Climat : quel accord ? (13 décembre 2008)

pfu2.jpgCommuniqué de presse - Vendredi 12 décembre

Accord Paquet Energie Climat - La question du jour : Vaut-il mieux un mauvais accord ou pas d'accord du tout ?

Les 27 Etats membres de l'Union européenne viennent de conclure douloureusement un accord sur le Paquet énergie climat qui avait été présenté par la Commission européenne. Analyse de France Nature Environnement.

Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « A l'évidence, l'accord conclut ce jour sur le Paquet énergie climat manque de souffle s'agissant des moyens destinés à atteindre l'objectif des « 3 x 20 en 2020 » : 20 % de réduction des émissions de GES, 20% d'énergies renouvelables, 20% d'économies d'énergies. Dans un contexte d'urgence climatique, on ne peut que déplorer que certains Etats, aidés par certains lobbys, n'aient pas compris que notre modèle économique est à bout de souffle et qu'il nous faut une éco- économie ».

Sébastien Genest poursuit : « Toutefois, une absence d'accord aurait aussi été catastrophique. Ne sortons pas les mouchoirs, mais retroussons nous les manches. Cet accord doit encore être débattu par le Parlement européen et rien n'interdit aux Etats d'être plus ambitieux, de montrer l'exemple. Nous nous y emploierons très activement. »

L'accord conclut ce jour n'est pas satisfaisant… Pour Christian Garnier, Vice-Président de FNE qui représente la fédération à Poznan : « Cet accord aurait pu avoir une portée historique en donnant le signal fort attendu par tous les pays de la planète réunis à Poznan, et en particulier par les pays du sud. Malheureusement, la coquille est un peu vide. La quasi totalité des industries devraient en principe bénéficier de la gratuité des quotas d'émissions de gaz à effet de serre alloués à chaque secteur. Que de temps perdu ! »

…notamment sur la question cruciale des permis… Grégory Jean, chargé de mission de FNE présent à Poznan précise : « Les permis seront payant à hauteur de 30% en 2013, et 100% en 2020 sans aucun ligne de contrainte... on n'a vraiment plus le temps.
Avec toutes ces dérogations accordées aux secteurs les plus polluants, seuls 4 % des émissions polluantes sont soumises aux enchères. Quand on pense au texte initial, on saisit l'ampleur du recul ! »

…. mais l'absence d'accord aurait aussi été catastrophique. Pour parvenir à un accord, la présidence française a été contrainte de céder aux pressions de l'Allemagne, de la Pologne et de l'Italie qui agitaient la menace d'un véto.
Toutefois, ne pas avoir d'accord du tout aurait été un coup de canon marquant le début d'une crise profonde et durable dans les négociations internationales sur le climat. Ne pas conclure d'accord, même mauvais, c'était prendre le risque d'un échec programmé pour le sommet de Copenhague, en décembre prochain, qui doit voir la naissance des accords qui succéderont à ceux de Kyoto conclus en 1998.
Pour la communauté internationale réunie à Poznan, l'absence de tout accord aurait eu pour conséquence immédiate de pratiquement geler le processus déjà boîtant de négociation des accords post-2012.

L’urgence d’un changement de modèle économique. Pour Christian Garnier, « sans contraintes fortes sur les industries les plus polluantes, la reconversion industrielle n’aura pas lieu. L’une des avancées majeures du paquet énergie-climat européen est la mise en place du mécanisme de solidarité que FNE avait demandé au gouvernement français de porter dans la négociation. » Il continue : « Il s’agit d’injecter des financements pour la reconversion des industries des pays de l’Est les plus pauvres de l’Europe vers une économie plus verte, et d’aider ces pays à effectuer une reconversion énergétique conforme aux nouveaux enjeux. Il faut espérer que cela puisse être l’amorce d’une grande politique énergétique européenne ».

Et maintenant ? Pour FNE deux questions se posent. Selon Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Première question : comment améliorer cet accord et comment contraindre les Etats, dont la France à faire mieux dans son application ? Deuxième question : pourquoi ces négociations ne sont elles pas allées plus loin et se sont elles arrêtées sur le plus petit dénominateur commun ?! A l'évidence, ce qui se passe aujourd'hui pose une question de gouvernance. Les intérêts de certaines industries sont surreprésentés et les citoyens européens sont assez indifférents. Tant que nous n'aurons pas réglé ce problème de gouvernance, les négociations resteront hors sol ».

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