

Certes, tout n'a pas été rose - ou vert - durant ces trois dernières années et je suis bien certain que l'ancien maire de Valenciennes sera le premier à l'admettre. Toutefois, le traitement médiatique et politique dont il est l'objet depuis quelques temps n'est pas trés glorieux et surtout contribue à une personnification par le bas du débat d'idées tout à fait regrettable....Il est temps de revenir au fond.

11:44 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : remaniement, borloo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |