antennes relais : la contestation s'amplifie (05 mars 2009)

Antenne-2.jpgPas un jour sans un lot d'informations, de déclarations et d'annonces relatives aux antennes relais de téléphonie mobile. L'annonce d'un Grenelle des ondes par Nathalie Kosicusko-Morizet aura manifestement permis de révéler un malaise réel sur ce dossier et une vraie préoccupation nationale. Ci dessous une nouvelle dépêche AFP qui fait état de la mobilisation de parents d'élèves contre l'installations d'antennes.

Principe de précaution

Pour moi qui a consacré ma thèse de doctorat au principe de précaution, ce dossier des antennes est typique de tout ce qu'il ne fallait pas faire.J'ai d'ailleurs noté cette déclaration d'un parent d'élève que je trouve trés importante : "J'ai appliqué pour mon enfant le principe de précaution que les autorités ont refusé d'appliquer". ça donne à réfléchir...

Les opérateurs se sont jetés dans cette nouvelle technologie sans fil sans s'assurer au préalable de l'acceptabilité du risque et des moyens de l'encadrer. On ne peut pas répondre par le mépris, le déni ou la caricature à ce problème. Personne de sérieux ne demande l'interdiction généralisée des portables mais des questions doivent être traitées : pourquoi tant de réseaux de téléphonie ?Pourquoi les élus locaux ont ils si peu de pouvoir pour s'opposer à la prolifération des antennes ? Pourquoi la concertation est elle quasi inexistante ? Pourquoi la recherche contradictoire n'est elle pas davntage encouragée ? etc...

L'histoire se répète....

Faute de débat public, le débat continuera dans les prétoires...Dire que l'on s'apprête à reproduire exactement la même erreur avec les sites industriels...Le plan de relance voté en janvier comporte en effet une réforme qui assouplit considérable les conditions d'autorisation des activités dites "installations classées". Au revoir l'enquête publique ou l'étude d'impact : on simplifie sans se soucier de l'évaluation en amont de l'acceptabilité sociale du risque. Il est à parier que ce qui se passe actuellement pour les antennes se passera demain pour toutes ces activités industrielles créées sans concertation ni information...

 

Dépêche : Dans les Landes, des parents d'élèves mobilisés contre des antennes-relais

MONT-DE-MARSAN - Neuf antennes-relais de téléphonie mobile installées juste à côté des écoles maternelle et élémentaire de Sanguinet, dans le nord des Landes, suscitent l'opposition d'un collectif de parents d'élèves, dont certains sont allés jusqu'à retirer leurs enfants.

"On n'est pas des intégristes, on a tous des téléphones portables. Mais ce qui compte, c'est la santé de nos enfants. On ne veut pas qu'ils nous disent un jour: +Tu savais, et tu n'as rien fait+", clament d'une même voix, Christian Viau et Karine Morelle, deux parents d'élèves qui ont choisi, il y a plusieurs mois, de "déscolariser" leurs enfants.

Les neuf antennes-relais contestées appartiennent à deux opérateurs et sont installées sur un château d'eau, dominant bâtiments et cour de récréation des écoles maternelle et élémentaire fréquentées par 340 élèves.

"J'ai appliqué pour mon enfant le principe de précaution que les autorités ont refusé d'appliquer", souligne Christian Viau dont le fils de 5 ans va depuis septembre dans une école privée à La Teste-de-Buch (Gironde), à 20 km de Sanguinet. "On a échangé un danger pour un autre puisque, avec deux aller-retour quotidiens, ma femme est obligée de faire 80 kms par jour sur la route", reconnaît-il.

Ces deux parents d'élèves, et une dizaine d'autres, ont créé un collectif, fraîchement affilié à l'association nationale "Robin des toits", visant à obtenir le déplacement des émetteurs. Une lettre ouverte, signée par quelque 300 personnes dont "une grande majorité" de parents d'élèves, va prochainement être remise au maire de la commune, précisent-ils.

Le maire Gilles Laborde se dit d'ailleurs sensible aux inquiétudes des parents et affirme que "le processus de déplacement des antennes est en cours", mais sans pouvoir se prononcer sur une date.

Les membres du collectif ont forgé leur conviction de la dangerosité des émetteurs en lisant des rapports scientifiques consultables sur internet.

"A l'heure actuelle, il faut vraiment avoir des oeillères pour ne pas prendre en compte toutes les études indépendantes rendues publiques", affirme Christian Viau, citant notamment l'étude internationale "BioInitiative" datant de 2007.

"Pour moi, on vit la même histoire que pour l'amiante", renchérit Karine Morelle, dont les deux enfants sont désormais scolarisés à Saint-Pierre-du-Mont (Landes) en attendant l'éventuel déplacement des antennes-relais.

"Tous les rapports scientifiques disent qu'on peut utiliser la téléphonie mobile correctement en abaissant les seuils d'émission des antennes-relais et en les déplaçant à 300 mètres des habitations", ajoute-t-elle.

La question sera au coeur d'une table ronde gouvernementale prévue le 26 mars alors que deux opérateurs, SFR et Bouygues Télécom, ont récemment été condamnés à démonter une de leurs antennes-relais, en raison de l'incertitude sur leur impact sanitaire.

L'Académie nationale de Médecine a souligné mercredi l'absence de risque démontré des antennes-relais. Toutefois, certaines personnes habitant dans le voisinage des antennes se plaignent de soucis de santé.

"C'est un sujet sensible pour les parents comme pour les élus", confirme Elisabeth Lefeuvre, l'adjointe au maire de Sanguinet en charge des affaires scolaires. Mais elle rappelle que les élus locaux n'ont pas tous les pouvoirs en la matière, citant par exemple l'obligation de couverture des opérateurs.

(©AFP / 05 mars 2009 10h58)

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