L'éolien marin peine à prendre son essor en France (04 novembre 2009)

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A lire cette trés intéressante dépêche AFP. Pour information, je viens d'écrire cet article sur l'éolien off shore pour Green Univers

AFP LE HAVRE - L'éolien marin peine à prendre son essor en France où le projet le plus avancé ne devrait voir le jour qu'en 2011 ou 2012 alors qu'une trentaine de parcs existent déjà en Europe, au large du Danemark, de l'Allemagne, du Royaume-Uni ou encore des Pays-Bas.

Au cours de rencontres internationales qui se sont tenues mardi et mercredi au Havre, à l'initiative du Syndicat des énergies renouvelables (SER), les industriels de la filière ont souligné le "retard" de la France dans ce domaine alors que son littoral compte parmi les plus longs d'Europe.

Le seul projet aujourd'hui autorisé est porté par l'Allemand Enertrag et se situe au large de Veulettes (Seine-Maritime) mais il est bloqué en raison de recours de riverains devant le tribunal administratif. De petite taille avec ses 105 mégawatts (MW) de puissance, il ne devrait voir le jour au mieux qu'en 2011 voire 2012, dix ans après les premières études.

Derrière, beaucoup d'autres projets sont en cours d'instruction ou simplement annoncés par les industriels dont plus de 40% en Manche et Mer du Nord où les conditions sont les plus favorables. Le SER estime qu'ils représentent un potentiel de 10.000 MW de puissance installée.

Mais tous ces projets peinent à émerger faute d'abord d'une cartographie délimitant les zones réservées à l'éolien marin. "On manque de visibilité en l'absence d'une planification spatiale", estime Philippe Gouverneur, président de la commission des énergies marines au SER.

Cette cartographie qui nécessite la consultation de tous les "usagers" de la mer (pêcheurs, plaisanciers, administrations des ports, exploitants de granulats, défenseurs de l'environnement...) devait être réalisée pour septembre. Mais elle ne devrait finalement être connue qu'à la fin mars.

L'éolien marin français est aussi pénalisé, selon les industriels, par la complexité des procédures administratives et par le prix de rachat par EDF de l'électricité produite. Ils demandent que ce tarif fixé à 13 centimes le kilowatt (contre 5 centimes sur le marché de gros de l'électricité) soit porté à 16 ou 18 centimes pour le rendre vraiment "attractif".

Certains industriels estiment que la France se prive ainsi d'une source de développement de l'emploi sur son littoral et d'une véritable filière industrielle éolienne. "C'est d'autant plus incompréhensible que l'éolien off shore est globalement accepté alors l'éolien terrestre fait souvent grincer des dents", observe Frédéric Lanoë, directeur de la filiale française de l'opérateur allemand WPD offshore.

Philippe Gouverneur estime de son côté que rien n'est perdu. "On oublie l'objectif fixé par le gouvernement de 1.000 MW d'éolien marin à l'horizon 2012, mais celui de 4.000 MW pour 2015 est peut-être jouable et celui de 5.000 à 6.000 MW pour 2020 est possible", juge-t-il, en assurant que "les choses se mettent doucement en place".

Certains estiment même que ce retard peut être une opportunité. "La France pourra utiliser le retour d'expérience de ses voisins européens pour se placer immédiatement en retrait et très rapidement au même niveau", estime Sébastien Moine, chef de projet chez l'opérateur britannique Mott MacDonald.

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