Un "Tribunal de l'Eau" ouvre à Istanbul pour juger les atteintes à la nature (10 mars 2009)

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L'an dernier, au cours d'un déjeuner, une journaliste - qui se reconaîtra peut être - m'avait présenté le projet suivant : organiser un procès fictif d'un modèle économique. Excellente idée qui, comme bien d'autres, n'a pas encore été concrétisée.

Dans le même esprit, cette dépêche que je découvre à l'instant est particulièrement intéressante pour celui qui, comme moi, pense que le droit est un instrument indispensable pour contribuer à la défense de l'environnement.

 

AFP : Un "Tribunal de l'Eau" ouvre à Istanbul pour juger les atteintes à la nature

ISTANBUL (AFP) — Un "tribunal" international composé de défenseurs de l'environnement a entamé mardi à Istanbul le procès symbolique de plusieurs responsables turcs et étrangers pour divers projets accusés de mettre en danger les écosystèmes de leurs pays.

La constitution de ce "Tribunal de l'Eau d'Istanbul" intervient alors que doit se tenir la semaine prochaine dans la métropole turque le 5e Forum mondial de l'eau, réunissant autour de ministres de 180 pays plusieurs milliers d'hommes d'affaires et représentants d'associations.

Parmi les accusés figure le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, jugé in absentia pour son rôle dans la construction du barrage de Yusufeli (nord-est), qui devrait selon l'acte d'accusation répondre à 0,6% des besoins en électricité de la Turquie mais va également contraindre à l'exil 16.000 personnes et éradiquer la biodiversité de la vallée.

Autre accusée de marque, la chancelière allemande Angela Merkel se voit reprocher la coopération de l'Allemagne au projet turc de barrage d'Ilisu, sur le Tigre (sud-est), qui devrait conduire au déplacement de 54.000 personnes et à l'engloutissement du site historique de Hasankeyf.

"L'idée est d'attirer l'attention sur les problèmes liés aux politiques de l'eau menées par les gouvernements (...) et sur le fait que (l'accès) à l'eau est un droit de l'Homme, que privatiser les ressources en eau est une violation des droits de l'Homme", a déclaré à l'AFP Ulrike Dufner, de la fondation allemande Heinrich Böll Stiftung, coorganisatrice du Tribunal.

Outre le cas d'Ilisu et Yusufeli, la Cour se penchera mardi et mercredi sur les cas des barrages turcs de la vallée de Munzur (est) et brésiliens de la rivière Madeira (ouest) ainsi que sur la détérioration de l'environnement au Mexique, avant de rendre un verdict samedi.

Le Tribunal de l'Eau d'Istanbul est coorganisé par le Tribunal latino-américain de l'eau, fondé en 1998 au Costa Rica et qui a tenu des audiences dans plusieurs pays du continent.

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