Surprise! La gauche et les écologistes s’opposent au péage urbain (Mediapart) (08 mai 2010)

ass nat.jpgLa gauche et les Verts viennent de s'opposer à l'expérimentation des péages urbains. Je remercie Jade Lindgaard, journaliste à Mediapart de m'avoir autorisé à reproduire ci-dessous son article passionnant sur cet épisode trés riche d'enseignements, notamment sur l'évolution de l'approche écologique des problèmes à régler.

 

Premier enseignement : les écologistes ne sont pas tous d'accord entre eux. Paradoxalement, cette mesure - le péage urbain - était soutenu par nombre d'associations lors du Grenelle de l'environnement. Or, les Verts viennent de voter contre. Ils ont indéniablement raison.

Deuxième enseignement : l'écologie ne suppose pas toujours des mesures coercitives. Le péage urbain aurait certainement entraîné des réactions de rejet trés fortes liées à une incompréhension de ce genre de mécanisme. Certes, il faut internaliser les externalités négatives et le tout voiture a un coût environnemental, humain et économique inacceptable. Reste qu'il faut également être pragmatique et trouver des solutions qui soient acceptées par le plus grand nombre. Le débat sur le péage urbain prouve que les Verts et notamment Cécile Duflot, ne militent pas pour des solutions qui ne sont belles sur le papier ou pour toujours plus de taxes et de mesures coercitives.

Troisième enseignement : la complexité. Ces débats sur la loi Grenelle 2 démontrent que tout n'est pas noir ou blanc. Les clivages peuvent traverser les partis politiques sur les questions vertes. Il est logique que les réponses à apporter à la crise écologique soient le reflet de la complexité des questions posées.

En définitive, cette affaire pose la question de savoir comment encadrer par le droit un objet aussi complexe que le vivant. En toute hypothèse, une bonne loi n'est, à mon sens, pas composée que de mesures d'interdiction ou de sanctions.

 

Surprise! La gauche et les écologistes s’opposent au péage urbain

Mediapart -Jade

Alors que, depuis l'abandon de la taxe carbone, la gauche n'en finit plus de railler la montée de l'écolo-scepticisme à droite, ce sont les élus de l'opposition qui se sont opposés jeudi après-midi à l'expérimentation du péage urbain, lors de l'examen du projet de loi Grenelle 2 à l'Assemblée nationale. Et ô surprise: ils furent rejoints par les écologistes.

Engagement issu des tables rondes du Grenelle de l'environnement d'octobre 2007, la possibilité pour les grosses communes d'instaurer un péage à leur porte a été votée par les sénateurs en septembre 2009. Mais lors de leur travail préparatoire en commission, les députés l'ont écarté. Ce rejet semblait assuré, au grand dam des associations écologistes.

Sauf que mercredi 5 mai, alors que s'amorce la discussion du texte à l'Assemblée nationale, les rapporteurs du texte s'échauffent auprès des journalistes, salle des Quatre colonnes. Ils annoncent que, contre toute attente, un amendement sera déposé pour réintroduire dans le projet de loi la possibilité encadrée pour les villes de plus de 300.000 habitants qui le souhaitent d'expérimenter un péage urbain. A quelques mètres d'eux, l'entourage de Jean-Louis Borloo s'y dit pourtant opposé: la mesure est cataloguée trop «anti-sociale» en ces temps de crise économique. La semaine précédente, en conférence de presse, le ministre de l'écologie a fustigé «les péages bêtes et méchants comme il y a 30 ans».

 

 

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